Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
Publicité
Archives
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 798 768
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
15 janvier 2008

Quéribus, ce château cathare

Située à environ 2 heures de Barcelone, se situe la frontière de la France. La région qui se trouve en bordure de la frontière est le Languedoc-Roussillon, qu'on appelle encore aujourd'hui la Catalogne du Nord.  Étant donné la proximité de cette région nous y avons fait de nombreuses visites, parfois en train mais surtout en auto et nous y avons parcouru de nombreux chemins et routes.

Dans cette région du sud de la France connue pour ses vignobles, il y a de nombreux châteaux forteresses. Ces forteresses font parties de ce qu'on appelle les Châteaux Cathares. Plusieurs de ces châteaux forteresses peuvent encore être visités. Il ne reste souvent que quelques ruines, mais certains sont encore assez bien conservés.

Qu_ribus1 Parmi ces châteaux, le château de Quéribus demeure un de mes préférés. Considéré comme un des "cinq fils de Carcassonne", il fut un des derniers points de lutte et de refuge des Cathares lors de la Croisade contre les Albigeois. Nous l'avons visité à quatre reprises. Reconnaissable de très loin par sa tour-dongeon, il est situé sur un pilon rocheux à une altitude de 728 mètres. La montée se fait d'abord en auto, puis évidemment à pied. Malgré les apparences, il est relativement facile d'accès.

Je connaissais le nom de Quéribus. J’avais déjà lu des romans et des ouvrages qui mentionnaient ce nom. Et j’ai eu une période pendant laquelle j’ai beaucoup lu sur le Graal. Le nom de Quéribus apparaît dans nombres d’ouvrages explorant le mythe et la réalité du Graal. Et j’ai aussi lu sur les Cathares… impossible ici aussi de lire sur les Cathares et ne pas connaître le nom de Quéribus.

Malgré tout ceci, la première fois que nous avons pris les routes du Languedoc, je ne pensais pas à Quéribus en particulier. EnQu_ribus2 fait, nous avions prévu aller au château de Peyrépertuse… la planification du week-end avait été fait par la sœur de mon conjoint et je n’avais pas eu le temps de regarder les guides.

Et donc, lorsqu’au détour d’une route, alors que je regardais par la fenêtre de l’auto, j’ai vu la tour de Quéribus, j’ai littéralement senti mon cœur se serrer… Je l’ai reconnu tout de suite. Mais j’ai tout de même vérifié sur la carte du guide que nous avions… oui, c’était Quéribus. Nous n’allions pas le visiter cette fois-là… mais je savais que j’étais conquise… j’ai rarement des pincements ou des émotions vives quand je visite les lieux et cela me déçoit souvent. Je suis contente de visiter et voir les lieux, mais c’est rare que je me sente « émotionner ». Mais Quéribus m’a complètement chavirée.

Quelques mois plus tard, nous retournions dans la région qui nous avait enchanté lors de notre premier séjour. Et cette fois-ci, nous sommes allés à Quéribus. Le lieu était fermé, nous étions au mois de mars et il y avait de la neige sur le sentier. Mais il n’y avait personne et nous sommes donc monté au château. Il faisait froid, il ventait, nous étions complètement seuls… Et jamais je n’oublierai cette rencontre avec Quéribus.

Et maintenant, à chaque nouvelle visite, je découvre à nouveau Quéribus. Même lorsque nous ne faisons que passer sans nous arrêter, je ne peux m’empêcher de le regarder jusqu’à ce qu’il ne soit plus visible…  

Publicité
24 février 2008

La cité du Soleil: 1. L'auteur

La cité du soleil / Tommaso Campanella ; trad. de l'italien par Arnaud Tripet ; notes et postface de Jérôme Vérain. - Paris : Éd. Mille et une nuits, 2000. - 92 p. ; 15 cm. - (La petite collection, 261). ISBN 2-84205-450-4

Titre orginal : La città del Sole

Bien que le terme d'utopie vient de Thomas Morus qui écrivit en 1518 son texte Utopia, sive de optimo republica statu, la notion quant à elle existait depuis déjà plusieurs siècles. Depuis toujours, écrivains et philosophes décrivent des pays et des villes imaginaires ayant des systèmes gouvernementaux idéaux et qui diffèrent de ceux connus dans le monde réel. Si les noms de Platon, Moore, Bacon viennent facilement à l'esprit lorsque l'on parle d'utopie, on oublie souvent celui de Campanella. Il est pourtant un célèbre auteur de la Renaissance. La Cité du Soleil est en fait une utopie remarquable.

L’auteur :

campanella_MDTommaso Campanella (Giovanni Domenico Campanella) est né à Stilo en Calabre, le 5 septembre 1568 dans une famille pauvre. Dès son enfance, il fut considéré comme un enfant prodige, ayant une passion pour les arts et les sciences. À l'âge de 14-15 ans il entre au couvent des Dominicains à Cosenza en Calabre –c’est à ce moment qu’il prend le nom de Tommaso. Sa volonté d'apprendre et de tout savoir ne le quitte pas: il s'intéresse à la médecine, à l'astronomie, la théologie, la magie. Il mélange volontiers la science et la superstition.

Il se lasse cependant très vite de l'enseignement traditionnel pour se diriger vers une pensée philosophique libre. Il lit le philosophe Telesio qui dirige sa pensé contre Aristote et vers une nouvelle conception des sciences et de la réalité basée sur l'observation. Il écrivit alors son premier ouvrage Philosophia sensibus demonstrata qui se veut une critique d’Aristote ainsi qu’une défense de Telesio et de la philosophie démontrée par une observation de la nature et non plus apprise abstraitement dans les livres. À Naples, en 1589, il rencontra Giambatissta della Porta qui l’introduira à l’astrologie et la magie. Petit à petit, Campanella s’éloigne de la pensée dominicaine.

Son texte, Philosophia sensibus demonstrata, ne passera cependant pas inaperçu et en 1591 il est emprisonné et accusé d'être inspiré par un démon. Il fut cependant acquitté l'année suivante, sous condition de regagner la Calabre qu'il avait quittée en 1589. Il s'y refuse et part à travers le pays. Il sera alors victime de plusieurs accusations. Il parcourt diverses villes, écrit, ne cesse jamais de défendre ses théories philosophiques et de se battre contre les idées reçues et les préjugés. Après dix ans d'absence, il est de nouveau arrêté et retourne cette fois-ci dans son pays.

C'est alors que survient le drame capital de sa vie. Loin de se renfermer dans le silence, il organise une conjuration pour arracher la Calabre au joug de l'Espagne. Ce sont une révolte politique et une refonte sociale totale qu'il désire voir se réaliser. Son projet de liberté et de république communautaire réussi à gagner de nombreux adhérents. Il sera quand même trahi et capturé en 1599. Il est accusé de conjuration, de lèse-majesté et d'hérésie. Après de longues et atroces tortures, il est reconnu fou, ce qui le sauve de la peine de mort. Il restera en prison pendant 27 ans.

Pendant ces années de détention, il écrit plusieurs ouvrages philosophiques et utopiques que des amis réussissent à faire publier à l'extérieur. Malgré son emprisonnement, il est célèbre à travers l'Europe et ses idées des philosophies naturelles et d’astrologie sont connus de tous.

En 1626, il est libéré provisoirement. A peine un mois plus tard il est de nouveau jugé pour les mêmes raisons, mais cette fois devant un tribunal ecclésiastique. Il est définitivement libéré deux ans plus tard grâce à l'intervention du Pape Urbain VIII. Il a maintenant soixante ans, mais il refuse de se calmer et de se reposer. Enfin libre, il continue à écrire de nombreuses œuvres qui pour la plupart se perdront définitivement. Il continu à militer dans divers projets politiques et philosophiques. Il suscite de nombreuses jalousies, surtout de la part des Jésuites. Il devra fuir en France, où finalement il pourrait jouir d'une liberté sans problèmes. Il devient plus tôt, à l'âge de soixante-dix ans, le conseiller de Richelieu.

Toute sa vie, il continue à se défendre contre ses ennemis. Il se bat contre les censeurs, défend ses thèses et ses idées politiques et religieuses, cherche à réformer les sciences – en suivant à la fois la Nature et les Écritures Saintes ainsi que les nouvelles découvertes géographiques et astronomiques. Il meurt en 1639, soit à l'âge de soixante et onze ans, à St Honoré à Paris en France. Il n'aura jamais cessé d'espérer une paix entre les peuples et une justice sociale.

Il écrivit de nombreux ouvrages poétiques d'une grande beauté – la plupart alors qu’il est captif - des œuvres philosophiques et même une tragédie sur la mort de Marie Stuart. Son œuvre philosophique – parfois considérée comme révolutionnaire - se caractérise par sa critique d'Aristote et par son parti pris pour une méthode naturelle et expérimental. Plusieurs écrits sont aujourd’hui introuvables ou incomplets. Parmi les ouvrages connus, on retrouve: La Monarchie d'Espagne, Athéisme Vaincu, Monarchie du Christ, Astronomie, Métaphysique, Antivénitiens, Le Sens des choses, Aphorismes politiques et bien sûr La Cité du Soleil.

Sources à consulter :

Comentaire sur l'oeuvre à suivre

26 octobre 2007

La fête du potiron

potironCritique de lecture

La fête du potiron / Agatha Christie ; traduit de l'anglais par Claire Durivaux. -- Paris: Librairie des Champs-Élysées, 1973. -- 252 p. ; 17 cm. -- Coll: Club des Masques; 174.

Titre original: Hallowe'en Party
Titre alternatif : Le Crime d’Halloween

Quatrième de couverture

Hercule Poirot s’apprêtait à passer une paisible soirée dans son appartement londonien lorsque surgit – venant troubler sa quiétude – son amie, la romancière Ariadne Olivier, dans un état de surexcitation fébrile.

Dans une petite agglomération pas très éloignée de Londres, elle a assisté à une réunion pour enfants et adolescents, offerte par Mrs Drake à l’occasion de la fête du Potiron. Or, au cours des réjouissances, une fillette bavarde et menteuse a été sauvagement assassinée. Peu de temps avant de mourir, elle s’était vantée publiquement d’avoir assisté à un meurtre, des années plus tôt.

Mrs. Olivier supplie Poirot d’aller à Woodleigh Commun pour tenter d’élucider les raisons de ce meurtre et d’en découvrir le coupable. Le célèbre détective accepte et à peine arrivé dans la paisible bourgade, il s’apercevra que cette paix n’est que d’apparence.

Résumé

Dans une paisible petite ville près de Londres, une fête pour enfants est organisée à l’occasion de l’Halloween. Pendant les préparatifs, une fillette, Joyce, se vante d’avoir été témoin d’un meurtre alors qu’elle était plus jeune. Personne ne la prend au sérieux et on croit qu’elle veut bien paraître devant une des dames invitées, une romancière connue : Mrs Olivier.

La fête de déroule selon les plans, les jeux se succédant au grand plaisir des enfants. Mais après la fête, alors que Mrs. Drake – l’organisatrice de la fête – et quelques adultes rangent les pièces, Joyce est découverte dans la bibliothèque, noyée dans le sceau d’eau ayant servi au jeu des pommes.

Alors que la communauté – et la police – croient à l’œuvre d’un détraqué, Mrs. Olivier est convaincue que l’enfant fut assassinée à cause de la déclaration qu’elle avait faite à propos d’un meurtre dont elle avait supposément été témoin. Elle fait donc appel à son bon ami, le détective privé Hercule Poirot, connu pour ses méthodes inhabituelles et surtout pour son haut taux de réussite.

Poirot se rend donc dans la petite ville pour mener son enquête. Son vieil ami, le Superintendant Spence, maintenant à la retraite vit également dans cette ville avec sa sœur et Poirot le persuadera de lui donner un coup de main. Le frère et la sœur lui apporteront nombres de renseignements sur les gens demeurant dans le village et sur les possibles crimes ayant eu lieu – et susceptibles d’être le meurtre dont aurait été témoin la fillette assassinée.

Le détective interrogera les gens ayant participé à la fête ainsi que d’autres gens du village. Petit à petit, il se forge une idée des habitants de Woodleigh Commun et des relations qui les lient. La mort d’une vieille femme, une jeune femme au pair qui disparaît, un testament falsifié, un jardin de rêve, un jardinier narcissique et une fillette angélique et une fillette qui mentait … tout cela finira par le mener à l’assassin de Joyce.

L’œuvre et Commentaires personnels

Le roman parut en 1969 et met en vedette un des personnages les plus connus d’Agatha Christie : le détective belge, Hercule Poirot. D’autres personnages récurrents sont également présents : l’écrivaine de romans policiers, Ariadne Olivier ainsi que le superintendant Spence, maintenant à la retraite et résidant dans la petite ville où a lieu le crime.

Le roman fut d’abord traduit en français sous le titre de « La fête du potiron » pour ensuite se voir donner le titre français « Le crime d’Halloween ».

Le roman reprend les principales caractéristiques qui ont marqué les œuvres policières d’Agatha Christie : les dialogues et interrogatoires de Poirot, les manies et habitudes du détective belge, les traits et même clichés de la société anglaise d’une certaine époque, etc. Mais il introduit cependant quelques éléments plus modernes. Le meurtre d’une enfant qui sous-entend de possibles motifs sexuels est nouveau dans l’œuvre d’Agatha Christie. On parle en effet d’un détraqué ou d’un obsédé lorsqu’on parle tout d’abord du possible meurtrier; on ne nomme jamais la possibilité du motif sexuel, mais il est sous-entendu). Elle parle aussi des adolescents et de certaines caractéristiques des jeunes de ce temps. Le roman est évidemment d’une autre – nouvelle - époque. L’auteur s’éloigne de la première moitié du siècle pour commencer une incursion dans une époque qui semble, tels ses personnages, la surprendre un peu, même si on sent qu’elle demeure très ouverte à la jeunesse et à la modernité.

On retrouve aussi dans le roman le thème du narcissisme, le désir de la perfection qui amène une personne à commettre les pires crimes afin de réaliser leurs rêves. Le mythe de Narcisse est amené et suggéré à plusieurs endroits pendant l’histoire pour culminer à la fin du roman.

Encore une fois dans son roman, Agatha Christie souligne l’importance de la personnalité de la victime, de l’assassin et même des gens impliqués dans le crime pour la résolution du crime. Ce dernier ne peut se résoudre uniquement par quelques indices mais par la recherche de mobiles. On assiste alors à une enquête intellectuelle. On est très loin ici des preuves médico-légales (ou forensiques comme on dit maintenant parfois), pas d’analyses d’ADN ou des os, etc. Il y a bien parfois dans les romans d’Agatha Christie, des indices qui donnent une « idée », un fil, un morceau de papier, un tissu déplacé, ou comme dans le roman « La fête du potiron », un vêtement mouillé et un vase brisé. Mais habituellement, la recherche du coupable se fait par déduction et par la réalisation d’interrogatoires plus ou moins formels. Ici, Poirot va parler, discuter avec les invités de la fête, avec des personnes liées de près ou de loin à l’histoire et va poser des questions, non seulement sur le crime, mais surtout sur la victime et sur les gens. Et il remonte dans le temps, s’éloignant parfois du crime actuel pour remonter dans les vieilles histoires qui ont peut-être (ou non) un lien avec les événements présents. Il s’agit alors de découvrir les liens, les relations entre les gens et événements et même parfois, l’absence de liens fournie un indice.

Dans « La fête du potiron » ont retrouve également un des cadres favoris de l’auteur, la campagne anglaise. Souvent dans ses romans, l’auteur présente des crimes à caractère privé, se passant dans un vase relativement clos. Les traditions anglaises, la vie « respectable » et traditionnelle, l’importance du paraître, sont encore mises de l’avant. À la fois pour les vanter mais aussi pour souligner les lacunes de ces valeurs. Les personnages du roman ont souvent des idées traditionnelles et ont parfois de la difficulté à accepter le changement.

Le livre offre également d’excellentes représentations des personnages connus de Christie. Les principaux traits caractéristiques des personnages sont repris et mis en évidence. On retrouve en particulier une excellente description d’Ariadne Olivier, auteur de romans policier, et qui est évidemment une caricature d’Agatha Christie, elle-même.

Le style de l’écriture peu paraître parfois un peu vieillot, de même que certaines descriptions ou personnages. On sent cependant une différence entre ce roman parut en 1969 et les romans de l’écrivaine qui parurent dans les décennies précédentes. On note tout de même encore une certaine façon de voir les rôles des hommes et des femmes, la bienséance, etc. qui semble un peu dépassée… mais qui fait tout le charme des romans d’Agatha Christie. Et qui donne une bonne idée de la société anglaise de l’époque – enfin d’une certaine portion de la société anglaise. Certaines reprises d’images et d’événements peuvent cependant lasser certains lecteurs.

« La fête du potiron » s’inscrit dans l’œuvre de Christie. On retrouve tout ce qui caractérise le style de l’auteur, mais personnellement, je considère ce roman comme se démarquant légèrement par le type de crime (une enfant) et par certains thèmes.

Comme j’aime beaucoup l’auteur, d’autres analyses de ses romans suivront certainement prochainement, je vais donc réserver à plus tard, un article sur l’auteur, elle-même… ;)

Source :

24 janvier 2008

Dolmen de la Chabola de la Hechicera

Lors d’un voyage en auto au Pays Basque (en Espagne) en juin 2005, nous avons visité plusieurs endroits forts beaux et intéressants. Parmi ces endroits, nous avons pu voir de nombreux sites archéologiques. Un de ces sites m’a particulièrement intéressé…

Le dolmen de « La chabola de la Hechicera » ou « Sorginetxeko Trikuharria » en basque, se trouve dans les environs de la ville de Elvillar (Bilar) non loin de la très belle petite ville Laguardia (Biasteri) – province de Alava (Araba).

DolmenBasque1Le dolmen est un des plus importants du Pays Basque, il est très grand et très bien conservé. Il est un excellent exemple de la culture mégalithique de la Rioja Alavesa. On a découvert son existence en 1935 et on procéda à sa restauration en 1974. Il est situé sur des terres en friches, près de vignes et de champs de blés. Du dolmen, on peut aussi voir le village d’Elvillar et la très belle église du XVIe siècle. On peut d’ailleurs avoir de singulières vues de l’église et du dolmen… mélanges de cultes et d’époques assez intéressants !

On situe sa construction vers 3500-3000 ans av. J-C. Le dolmen est considéré comme un monument funéraire utilisé comme un tombeau collectif – on cite un minimum de 39 corps ayant pu reposer dans le monument.

Le site fut aussi utilisé au cours des siècles comme lieu de rencontres autant païennes que religieuses. Encore aujourd’hui, lors des fêtes en l’honneur de la vierge d’août, on célèbre un « akelarre » qui signifie en fait « sabbat ». La fête se déroule dans les alentours du dolmen et inclut des représentations de sorcières.  Encore une fois, on retrouve les cultes païens qui resurgissent dans les célébrations religieuses catholiques. Évidemment, certaines associations peuvent être aussi faites avec la déesse ou lamia basque Mari. Mari vivait dans le monde souterrain, elle et son conjoint se rencontraient les vendredis – la nuit de l’akelarre – pour concevoir les tempêtes amenant habituellement la fertilité aux hommes et aux terres. Les sorcières l’honoraient dans leurs rituels.

Le nom du dolmen « La chabola de la Hechicera » signifieDolmenBasque4 « le dolmen de la cabane de la sorcière ». Et des akelarres ont donc eu lieu et ont encore lieu près du site. D’ailleurs nous avons pu trouver les traces d’un rituel ayant eu lieu aux côtés du dolmen. Poissons calcinés et clous se trouvaient parmi les cendres encore assez fraîches…

Un akelarre (maintenant dit aquelarre, en espagnol) signifie « champ de bouc » (en basque, aker = bouc, larre = champ) et indique le lieu où on célèbre des rituels. Le bouc était associé au pouvoir dans les traditions basques, ainsi qu’à la protection du bétail. On gardait, d’ailleurs, dans les maison un bouc noir (un vrai bouc ou encore une représentation de l’animal) pour assurer la protection des animaux de la ferme. Aker (bouc) ou Akerbeltz (bouc noir) se transforma en divinité souterraine. Il commandait divers êtres souterrains comme des génies et on disait qu’il pouvait aussi commander les vents et tempêtes.

Avec le christianisme, le bouc fut rapidement associé au diable ou à Satan, Et donc, comme à plusieurs autres endroits, au Pays Basque on associa le bouc à Satan et donc par extension, le « champ du bouc » au lieu où se rendait les sorcières pour célébrer le sabbat, présidé par le « bouc » - habituellement un bouc noir (Akerbeltz). Les procès de sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles ont contribué à établir les prétendus cultes qui avaient lieu lors des akerlarres : offrandes, danses, orgies, etc.

Donc, monument funéraire, lieu de culte païen, célébrations de rites magiques, fêtes catholiques… le site dégage de toute évidence beaucoup d’énergie. Et je retiens surtout l’image de l’église catholique apparaissant à travers les pierres, et les cendres situées tout près du monument… religions et croyances se côtoyant simplement…

Description :

Nom : Dolmen de la Chabola de la Hechicera
Type : Monument mégalithique funéraire
Période : Préhistoire, Calcolithique – Contruction entre les années 3500 et 3000 av. J-C.
Situation : Pays basque – province Alava.

Mesures : La pierre plus haute mesure 3 mètres de haut, de mètre de large et 40 cm d’épaisseur.

Composition :

Le monument funéraire est composé d’une chambre polygonale formée de 9 dalles (ou pierre brute) et d’une galerie qui conserve encore 5 dalles et une pierre de couverture. La restauration a permis de remettre cette pierre de couverture à sa place – puisqu’elle était divisée en trois morceaux lors de sa découverte.

Plusieurs restes archéologiques furent trouvés pendant les excavations et correspondaient à divers moments. Les objets les plus antiques sont des microlithes, pointes de flèches de petites dimensions. Il y avait aussi des haches polies, des pièces de céramiques, des pointes de flèches de d’autres époques, divers restes métalliques ainsi que des restes humains.

À lire :

19 décembre 2007

Au Pays des Étoiles

Oui, j'avais de la difficulté à me laisser bercer par Noël cette année. Cela arrive parfois. Les circonstances, le travail, le manque de sommeil, la vie... Mais un petit voyage au pays des étoiles m'a permis de retrouver le chemin des Fêtes...

Depuis que j'habite à Barcelone, c'est le 4e Noël que je célèbre. L'année dernière et l'année précédente, nous sommes allés à Berlin au milieu décembre. Visiter un ami, visiter la ville et découvrir et redécouvrir les marchés de Noël.

 Cette année, nous sommes allés en Alsace et en Allemagne. Histoire de visiter quelques petites villes, aller à Lahr en Allemagne voir un spectacle, y rencontrer des amis qui habitent non loin et bien entendu voir des marchés de Noël. C'est devenu un besoin et presque essentiel à Noël. Il y a bien quelques marchés de Noël à Barcelone, mais rien de comparable à ceux de l'AlsAlsace2ace et de l'Allemagne.

Il faut dire que les marchés de Noël viennent de l’Allemagne et de l’Alsace. On en retrouve des traces dès le XIVe siècle, alors qu’on les appelle les « Marchés de Saint-Nicholas ». Aujourd’hui, les marchés de Noël commencent vers la fin de novembre et se poursuivent jusqu’au début janvier. Ils sont habituellement organisés par les municipalités. Les marchés sont constitués de petites cabanes en bois ou en tissus. On y vend des décorations de Noël, des produits du terroir, des objets artisanales, des objets d’arts et bien entendu de quoi manger pendant qu’on se promène… des gâteaux, des pâtisseries de Noël, des saucisses, gaufres, etc… et surtout, on y sert du vin chaud. Les rues sont décorées, la musique de Noël se fait entendre et le soir, les lumières mettent la touche finale…

Les plus célèbres marchés de Noël sont en Alsace et en Allemagne, mais on en trouve dans d’autres régions de France, en Belgique, en Suisse, en Autriche, au Danemark et même en Espagne.

Je ne connaissais pas les marchés de Noël. J’ai toujours adoré Noël, et donc cela vient compléter parfaitement mes traditions des Fêtes. Il n’y a pas de marchés de Noël au Québec ou au Canada… trop froid peut-être. Apparemment, que la ville de Joliette a eu son premier marché cette année, il faudra que je me renseigne si cela a bien fonctionné.

Nous sommes arrivés vendredi dernier à Basel. Nous sommes ensuite partis en auto par les petites routes pour nous rendre àAlsace3 notre hôtel. Première étape : Colmar. Un des principaux marchés de Noël de la région s’y tient. Ensuite, le lendemain ce fut Riquewihr et Ribeauvillé, deux magnifiques petites villes de l’Alsace avec de très beaux marchés. Les deux endroits sont magnifiques, mais il y avait définitivement trop de gens à Riquewihr. J’ai appris que ces trois villes font parties du « Pays des étoiles » de l’Alsace. En effet, l’Alsace a « 7 pays de Noël » : le pays des Mystères, des Lumières, des Étoiles, des Saveurs, des Chants et des Étoffes, des Sapins, et finalement le pays des Veillées. Chaque « pays de Noël » comporte plusieurs villes et villages de l’Alsace et a chacun ses caractéristiques… Le « Pays des Étoiles » se concentre surtout sur les vignobles alsaciens.

Il faisait froid – enfin, plus froid qu’à Barcelone - même s'il n'y avait pas encore de neige ;-). J’avais mon chapeau, mes gants, mon foulard et le bout du nez froid. J’ai trouvé mon esprit de Noël après quelques minutes au coin de la Cathédrale de Colmar, parmi les boules de Noël et les sapins…

Autres photos...

Publicité
11 décembre 2007

Christmas Night Murder

Harris_ChristmasCritique de lecture

Christmas Night Murder / Lee Harris. –New York: Fawcett Gold Medal, c1994. -- 215 p. ; 18 cm. --: ISBN 0-449-14922-6

Quatrième de couverture

It’s a snowy Christmas at St. Stephen’s Convent, where a cheerful party awaits an old friend and former confessor, Father Hudson Mc Cormick, who’s making his first visit in seven years. He never arrives.

Worried Sister Joseph asks Christine Bennett, a former St Stephen’s nun, to quietly investigate. But the nuns are mum, until an old scandal involving the priest and a St. Stephen’s novice once more rears its ugly head. Has Father McCormick, unable to face the scene of his sins, gone underground? Or has someone taken belated revenge, insuring that the truth will never be known?

Every signpost points to the past – to a troubled young woman who committed suicide and a once prominent family that has vanished as quietly and mysteriously as Father McCormick himself…

L’auteur

Lee Harris est un auteur américain. Sous son véritable nom Syrell Rogovin Leahy, elle écrit des romans populaires, principalement des romans d’amour tels Circle of Love (1982), Family Truths (1984) et Love Affair (1987). Sous le pseudonyme de Lee Harris,Harris elle commence à écrire à partir des années ’90 des romans policiers mettant en vedette une ancienne religieuse, Christine Bennett. Elle caractérise sa série par l’utilisation de fêtes pour situer son histoire et pour son titre : « The Good Friday Murder », « The St-Patrick’s Day Murder », « The Christmas Night Murder », « The Father’s Day Murder », etc. Sa deuxième série met également en vedette un personnage féminin, la détective Jane Bauer.

Son premier roman, « The Good Friday Murder », paru en 1992 fut nominé pour le prix Edgar. Elle a reçu en 2001, le Career Achievent Award du magazine Romantic Times pour sa contribution au roman policier.

Elle a déjà déclaré sur ses anciens romans : "I wrote a bunch of mainstream novels under my real name in the seventies and eighties before I got my head on straight and started to write mysteries”. Elle est aussi connu pour écrire encore sur une machine à écrire (dactylographe) – voir la citation plus bas.

Bibliographie (sous le nom de Lee Harris)

Série « CHRISTINE BENNETT HOLIDAY »

  • The Good Friday Murder (1992)
  • The Yom Kippur Murder (1992)
  • The Christening Day Murder (1993)
  •  The St. Patrick's Day Murder (1994)
  •  The Christmas Night Murder (1994)
  • The Thanksgiving Day Murder (1995)
  • The Passover Murder (1996)
  •  The Valentine Day's Murder (1996)
  • The New Year's Eve Murder (1997)
  •  The Labor Day Murder (1998)
  • The Father's Day Murder (1999). 
  • The Mother's Day Murder (2000)
  • The April Fool’s Day Murder  (2001)
  • Happy Birthday Murder  (2002)
  • The Bar Mitzvah Murder  (2004)
  • The Silver Anniversary Murder  (2005)  
  • The Cinco de Mayo Murder  (2006)

Série «MANHATTAN MYSTERY »

  •  Murder in Hell's Kitchen   (2003)
  •  Murder in Alphabet City   (2005)
  • Murder in Greenwich Village   (2006)

Résumé et Commentaires personnels

Christine Bennett est une ancienne religieuse qui a quitté le St. Stephen’s Convent à l’âge de 30 ans. Elle est maintenant un professeur à temps partie dans un collège près de la ville de New York et elle vient d’épouser un policier, Jack, qui l’a aidé lors qu’une enquête à laquelle elle à participer. Elle a quitté le couvent, mais garde de bons souvenirs de son temps parmi les religieuses.

Elle et son époux vont célébrer Noël avec des amis au Couvent de St. Stephen où elle continue à garder des amitiés. De plus, un prêtre qui a quitté le Couvent depuis quelques années doit revenir passer les Fêtes avec les Religieuses. Tous ont hâte de revoir le Père Hudson McCormick qui a toujours été très aimé et apprécié dans la communauté. Mais les heures passent et le Père n’arrive pas. Ses habits de prêtre sont retrouvés dans un arrêt routier et quelques temps plus tard son auto est retrouvée devant l’ancienne maison d’une jeune religieuse.

L’enquête commence pour Christine Bennett. Non seulement, elle veut aider les religieuses à retrouver le Père McCormick mais elle veut comprendre pourquoi il a disparu. De vieilles histoires refont surface. Le prêtre aurait peut-être abusé de la jeune fille qui s’est donné la mort avant de devenir religieuse. Christine ne croit pas à cette histoire, mais elle aura beaucoup de difficulté à trouver la vérité.

Christine Bennett est un personnage important des romans de Lee Harris. Son personnage évolue à chaque roman, et on suit son parcours au cours des années. Comment elle s’adapte à la vie après le Couvent. L’enquête est relativement simple. Pas de sang, pas de violences – ou à peine. On retrouve principalement, Christine qui interroge des témoins, retrace les pas de la ou des victimes, s’interroge sur les événements, essaie de faire des liens entre les gens et les événements, analyse la psychologie du crime. Mais on ne peut dire qu’il y a beaucoup de rebondissements. C’est un style d’écriture assez simple et à la limite, plat. Je n’irais pas jusqu’à dire que le roman est ennuyant ( ou « plate ») mais on ne doit pas s’attendre à être tenu en haleine. L’intrigue est assez facile à comprendre et on peut facilement déduire les prochains développements. J’avoue cependant que j’aurais pu deviner encore plus rapidement, si je m’étais attardée au titre plus longuement… Je n’en dis pas plus.

C’est un bon petit roman policier qui se lit rapidement, mais qui ne m’a pas marqué outre mesure. Il permet de passer un bon moment et puis, on le remet tranquillement dans la bibliothèque.

Citations

“And who am I? A pretty dull person who sits at a typewriter—yes, a typewriter—seven days a week or thereabouts writing about a world that sometimes seem more real than the real one. Why a typewriter? I'm one of those people who really needs to see those words on a piece of paper. Every morning, before I begin writing, I read over what I wrote yesterday and make changes in pencil. I write the date on that place on the page where I begin each day, I cut and paste (using real scissors and real tape), I toss, I occasionally tear my hair out. When the hard copy draft is completed, I put it on my computer, editing (yet again) as I go along. When my editor makes changes, it's easy to correct them on disk. But that manuscript with my notes and changes and colored paperclips to mark questions and chapter beginnings is what I love. To me, this draft is organic; it contains its own history.”

Lee Harris, IN Nuns, Mothers and Others: Lee Harris [http://www.nmomysteries.com/lee/index.html] 

Sources

24 octobre 2007

The Secret Lore of the Cat

The Secret Lore of the Cat: [the Magic of Cats – in Myth, Legend and Occult History] / Fred Gettings. – London,LoreCat Glasgow,Toronto: Grafton Books, 1989. – 207 p.: ill., 25 cm. – ISBN 0-586-20609-4

Comprend une bibliogr. et un index.

Quatrième de couverture (traduction libre):

Le chat a toujours été considéré une créature magique, entre à la fois le monde des hommes et le monde des esprits. La mythologie le concernant s’étend de l’Égypte ancienne –alors qu’il était vénéré comme un dieu- à l’Angleterre du XVIe siècle –alors qu’il fut rabaissé au rang de démon- et beaucoup plus. Il fut le sujet de mythe, fable et symbolisme occulte dans l’art, la religion et la littérature au travers des siècles. Et avec ses yeux étranges, il est également devenu un symbole de la nuit et de l’inconscient.

The Secret Lore of the Cat couvre un large éventail de sujets –comme par exemple, les visions légendaires de la créature; son apparition dans les comptines et vieux contes et légendes, dans les contes de fées irlandais, le folklore; son association avec la Vierge Marie; ses pouvoirs de prédictions, de guérison; le mythe du chat noir et du chat démoniaque; le familier de la sorcière; le chat dans l’art et l’alchimie; et la signification mystique des neufs vies du chat.

Les amoureux des chats vont trouver dans ce livre –illustré avec de superbes peintures et imprimés – un guide stimulant, révélateur et enchantant sur les secrets mystères de cet animal fabuleux.

Commentaires personnels :

Magnifique livre.
Les illustrations sont très belles, très intéressantes et très pertinentes. Le texte est très bien construit et facile à lire. Le livre couvre plusieurs aspects de la mythologie et de la symbolique du chat, autant modernes qu’anciens. À lire absolument. Pour ceux qui peuvent lire l'anglais et qui sont intéressés par la symbolique du chat dans l'art, l'histoire, la littérature et l'occulte...

Table des matières :

Preface

The cat as symbol of the night; the ankh and the goddess Venus; hermetic lore; a magic cat.

Introduction

Agrippa’s motto and the death of Buddha; how the cat is centred in itself; a cat’s names and individuality; the Group Soul; some Aesop fables; Tenniel’s Vanishing cat; the Cat of the Stars and the Fallen Cat; the Kalevala cat, an intermediary with the dark unknown.

Part I: The Everlasting Cat

Chapter 1: The Magical Eye
Cat sight and the Moon; Yeats’ Minnaloushe; the Hand of Glory; the Egyptian symbol Ru; Udjat symbolism; the goddess Sekhmet or Bastet; cat’s eye stones; Tom and Jerry; lunar power

Chapter 2: The Magical Name

The transition from “puss” to “cat”; Puss in Boots or the Chat Botté; Grimalkin; Reginald Scot’s “curst queans”; archie and mehitabel; Cat stanes and cat’s cradle; Mahu and Mau; Tom-cats and Jack-daws; Manx kittens; Fishing and Leopard Cats; jaguars and tigers; the Pallas Cat; Cat and Fiddle; the cat in heraldy

Chapter 3: The Sacred Cat in Literature

The “Stable Cat”; the oracular cat; mistaken for lion of Judah; Corn cat lore; Freya’ Day; the Book of Kells and the cross of Monasterboice; Iruscan, King of Cats; the Reverend Hawker’s excommunicated cat; the Temple Mark; Oiers Plowman; effigy of the Black Prince; de Honnecourt’s cat; George Wither’ Magistrate; Dick Whittington; “The Owl and the Pussy Cat”; Puss in Boots again; the Cheshire Cat and the County Palatine; Ginger, the Moggy in Narnia; another Aesop fairytale

Chapter 4: The Psychic Cat

Cat and Man; the Etheric cat; anthropomorphism; Darwinism and spiritual evolution; Tiger Swami and the inner cat; cats’ healing power; ghostly and psychic cats; spirit photographs; demonic cats; warnings of disaster, presages of death; a de-bugged demonic cat?; the tiger tamed

Chapter 5: The Symbolic Cat in Art

The cat as an archetype; the sphere of the Moon; Purgatory; Lalande’s constellation; the Chinese zodiac; the lion in alchemy; the Fool and the Juggler; the Kuykendall Tarot pack; the cats of Hieronymus Bosch; demonic music; an unrecognized treasure of the Devil in disguise?; Hogarth’s dumb shows; the cat prostitute; cat among the pigeons; Henri Rousseau’s cats

Part II – The Hellish Cat

Chapter 6: The Demonic Cat

The anti-cat league and Pope Gregory IX; the feline Satan; Haborym, Flauros and Bael; St-Peter’s cat; the incubus; cat burning; Hans Baldung Grien; cat-demons of Japan, South America and the Scottish Hebrides

Chapter 7: The Consort of Witches

Return to the fallen cat; the withches’ familiar; ships’ cats and the North Berwick trial; Goya’s Los Caprichos; Lady Sybil and the other witches; Christopher Smart’s Jeoffrey; the York Castle trials; wild catsè pagan rites; Dürer’s “Adam and Eve”

Conclusion: The Magic of Nine
The nine gods and goddess and the mystical three times three

Bibliography
Index
 

(J'ai publié cet article le 16 octobre 2006 sur ce carnet: Le livre ouvert: Magies et Mystères, ainsi que sur des forums)
 

3 août 2007

Inertie obligatoire

Il fait chaud. Est-ce que vous le saviez ? Bien sûr c’est l’été. Il y a toujours quelques jours ou quelques semaines de grandes chaleurs… enfin… c’était ainsi avant. À Montréal, chaque été, il y avait un ou quelques vagues de chaleurs. Une chaleur collante à cause de l’humidité. Une chaleur écrasante qui empêchait de dormir la nuit. Pour quelques jours, il faisait des 35º C, parfois plus… Aux gens qui rouspétaient, je souriais. J’aime bien mieux la chaleur au froid. Donc, pour moi, les semaines de chaleur épouvantable à Montréal étaient merveilleuses… bien mieux que les mois de froid… Bien plus agréable de se mettre en camisole et dormir avec un ventilateur – je ne supporte que très mal l’air conditionné -  que de se mettre 2 chandails, un manteau, un foulard, des bottes, des mitaines, un chapeau et de tout de même grelotter !

vasky4Mais à Barcelone… il fait chaud. Et encore, nous sommes parmi les privilégiés en Espagne… Séville, Madrid, Badajoz, Múrcia, Lleida, Toledo… il y fait encore plus chaud.

Mais bon, c’est tout de même très, très chaud à Barcelone. On le savait tout de même. Enfin, l’Espagne n’a pas une réputation de fraîcheur au niveau de la température… et j’étais déjà venue à Barcelone, donc je savais. Mais venir en vacances, voir la météo à la télévision, c’est autrement différent que d’habiter sur place. Car il fait chaud !!! Est-ce que je l’ai dit !

Impossible de bouger au soleil… les plantes de mon balcon se meurent, malgré toute l’eau et les soins que je leur donne… et mon chat ne bouge plus. Enfin, à peine. Deux petits pas pour passer d’un plancher de salle de bain à l’autre… quelques pas pour aller boire de l’eau… et il reprend sa position d’été : écrasement total sur le sol. Il se fait vieux et je vais parfois vérifier s’il va bien. Sa tête est molle et son poil n’est pas très propre – trop de poussières pour se laver adéquatement –Vasky mais il a encore assez d’énergie pour ronronner quand je lui gratte le menton.

Le soir, il fait un peu moins chaud. Les feuilles se relèvent un peu, un léger vent se lève également parfois, et mon chat revit un peu. Dans la noirceur, il se promène un peu, va sur le balcon et se recouche… La nuit, pour une raison quelconque, la maigre fraîcheur du soir redevient chaleur étouffante.

Ce matin, il y avait des nuages pour une partie de la matinée. Quel soulagement ! Oh… pas d’inquiétude, le soleil est revenu vers 13h00.

Il fait chaud… est-ce que je l’ai dit ?

2 août 2007

Dans le silence du mois d'août

Beaucoup moins de klaxons ce matin. Et il y en aura encore moins lundi prochain. La pâtisserie du coin est fermée. Et il est impossible d'aller à ma charcuterie préférée. Une des épiceries que je fréquente ne sera ouverte que les matins. Le Guía de Ocio (guide culturel hebdomadaire) liste les restaurants ouverts. Et les plages de Barcelone sont si pleines qu'on peut à peine distinguer le sable entre les serviettes - ce pourquoi, je préfère les plages de Castelldefels, et autres plages près de Tarragona._t_

C'est le mois d'août.

Et le mois d'août en Espagne, la vie cesse. À beaucoup d'autres endroits en Europe aussi, évidemment, mais en Espagne, c'est tout simplement le calme total. Sauf bien sûr pour la vague interminable de touristes. Sinon, tout arrête... littéralement. Impossible de poursuivre la vie normalement... presque tout est fermé... et pour le mois entier. Il est difficile de s'imaginer réellement à quoi ressemble Barcelone au mois d'août. Et on pense souvent que j'exagère.

Le mois d'août, ce sont les vacances. Et c'est sacré. Et quand je dis que je travaille, on me regarde tristement et avec incrédulité !!! Bon, travailler est un bien grand mot ! Difficile de travailler quand il n'y a personne d'autre qui travaille... les clients sont absents, personne à contacter, aucun téléphone, aucun courriel... le calme plat. J'en profite donc pour faire des rapports, des mises à jour, du ménage de dossier... et préparer les mois à venir... dans le silence et dans la chaleur... Car il fait chaud au mois d'août... très chaud...

C'est silencieux le mois d'août à Barcelone... sauf sur la Rambla et la plage, bien sûr.

6 octobre 2007

Quelques frissons

J’ai une passion pour les films d’horreur. Les films d’horreur, fantastiques, thrillers, et même les films gores… je sais, je sais… ces films n’ont pas la cote. Sont peu appréciés. D’où me vient ma passion? Je sais que ma mère adorait les films d’horreur… Psycho, The Omen, The Entity… ces films préférés. Je me rappelle m’être cachée dans un coin pour voir les films que ma mère écoutait tard le soir. Je n’avais évidemment pas le droit de les regarder. Mais je restais réveillée – j’avais cela en commun avec ma mère, toujours préférée la nuit au matin. Personne ne sachant que j’avais regardé en cachette le film d’horreur, je passais les nuits suivantes terrifiées sous ma couverture. Mais je voulais toujours regarder tout de même les films d’horreur.

00CIMETIERES13aDes films d'horreur, des films fantastiques, des thrillers, etc. ... je crois que je peux dire que j'en ai vu plus que la majorité des gens... Ayant travaillé plus de 5 ans dans un club vidéo, et étant la ressource attitrée du magasin pour la section horreur, et de plus ayant la possibilité de louer 3 films par jours gratuitement... je peux dire que j'en ai vu !!! Des bons, des moyens, des mauvais, et des tellement mauvais qu’ils en sont bons !!!

Mais déjà ici, je dois faire une parenthèse. Il y a plusieurs catégories de films d’horreur !!! Il en existe officiellement et ensuite il y a mes propres catégories !!! Maintenant, il faut que j’explique ma vision des films d’horreur. Il y a les films d’horreur qui font littéralement « peur ». Mais ça, il n’y en a pas beaucoup. Et ce n’est pas nécessairement le but. Même si cela est un rare plaisir d’avoir peur, mais de savoir que sa peur est temporaire. Mais on voit tellement de films de tout genre, qu’on connaît les techniques et les rouages du cinéma… De plus, on sait que c’est un film. Quand un film fait peur, c’est que cela pourrait être « vrai » et donc que cela pourrait nous arriver…

Souvent les films les plus « épeurants » sont ceux dans lesquels on voit le moins de choses… peu d’effets spéciaux, peu de sang… c’est surtout une atmosphère, des bruits, des mots qui vont créer l’effet inquiétant. Et souvent, c’est plus tard que la peur vient. Durant le film, à part des « sauts de surprises », nous n’avons pas « réellement peur ». Mais plus tard, dans notre lit, on repense à tout cela… et c’est là que l’on sait si le film a fait son effet !

Et ensuite, il y a les films dit d’horreur ou alors fantastiques, qui ne font pas vraiment peur, mais plutôt inquiètent, font penser, nous font interroger et même rêver. Ce sont certains films fantastiques, films de morts-vivants et films que j’appelle « religieux ». Ou encore les films fantastiques-romantiques (majoritairement les films de vampires)

Finalement, il y a les films d’horreur que j’appelle les « slashers movies » ou encore les thrillers… Parfois, il y a du surnaturel mais souvent c’est un meurtrier bien réel… Beaucoup de catégories de films d’horreur.

Je me souviens quand un client me demandait conseil pour un « bon » film d’horreur… le nombre de questions que je lui posais pour déterminer quel genre de film exactement il recherchait. Déjà une bonne bibliothécaire de référence, j’étais !!!! Films fantastiques ; films impliquant des lieux hantés souvent des maisons ; films utilisant la mythologie, les légendes ou la pure fantaisie ; films à thématique religieuse ou théologique ; films traitant de sorcellerie ou de pouvoirs surnaturels (tels la télékinésie ou autres) ; films de « morts-vivants » ; films d’êtres surnaturels, tels les vampires, les loups-garous et autres ; les « slashers » films, avec êtres vivants ou surnaturels ; les films de série B qui pourraient être classés dans d’autres catégories mais qui sont si mauvais qu’ils méritent d’être vu en tant que films de série B ; et bien sûr les « inclassables » car il y en a toujours…

Évidemment, chaque catégorie, comporte des sous-catégories. Et certains films peuvent avoir plus d’une catégorie… Cela rend les choses difficiles pour rien, mais pour moi, ces catégories sont importantes !!! Et ici, je n’ai pas parlé des films « comiques » qui pourraient rentrer dans les diverses catégories. Par exemple : Once Bitten  avec Jim Carrey, film de vampires comique qui pourrait aussi être dans les «B » movies.… Et je n’ai pas listé de films qui sont selon moi plus des films de science-fiction (sauf Frankenstein, qui est tiré du premier roman dit de science-fiction mais qui est aussi considéré comme un film d’horreur)

Des films d’horreur, il y en a des milliers… c’est très difficile d’en voir des bons… et j’en ai vu des vraiment moches… mais certains même s’ils sont poches sont des classiques… Il faut en voir beaucoup pour se faire une idée… Le seul problème c’est qu’on est souvent déçu… mais parfois un film voit le jour et il est vraiment génial… et pas toujours parce que l’histoire est bonne… Compliqué pas vrai?

Il y a aussi les films tellement mauvais qu’il faut les voir… ce sont les films qui sont réalisés sérieusement. Ils sont sensés être sérieux, horrifiants, mais ils sont tellement mauvais qu’ils en sont drôles !!! Il en existe des centaines !!!

Dans de prochains articles, je vais essayer de donner quelques exemples pour chaque catégorie, évidemment des films que j’ai aimé (sans aucun ordre particulier).Quelques films seront analysés plus en détail… on sait comment j’aime m’étendre… ;)  Évidemment, la liste ne sera pas complète… il y a tellement de films d’horreur ! Ai-je dit que j’adorais l’Halloween – qui me permet d’assumer mon amour des films – et des livres - d’horreur (mais oh… j’aime beaucoup d’autres genres de films et de livres ;) )

Bon cinéma !!!

15 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : deux

2016-05"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre." [Jacques Salomé]

Tu veux faire quelque chose ? Non, ça va, je me repose. Mais tu sembles t'ennuyer. Mais non, je ne m'ennuie pas. Je sommeille tout simplement. C'est toi qui baille, je te ferai remarquer. Tu es paresseux, tu ne veux jamais rien faire. C'est pas vrai, on fait toujours plein de choses. C'est toi qui ne veux jamais te reposer. Qu'est-ce que tu inventes ? On passe notre temps à se reposer. Tu cherches des bibittes. Tu réfléchis trop, tu t'embêtes toi-même. Et tu m'embêtes par la même occasion. Tu es insupportable. Tu n'en fais qu'à ta tête. Tu penses avoir toujours raison. Toi aussi, tu crois que tu as toujours raison. Et tu voudrais que je sois différent. Tu ne me laisses jamais tranquille. Tu es agaçante à la fin. Et toi, exaspérant. Tu m'énerves. Fatiguante. Paresseux. Pfff. Grrr. Soupirs. Soupirs. Il fait beau aujourd'hui, on est bien au soleil. Oui, le temps est idéal. Tu veux aller te balader un peu ? Ce serait super, mais plus tard, on peut bien encore profiter du soleil

"Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il faut" [Simone Signoret]

29 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : toujours plus haut

00g1« Onze ans, on questionne tout, les réponses n'arrivent pas à hauteur des doutes. » [Pierre Filion]

Nous avons toute la vie. Rien ne presse. Nous laissons passer les minutes. En attendant. Mais parfois alors que les moments semblent éternels, nous regardons plus loin, plus haut. Nous voulons nous envoler vers l'infini. Là-bas. Là-haut.

Tout semble trop long. Les minutes sont des éternités. Nous ne voulons plus attendre. Nous voulons vivre tout de suite. Tous les moments que vous nous interdisez. Tous les instants qui semblent nous échapper.

Vous avez tort. Vous vous trompez. Vous ne comprenez rien. Vous n'écoutez pas.

Nous regardons le ciel. Nous créerons de nouvelles étoiles. Nous inventerons de nouvelles réponses. Nous ne voulons pas d'excuses. Nous n'accepterons pas de justifications. Nous voulons de la démesure. Nous espérons l'absolu.

Mais pour l'instant, nous attendons. Nous n'avons pas le choix. Nous n'avons rien à faire. Sauf attendre. Et regarder là-bas, là-haut.

« Change de ciel, tu changeras d’étoile. » [Proverbe corse]

21 avril 2011

Le mannequin enchanté d'Anthony Phelps - L'auteur

Man1Le mannequin enchantée : nouvelles / Anthony Phelps. -- [Montréal] : Léméac, [2009]. -- 114 p. ; 20 cm. -- ISBN 978-2-7609-3309-5.

Quatrième de couverture

Avec la grâce du poète, sur la musique des mots et au rythme des phrases, Anthony Phelps écrit comme un danseur, en défiant les lois de la gravité. Du Carré Saint-Louis à une plage près de Barcelone, dans une prison de Papdoc ou dans le merveilleux d'une fabrique de poupées, c'est une veine ludique et aérienne que l'auteur explore ici, quand le réel et l'imaginaire, l'absurde et le malentendu se côtoient et s'entremêlent parfois. Le Mannequin enchanté est l'oeuvre d'un écrivain dont toute la vie a été consacrée à comprendre et à utiliser le pouvoir incantatoire des mots.

L'auteur

Anthony Phelps est né à Port-au-Prince, en Haïti, en 1928. Après ses études primaires et secondaires, il quitte Haïti pour aller étudier aux États-Unis et au Canada. Il étudie la chimie, la céramique, la photographie et la littérature. Il retourne ensuite en Haïti où il est impliqué dans plusieurs projets. Il co-fonde le groupe Haïti Littéraire ainsi que la revue Man2Semences. Il particpe également à la mise en place de la troupe de comédiens, Prisme ainsi la station Radio Cacique, pour laquelle il anime des émissions de poésie et de théâtre.

Après des difficultés dans son pays natal et un séjour en prison, il est "forcé" de quitter son pays. Depuis 1964, il vit à Montréal, au Québec. En plus, d'écrire, il fait également du théâtre, de la radio, de la télévision et touche au journalisme. Il réalise et produits de nombreux disques de poésie. Il travaille activement à Radio-Canada mais prend sa retaite en 1985 pour écrire.

Il a reçu de nombreuses bourses et prix. Ses oeuvres ont été traduites en plusieurs langues, dont l'anglais, le russe, l'espagnol, le japonais et le catalan.

Bibliographie partielle

  • Été (1960)
  • Présence (1961)
  • Éclats de silence (1962)
  • Points cardinaux (1966?)
  • Image et verbe (1966)
  • Le conditionnel (1968)
  • Et moi, je suis une île (1973)
  • Motifs pour le temps saisonnier (1976)
  • Mon pays que voici... suivu de Les dits du fou-aux-cailloux (1978)
  • Père caraïbe (1979)
  • La bélière caraïbe (1980)
  • Même le soleil est nu (1983)
  • Osiris (1985)
  • Haïti! Haïti! (1985)
  • Orchidée nègre (1987)
  • La bouche du Père (1987)
  • Carib father / Even the Sun is Naked / Black Orchid (1987)
  • Les Doubles quatrains mauve (1995)
  • À peine plus qu'un cyclone aux Antilles (1998)
  • Immobile voyageuse de picas (2000)
  • Mémoire en colin-maillard : roman (1976) (2001)
  • Moins l'infini (2001)
  • Paul Laraque, vingt ans sous les drapeaux entre Marx et Breton (2004)
  • Une phrase lente de violoncelle (2005)
  • La contrainte de l'inachevé (2006)
  • Mon pays que voici (2007)
  • Le mannequin enchanté (2009)
  • Et moi, je suis une île (2010)

[Expérience de lecture] et commentaires personnels à venir...

Extraits

"Je pars vers l'autre extrémité du square et je me mets à l'ouvrage. Je tâte l'herbe, l'écarte, la peigne. Je m'avance sans précipitation. Ce que je cherche est important, je ne dois rien laisser au hasard. Chaque petite touffe est suspecte. Il faut soulever la moindre feuille, regarder en dessous. Il est si facile d'égarer un objet sur une pelouse. Une médaille, une bague, une boucle d'oreille. Elle se détache et tombe. On la sent tomber, mais l'espace qui la sépare du sol est vite franchi. Et la voilà qui disparaît, happée par les brindilles qui se referment, anémones !" p.18

"Les vieux sont tous des veilleurs. Ils veillent sur le temps qui passe. Ils sont copain-copain, les vieillards et le temps. Je connais les heures de la nuit, les petites heures de l'aube me sont famillières, aussi celles du grand jour, car le soleil est tellement indiscret, sans manière, il entre partout, amenant sans gêne tous ses copains: bruits, cris, sirènes. " p101

Sources à consulter

19 avril 2011

Le plaisir au Moyen Age de Jean Verdon

UntitledLe plaisir au Moyen Âge / Jean Verdon. -- [Paris] : Éd. Perrin, 2010. -- 238 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-262-03220-3. -- (Coll. Tempus ; no 314). Comprend une bibliogr.

Quatrième de couverture

Chaque époque a ses plaisirs, ou du moins sa façon de les accompagner. Ainsi, au Moyen Âge, la jouissance sexuelle n'allait pas sans trouble ni ruse, en raison du contrôle exercé par l'Église prompte à réprimer des pratique réputées sataniques. La bonne chère aussi était à l'honneur, sous des formes aujourd'hui surprenantes quant à la nature et à la quantité des mets consommés, en particulier le vin coulant à flots jusque dans les réfectoires des monastères.

Aux danses et chansons des fêtes populaires s'ajoutaient des arts de cour de plus en plus raffinés, ainsi que des exercices physiques parfois très violents, comme les tournois et les joutes.

Nourri d'exemples vivants pris dans tous les milieux, l'ouvrage de Jean Verdon donne du plaisir au Moyen Âge une image singulière et, somme toute, joyeuse.

L'auteur

Jean Verdon est né à Châtellerault en 1937. Il étudie au collège Descartes et obtiendra une agrégation d'histoire. Il enseigne Verdonpendant 5 ans dans des classes préparatoires puis en 1968, il est nommé professeur d’histoire du Moyen-Âge à l’Université de Limoges. En 1974, il rédige sa thése d'état traitant des femmes en France au Xe et XIe siècle. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur le Moyen- Âge, dont Les Loisirs au Moyen-Âge (1980), Voyager au Moyen-Âge (1998) et Les Femmes en l’An Mille (1999).

Bibliographie partielle

  • Les loisirs au Moyen Âge (1980)
  • Voyager au Moyen Âge (1998)
  • Les femmes en l'An mille (1999)
  • Rire au Moyen Âge
  • S'amuser au Moyen Âge
  • Le plaisir au Moyen Âge
  • La nuit au Moyen Âge
  • Les superstitions au Moyen Âge
  • Information et désinformation au Moyen Âge
  • Boire au Moyen Âge
  • La femme au Moyen Âge

Résumé et Commentaires personnels

L'oeuvre de Jean Verdon est divisée en trois partie: Faire l'amour, L'Église et le refus du plaisir, Plaisirs en tous sens. Dans la première partie "Faire l'amour", l'auteur traite principalement des préliminaires de l'amour autant dans la littérature que dans la vie réelle. Il parle ensuite de l'acte lui-même particulièrement de la perception qu'on les médecins, les auteurs et les gens en général de celui-ci. Et il termine cette partie en nous parlant des "déviances": les diverses positions, la masturbation, la bestialité, le masoschisme, l'homosexualité, etc.

La deuxième partie nous entretient des rapports de l'Église et du plaisir. Cette partie nous présente comment le plaisir est perçu par l'Église et les clercs, les interdictions du plaisir instaurées par l'Église, comment les religieux vivent leur sexualité, le mépris du monde, du plaisir et surtout de la sexualité que l'Église propage et préconise.

La troisième partie se concentre sur les autres plaisirs: le plaisir de la table, les distractions incluant les activités physiques, les jeux, les fêtes et finalement l'auteur nous parle des plaisirs esthétiques et les plaisirs de l'esprit qui aborde autant le côté intellectuel que l'aspiration vers Dieu.

Les oeuvres de Jean Verdon s'attardent généralement sur un thème en particulier. Ici, il nous présente le plaisir au Moyen Âge. Quelles étaient les sources de plaisir, comment les gens concevaient le plaisir, qu'est-ce qu'ils recherchaient comme plaisirs, etc. Le livre s'attarde cependant davantage sur le plaisir à travers l'amour et la sexualité. Autant la perception de la population que les interdictions en place concernant la sexualité et l'amour sont analysées.

À travers les plaisirs étudiés, c'est une analyse des comportements des gens au Moyen Âge qui est proposé. Le texte est vivant et dynamique et se lit parfois comme un roman. Il m'a semblé cependant par moment, très inégal. Certains passages se lisent aisément, le texte est clair et simple. Et par moment, le style devient plus lourd et le propos devient plus académique. Mais la lecture demeure très intéressante. L'auteur appuie son texte de nombreux extraits, ce qui a pu déplaire à certains, mais j'ai personnellement adoré me replonger dans ces textes et les extraits choisis appuyaient parfaitement les propos de Verdon.

J'aurais cependant aimé qu'il s'attarde davantage sur les autres types de plaisirs tels que les plaisirs de la table, les fêtes, le plaisir esthétique, les activités ludiques, etc. L'auteur a cependant écrit d'autres ouvrages concentrés uniquement sur les loisirs au Moyen-Âge et sur l'art de s'amuser au Moyen-Âge. Et il annonce ses couleurs rapidement. Reste que j'aurais aimé qu'il aborde plus en profondeur les plaisirs de la table et des jeux.

L'oeuvre est cependant vraiment passionnante et nous présente un Moyen-Âge vraiment loin de l'image rigide que l'on s'en fait souvent. 

L'avis de Le Barbe, Le chevalier Dauphinoi,

Extraits

"Je [Le Maistre] dis que quelqu'un peut désirer prendre du plaisir, d'abord par goût de ce plaisir lui-même, ensuite pour éviter l'ennui et la peine d'une mélancolie qui proviendrait de l'absence de ce plaisir. Les rapports conjugaux qui servent à éviter la tristesse issue de l'absence de plaisir sexuel ne sont pas coupables." p. 96

"Plaisir d'assiter au spectacle de la rue lorsqu'on flâne, que l'on se rend à ses occupations. La rue, en effet, depuis le lever du soleil jusqu'au couvre-feu est remplie de mouvement et de bruit. [...] La foule aime s'assembler pour regarder les acrobates, entendre les conteurs et les chanteurs ; elle apprécie les jongleresses qui dansent et charment des serpents." p.169

Sources à consulter

10 mai 2015

Le moment captif d'un dimanche : protection

2015-07"L'asile le plus sûr est le sein d'une mère." [Jean Pierre Florian]

On est un bébé, un enfant, on se blottit sur notre maman. On grandit petit à petit, on se sauve et on veut montrer qu'on est grand. Mais parfois on ne comprend plus rien, on a peur et on pleure doucement ou même violemment. C'est d'elle qu'on rêve alors secrètement.

Elle n'est pas toujours parfaite. Elle fait pleins d'erreurs et redevient parfois elle-même une fillette. Elle peut bouder et crier, chialer et sembler n'être jamais satisfaite.

Il arrive aussi qu'elle nous a quittés. Depuis un jour, depuis des années. On vit notre vie : on court, on travaille, on aime, on soupire, on haït, on respire, on sanglote, on hurle, on chante, on rit... sans répit, pour l'éternité. Et quand je sens que je vais m'échouer, quand je crois que je vais m'écrouler, je rêve de son sourire, je rêve de sa voix et je m'imagine me perdre dans son infinité.

"Une mère connaît les recettes, celles qui nourrissent, celles qui font grandir." [Pam Brown]

28 juin 2015

Le moment captif d'un dimanche : se distinguer

DSC_5341"Les gens ont quelque chose en commun : ils sont tous différents." [Robert Zend]

Hier, j'ai cru que j'avais changé. Mais aujourd'hui, je ne me sens pas du tout différente. À part le fait que je sache que je ne suis pas la même, je ne vois aucune différence.

Je voulais vivre une autre vie. Comme tout le monde, finalement. Je crois que même si on s'efforce d'être différent, on finit toujours par ressembler à tout le monde.

Et c'est un effort interminable et extrêmement épuisant que d'essayer d'être différent. C'est très difficile. Et si on y arrive alors on est heureux d'avoir atteint notre but mais alors on est infiniment seul. Et solitaire. Et ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir être seul et solitaire.

De toute façon, vouloir être différent c'est déjà être comme presque tout le monde. Enfin. C'est ce que tout le monde dit. Et si tout le monde le dit, ça doit être vrai, non ? Alors comme tout le monde j'ai décidé d'être différente de temps en temps. Alors parfois, je prends un chemin différent. Je me rebelle contre la norme et je crie mon indignation. Je décide de faire ce qui me plait et non pas ce qu'on attend de moi. C'est l'apanage des grands de savoir quand il faut être différent et quand il faut se conformer... ou l'asperge des suivants, je ne sais plus.

"Si l'on est différent, il est fatal qu'on soit seul." [Aldous Huxley]

17 avril 2016

Le moment captif d'un dimanche : potiner

0115"People say believe half of what you see, son. And none of what you hear" [Marvin Gaye]

Madeleine, Madeleine, est-ce que tu as su pour la petite Giguère ? Non, quoi ? Je ne sais pas si je devrais te le dire. C'est pas mon genre de rapporter des oui-dire. Tu peux me faire confiance, je ne le dirai à personne, tu le sais. Et bien, tu le croiras jamais mais imagine-toi donc que bla-bla-bla et bla-bla-bla. NON ! J'en reviens juste pas. Tu es certaine ? Mais oui, je suis certaine. Est-ce que j'inventerais quelque chose comme ça ? C'est pas mon genre. Ça l'a pas de bon sens. Je n'aurais jamais imaginé ça d'elle. Pauvres eux autres. J'en reviens juste pas. Garde-ça pour toi, là. Mais oui, voyons, tu me prends pour qui ? Allez à la semaine prochaine Germaine. À la semaine prochaine Madeleine.

Jacynthe, Jacynthe, tu ne devineras jamais ce que Madeleine vient de me dire !

"Your ears are like radar, for one specific sound. The latest piece of gossip that's been going round" [Kill your idols]

11 février 2014

Dylanne et moi d'André Carpentier

dylan01wDylanne et moi : roman / André Carpentier. -- [Montréal] : Boréal, c2012. -- 134 p. ; 22 cm. -- ISBN : 978-2-7646-2169-1

Quatrième de couverture

« J’étais sans faim ni autre soif que d’ajouter de l’inédit à ma vie, ou de la réorienter. N’était-ce pas, inconsciemment bien sûr, pour cette raison que j’avais accepté cette aventure artistique à deux ? Pour me retrouver, moi, dans une nouvelle expérience de vie, comme on se retrouve soi et soi seul en voyage, en relation de front à front avec la multitude. Mais cela je le dis avec le recul. Sur le coup, je pensais à fuir. »

 

Un homme répond à une petite annonce parue dans un hebdo culturel. Il est médecin et il est en convalescence à la suite d’un cancer. Ladite annonce propose « une expérience artistique à deux – galants s’abstenir ». Après quelques échanges de courriels, il se rend à l’atelier d’artiste de Dylanne, et il est déconcerté devant l’originalité du projet qu’on lui propose.

 

André Carpentier propose ici une réflexion sur l’intériorité, la beauté, la complicité entre deux êtres, mais aussi sur l’imprévu qui peut survenir et auquel parfois on tente de se dérober

L'auteurdylan002

André Carpentier est né en 1947 à Montréal. Il obtient, en 1973, une maîtrise en Études littéraires à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) et en 1986, un doctorat en Études françaises à l'Université de Sherbrooke. Il commence à écrire dans les années 70 et reçoit en 1983 le Prix Boréal pour Du Pain des oiseaux. En plus d'écrire des romans, il touche également à la bande dessinée et écrit pour la revue L'Écran en 1974. Il sera également directeur adjoint au Pavillon international de l'Humour de Terre des Hommes.

Il enseigne à l'UQÀM mais travaille aussi comme animateur et critique littéraire à la radio de Radio-Canada.

Blogue.

Bibliographie partielle

  • Axel et Nicolas, suivi de Mémoires d'Axel (1973)
  • L'Aigle volera à travers le soleil (1978)
  • Rue Saint-Denis (1978)
  • Du pain des oiseaux (1982)
  • Journal de mille jours (1988)
  • De ma blessure atteint, et autres détresses (1990)
  • Carnet sur la fin du possible (1993)
  • Gésu retard (1999)
  • La renouée des oiseaux (1999)
  • Mendaint de l'infini (2002)
  • Ruelles, jours ouvrables (2005)
  • Dylanne et moi (2012)

Commentaires personnels (attention spoilers)

Note : Bon, j'ai averti que mon commentaires contenait des spoilers, mais je m'aperçois qu'il en contient beaucoup trop. J'ai beaucoup aimé le roman de Carpentier. C'est une belle lecture. Une exploration du paraître, de l'être, de l'âme et de la création artistique. C'est un texte intriguant et envoûtant. Si vous pensez le lire, ne lisez pas mon commentaire. Même si on devine assez rapidement l'essence de la démarche artistique de Dylanne, il serait dommage de ne pas le découvrir petit à petit au fil des mots et des séances artistiques.

[Spoilers à venir]

Un médecin répond à une petite annonce dans un journal de Montréal. Il a survécu à un cancer et est un peu à la recherche de lui-même. La petite annonce offre une expérience unique à vivre : "une expérience artistique à deux". Mais il est clairement dit que rien de sexuel ou romantique n'est proposé.

Après avoir sondé un peu le terrain, l'homme décide d'accepter la proposition de Dylanne et se rend à son studio. Mais la séance artistique le prend par surprise. Dylanne lui demande de se dévêtir, de prendre des poses mais surtout de la prendre, elle, en photo, alors qu'elle le regarde. Le modèle nu devient le photographe et doit photographier l'artiste qui l'observe. Malgré ses réticences et son esprit cartésien, il se laisse envahir par l'inspiration artistique de Dylanne.

Cette expérience le projette en lui-même et nu, se laisse envahir par l'expérience. Quand nous sommes nus, quand nous ne sommes plus protégés par les vêtements, nous sommes exposés. Notre vulnérabilité est exposée. Notre âme est à découvert. Et se dévoiler n'est jamais facile. Mais c'est ce que recherche Dylanne. Après cette séance, il quitte le pays pour faire du travail humanitaire. Il part à la recherche de lui-même et de son identité. Mais Dylanne ne quitte pas son esprit. Son expérience le pousse à sortir de son moule, à transgresser ce qu'il pensait être. Quand il revient au Québec, il décide de revoir Dylanne. Il la retrouve à une séance de signature de son livre "Derniers regards". Et alors, il comprend la démarche de Dylanne. La capture de ses derniers moments de voyante. Les derniers moments qu'elle a pu voir.

Il accepte alors de participer à une deuxième séance de photographie. Elle sera alors le photographe. Une photographe aveugle. Il a alors l'impression de ne plus exister. Elle ne le voit pas. Seul l'appareil le voit. Fige un moment. Capture un moment. Et si on n'existait que dans le regard de l'autre ; et surtout que si on avait conscience de ce regard.

Ces photographies feront parties d'un second livre. Mais l'homme n'arrive pas à se réconcilier avec cette dernière séance de photos. Il ne retrouve plus Dylanne. Et le roman de Carpentier est plein de silences. Le roman est lui même une multitude de moments captifs, de photographies, d'instants de vie. Le roman s'intitule Dylanne et moi et c'est exactement le résumé du livre. L'homme n'existe que par l'art de Dylanne. Ou encore, Dylanne force l'homme à vivre par son art, l'oblige à comprendre et dépasser ses propres limites. L'homme renaît grâce, à cause de Dylanne. Mais celle-ci disparaît petit à petit. Elle aura réussit à voir et à exister un peu plus longtemps à travers ces photographies.

C'est un roman sur la création et sur les limites de nos existences. Mais surtout sur comment nous pouvons aller au-delà des apparences et de nos limites, autant physiques que psychiques. C'est un texte tout en douceur et en lenteur. L'écriture est sobre mais puissante. Le roman en révèle finalement très peu. Nous ne saurons pratiquement rien sur l'homme et encore moins sur Dylanne. L'important est la démarche artistique. L'important est le dévoilement de nos faiblesses et notre capacité à en assumer les conséquences. L'important c'est notre regard sur nous-mêmes.

L'avis de Lali, David Hébert, Prospéryne, Jean-Michel Fortier,

Extraits

"Elle saisit mes mains, les souleva un instant vers son visage, et, comment dire ? elle les renifla avec l'insistance d'un animal. Et de même pour ma joue. Certes, cela me rappela sa demande expresse de ne porter ni parfum ni baume après-rasage le jour de la séance, mais je ne parvenais pas à saisir le lien avec les photos à faire. Elle me laissa sur place et, comme pour se l'approprier par les pieds et par tout le corps, elle arpenta l'espace dégagé du loft. Peut-être croyait-elle que le vide ne s'exprime jamais mieux que dans un lieu conçu pour être plein." [p.30]

"Des faisceaux lumineux tombant des fenêtres et des spots se répercutaient sur le plancher et faisaient rebondir des lueurs éblouissante par tout le loft. Dylanne s'y déplaçait à vitesse variable en déployant d'amples mouvements de bras et de jambes. Elle s'arrêtait inopinément, pivotait sur son axe, puis se remettait en marche. Le frottement de ses pieds nus sur le plancher produisait des couinements aigus, on aurait dit une guitare classique grinçant aux changements d'accords."[p. 41]

Sources à consulter

6 mars 2015

La vie privée des arbres d'Alejandro Zambra

VP1La vie privée des arbres / Alejandro Zambra ; traduit de l’espagnol (Chili) par Denise Laroutis. – [Paris] : Rivages, 2009. – 116 p. ; 20 cm. – ISBN 978-2-7436-1951-0

Quatrième de couverture

Julian a épousé Verónika ; Daniela, la petite était déjà là. Ce soir, dans l'appartement aux trois pièces bleue, verte et blanche, Julian guette Verónika qui n'est toujours pas rentrée de son cours de dessin. Pour tromper l'attente, il nous raconte l'histoire. La leur, la sienne.

Tout a commencé avec un gâteau aux trois crèmes. Julian le commande à une pâtissière qui travaille chez elle. La pâtissière, évidemment, c'est Verónika. Il s'éprend d'elle sur le champ mais se passe d'elle un certain temps. Puis commence à en rêver, l'appelle et finalement, à force de commander des gâteaux, attire son attention.

Souvent comparé à Jean Echenoz, Alejandro Zambra aime les personnages un peu perdus, le temps qui s'émiette, l'espace en volute. Et aussi les désirs et les rêves qui s'évaporent sans que l'on sache trop pourquoi. Ni pourquoi d'ailleurs il faudrait le savoir.

L’auteur

Alejandro Andrés  Zambra Infantas est né à Santiago au Chili en 1975. Il étudie la littérature hispanique à l’Instituto Nacional General José Miguel Carrera VP2et à l’Universidad de Chile. Grâce à une bourse universitaire, il poursuit ses études à Madrid où il obtient une maîtrise en philologie hispanique. De retour au Chili, il obtient un doctorat en littérature à l’Universidad Católica et enseigne la littérature à l’Universidad Diego Portales.

Il commence par écrire principalement de la poésie. Son premier roman publié en 2006 connaîtra un grand succès, sera traduit en plusieurs langues et sera adapté pour le cinéma et présenté à Cannes en 2011. Il reçut également plusieurs prix pour son roman.

Bibliographie sommaire

  • Bahía Inútil (poésie) (1998)
  • Roberto Bolaño : la escritura como tauromaquia (essai) (2002)
  • Mudanza (poésie) (2003)
  • Bonsái (2006)
  • La vida privada de los árboles (2007)
  • No leer (essai) (2010)
  • Formas de volver a casa (2011)
  • Mis documentos (nouvelles) (2013)

Mes commentaires

Difficile de parler de ce livre. Je dois commencer par dire que je n'ai voulu lire ce roman qu'à cause de son titre. J'avais lu le quatrième de couverture parce que je l'ai acquis pour la bibliothèque. Mais le quatrième m'a semblé ordinaire. Le livre avait de très bonnes critiques alors je l'ai acheté pour les rayons de ma bibliothèque. Puis, une fois sur les rayons, il ne m'a pas particulièrement attiré... vraiment le quatrième ne me disait rien. Je ne suis pas très "histoire d'amour", les histoires de couples, de relations, etc. ne m'attirent vraiment pas.

Mais le titre... Je ne sais pas pourquoi, mais le titre, lui, m'interpelait.. m'appelait.

Un roman très, très bref. Un peu difficile à saisir, selon moi. C'est rapide, mais l'histoire est très lente. Le roman est l'histoire d'une relation. Et elle est racontée à cause d'une absence. L'absence de Verónica qui tarde à rentrer un soir. Alors Julián essaie de rassurer Daniela, la fille de sa femme. Il lui raconte des histoires pour l'endormir. Il lui raconte la vie privée des arbres. C'est l'histoire habituelle. Mais l'absence s'allonge, s'éternise. Alors Julián se perd dans ses rêves et ses souvenirs. Et il raconte sa vie. Sa vie avant Verónica. Sa rencontre avec celle-ci. Et sa vie après.

Il m'a semblé difficile de cerner si les souvenirs étaient réels ou inventés. Mais c'est ce qui fait le charme du texte. J'avais parfois l'impression que Julián nous cachait quelque chose. Mais ce n'est qu'une impression.

Les souvenirs semblent banals et leur histoire aussi. C'est ce qui fait que l'attente du retour de Verónica est difficile et tragique en quelque sorte. Car on se doute bien qu'elle ne reviendra pas. Et malgré la lenteur du roman, j'ai senti une tension, une densité dans le texte.

Mon seul regret est la fin. Car l'histoire saute dans le temps. Et j'aurais préféré qu'il se termine dans cette attente. Cette dernière est toute la poésie du roman selon moi. Cette attente, cette absence et ces histoires d'arbres que Julián inventent pour les combler.

Pour terminer, je dirais que l'auteur aurait pu écrire un long roman en transformant cette absence en roman policier. Il aurait aussi pu, en faire un long roman d'amour. Il a choisi un texte poétique, métaphorique, lent et bref... Et un brin insaisissable. J'ai beaucoup aimé.

Les mots de l'auteurs (Extraits)

« Pour l’heure, la vie est un casse-tête qui lui semble résolu : il a été invité dans une nouvelle intimité, dans un monde où il lui revient d’être à peu de chose près le père de Daniela, la petite fille qui dort, et le mari de Verónika, la femme qui ne rentre pas encore, de son cours de dessin. Par la suite l’histoire part dans tous les sens et il n’y a presque plus moyen de poursuivre, mais maintenant, Julián parvient à prendre un certain recul qui lui permet de regarder, attentivement, avec un véritable intérêt, la retransmission d’un vieux match entre l’Inter et la Reggina. » p. 21

« Le roman continue, ne serait-ce que pour se conformer au caprice d’une règle injuste : Vérónika ne rentre pas. » p. 66

Pour en savoir un peu plus …

21 janvier 2014

Les archives de Pauline : pas assez de photos

Tu sais maman, tu aurais eu 74 ans aujourd'hui. Je sais, je sais, tu n'aurais pas voulu qu'on te le rappelle. Tu n'aurais pas voulu de fête et pas de cartes.

Scan_Pic0001a

Mais tu n'aurais pas dit non à un beau gâteau.

Tu n'aurais pas voulu qu'on prenne de photos. Tu n'aimais pas te faire prendre en photo. Je fouille dans mes albums et j'ai bien plusieurs photos de toi. Mais pas assez à mon goût. C'était avant le numérique tu vois. On prenait moins de photos dans ce temps-là et comme tu fuyais toujours l'objectif, je n'ai pas assez de photos de toi. Et si peu sur lesquelles tu souris. Tu ne souriais pas souvent sur les photos. Parfois un petit sourire. Mais tu disais que cela te faisais des rides. Tu ne serais sûrement pas contente de savoir que je poste des photos de toi sur Internet. Surtout celles où tu souris. Tu te trouverais mille défauts.

Aujourd'hui, tu aurais eu 74 ans. J'aimerais tant que tu sois encore ici avec nous. Mais je sais que tu es heureuse et en santé quelque part dans l'immensité de l'univers. Tu étais belle tu sais. Et tu serais encore si belle, même à 74 ans ! Oui, oui, je te le dis... et arrête de chialer, tu le serais, un point c'est tout. Tu veux un morceau de gâteau. Il est au chocolat.

 

18 mai 2013

Un simple voeu

Grand-maman"Le bonheur supprime la vieillesse" [Franz Kafka]

Il y a quelques mois, elle se cassait le fémur. Elle arrivait du salon, tout tranquillement avec sa marchette. En voulant s'asseoir à la table de la cuisine, elle glissa sur le coussin de sa chaise et tomba. Le fémur. L'ambulance. Les jours à l'urgence. Les cris de mes tantes pour faire avancer les choses. Finalement, l'opération. Et les mois à l'hôpital. Dans une vieille chambre du plus vieil hôpital de Montréal. Et les plaies de lit, je ne veux même pas y penser. Toute petite dans son lit. Trop petite dans son lit.

Mais la plupart des employés sont gentils. Ils font comme ils peuvent. Nous y allons tous. Pas un jour sans que quelqu'un de la famille ne la veille. Elle est encore faible. Il faut l'aider beaucoup. Et elle dort beaucoup. Mais elle a l'énergie pour se plaindre du bruit. Et elle parle et parle. Et elle cicatrise rapidement. Tellement rapidement qu'on a de la difficulté à y croire. Et bientôt, on lui fait faire quelques pas de marche. Que quelques pas. Mais petit à petit elle marche à nouveau.

Elle quitte enfin l'hôpital pour son plus grand bonheur. On la transfère dans un centre de réadaptation. Les mois passent. Elle prend des forces. Continue les exercices. Elle a hâte de retourner chez elle.

Et puis, la nouvelle. La petite bosse pas très jolie sur son sein gauche est devenu gigantesque et noire. Elle a une tumeur. Violemment maligne. Il faut lui enlever. Et tout de suite. Une autre opération. Elle semble encore si petite quand on lui annonce. Le médecin la rassure. Elle n'aura pas de traitement de chimiothérapie ou radiothérapie. Cela semble inutile étant donné son âge. Une opération. Et la voilà à nouveau faible et toute petite dans son lit. Et les semaines passent. Elle voit le printemps arriver. Elle rêve de retourner chez elle. Elle veut bien sûr retourner dans la maison à Montréal qu'elle partage avec sa fille. Mais surtout, elle veut revoir son lac cet été dans sa maison des Cantons de l'Est. Mais elle a aussi un autre voeu. Et elle voit les jours passer et elle a peur qu'il ne se réalise pas. La date arrive à grand pas. Elle fait tous les efforts. Elle fait ses exercices, mange beaucoup.

Et à peine 4 jours avant la fameuse date, on lui annonce la bonne nouvelle. Elle retourne chez elle. Enfin. Et c'est avec le plus beau sourire du monde qu'elle a célébré ses 99 ans chez elle ! Bonne fête grand-maman ! Ton lac t'attend dans quelques semaines !

15 novembre 2011

C'est vraiment trop inzuste !!!

Non, mais pauvre pauvre de moi... Imaginez-vous donc que je suis "obligée" d'aller à la journée des professionnels du Salon du DSC_4471livre ce vendredi... Toute la journée !!!

Et puis la semaine prochaine, je suis "obligée" d'aller passer la journée au service aux collectivités d'une certaine librarie !

Deux journées entières, perdue dans les livres, afin d'avoir des idées de développement de collections !!!

C'est vraiment trop injuste ! :P

19 février 2014

Quelques livres de Camilla Läckberg - L'auteur

Läckberg001Ces derniers temps, j'ai commencé à lire les romans de Camilla Läckberg. Une collègue adore absolument cette auteure et me l'avait chaudement recommandée. J'ai lu les trois premiers romans. Je pensais d'abord donner mes commentaires pour chacun de ces trois livres mais, une fois n'est pas coutume, je vais commenter les trois livres à la fois... Voyez-vous je lis rarement des séries. Et ce, pour plusieurs raisons... Mais j'y reviendrai.

L'auteur

Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson est née à Fjällbacka en Suède en 1974. Elle aime écrire et raconter des histoires dès son enfance. Mais elle choisit de faire des études en économie à l'Universté de Göteborg. Elle travaille pendant quelques années comme économiste mais redécouvre sa passion pour l'écriture alors qu'elle suit un cours de création littéraire spécialisé en roman policier. Elle commence à écrire son premier roman pendant le cours. La Princesse de glace sera publié en 2003. Elle publie son second roman, Le Prédicateur l'année suivante.

Läckberg se consacre ensuite à l'écriture et les romans policiers se succèdent alors. Elle diversifie cependant aussi un peu ses intérêts. Elle publie des livres de cuisine et touche à la littérature jeunesse. Elle garde aussi quelques liens avec son passé d'économiste et est une collaboratrice de deux entreprises : Sahara (design de bijoux) et Sono Vaso (vêtements de maternité).

Elle a reçut de nombreux prix dont le Grand Prix de la Littérature policière en 2008 pour La Princesse de glace. Une adaptation de ses romans a été réalisée pour la télévision suédoise et il y a également eu une adaptation en bande dessinée de son premier roman. Elle vit aujourd'hui à Stockholm avec son mari et ses enfants.

Site web de l'auteur en anglais et en suédois. Page Facebook de l'auteure. Son compte Twitter.

Bibliographie sommaire

  • La princesse des glaces (2003)
  • Le prédicateur (2004)
  • Le tailleur de pierre (2005)
  • L'oiseau de mauvais augure (2006)
  • Cyanure (2006)
  • L'enfant allemand (2007)
  • La Sirène (2008)
  • À table avec Camilla Läckberg (2008) (Livre culinaire)
  • Le gardien de phare (2009)
  • La faiseuse d'anges (2011)
  • Fest, mat och kärlek (2011) (Livre culinaire)
  • Super-Charlie (2011) (Livre jeunesse)
  • Super-Charlie et le Voleur de doudou (2012) (Livre jeunesse)
  • Mord och mandeldoft (2013)
  • Super-Charlie och mormorsmysteriet (2013)

Commentaires personnels

Camilla Läckberg est surtout connue pour sa série de romans policiers débutant avec La Princesse des glaces et mettant en vedette la romancière Erica Falck et le policier Patrick Hedström. La série a été adaptée pour la télévision, cependant les épisodes ne reprennent pas les romans mais proposent plutôt de nouvelles histoires.

Les intrigues de cette de romans se déroulent toujours en grande partie à Fjällbacka, ville natale de l'auteure et de ses personnages principaux. Fjällbacka est un ancien port de pêche située sur la côte ouest de la Suède. C'est maintenant une ville balnéaire estivale très populaire. Les romans sont résolument ancrés dans la petite ville scandinave. Cette dernière est un personnage à part entière. Les saisons sont aussi très liées aux romans et à leurs intrigues, autant le froid hivernal que la chaleur écrasante des étés suédois.

La série reprent également les mêmes personnages dans chaque roman. Il y a bien sûr Erica Falk, romancière et Patrick Hedström, policier et un ami d'enfance. Mais nous retrouvons aussi d'autres personnages secondaires: Anna Maxwell, la soeur d'Erica et Lucas son mari, Dan Karlsson, ancien copain d'Erica et plusieurs collègues de Patrick, Matin Molin, Annika Jansson, Gösta Flygare, Ernst Lundgren et l'inspecteur principal, Bertil Mellberg.

Commentaires sur les livres et derniers commentaires à suivre...

Extrait

"Erica s'installa sur la véranda et regarda l'archipel. Cette vue lui coupait toujours le souffle. Chaque saison apportait sa mise en scène spectaculaire et cette journée proposait un soleil éblouissant jetant des cascades étincellante de lumière sur la glace épaisse qui recouvrait l'eau." (p.13 - La princesse des glaces)

Sources à consulter

24 janvier 2014

Dans ma tête, je m'imagine...

Dans ma tête, je m'imagine...
des petits bateaux qui vont sur l'eau...

Bateaux

 Ont-ils des jambes ?
Bien sûr que oui, si on se fie à la chanson.

Ils marchent, ils courent,
ils voguent et s'envolent.
On les voit gondoler sans chavirer.
 Tanguer, osciller
et s'émouvoir.

Sur l'eau, ils nous embarquent
et nous bercent.
Sur la terre, ils dansent,
et naviguent sur des nuages.

Je rame et je voile.
Je m'enfuis sur les vagues.
Je poursuis une étoile.
Je fuis les orages.

Je lève l'ancre,
je bâbord et je tribord.
Une lame de fond me renverse.
Et me renvoie à la proue.

Je vais sur l'eau.
Je navire et je chaloupe,
J'imagine de longues traversées et
je rêve de mers et rivières.

9 juin 2011

Agonie de Jacques Brault - Expérience de lecture

Agonie : roman / Jacques Brault. -- [Montréal] : Boréal Express, 1985. -- 77 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-89052-131-1DSC_1654

Expérience de lecture 

J'ai lu Agonie de Jacques Brault vers l'âge de 18-19 ans. Ou alors vers 21-22 ans. Je ne suis pas certaine. Et je dois avouer que je n'en gardais absolument aucun souvenir. Roman poétique très court... il était pourtant anoté de ma main. De longs passages sont soulignés et dux chiffres apparaissent un peu partout à côté de ces passages: 9 et 10. Et si je n'ai aucun souvenir de ma lecture, je ne me rappelle pas du tout de la signification de ces chiffres. J'avais lu Agonie dans le cadre d'un cours au cégep ou à l'Université... je n'en ai encore une fois aucune idée ! 

J'avais besoin d'un livre pour le train. Je savais que j'aurais à attendre un certain temps, donc je voulais un livre. Les livres en cours étaient lourds et voluminueux... pas de "poche" dans mes lectures en cours... Donc, je devais choisir autre chose. Je passe en revue ma PAL et évidemment rien de léger ne me tentait ! Je regarde alors ma PAL prise dans mes bibliothèques. Et je croise du regard Agonie. Je l'ai déjà lu, que je me dis... mais j'y reviens... Oui, je l'ai lu, mais il est minde, léger... Je le prend donc et lis le quatrième de couverture... Et je n'ai aucune idée de quoi traite ce roman ! C'est d'ailleurs un de mes crimes littéraires... d'oublier les mots. Je le prend donc rapidement et cours vers le train.

Je suis assise sur un banc sur le quai et j'ouvre le roman. Et dès les premières lignes, je tombe en amour avec les mots de l'auteur. Je fouille dans mon sac et je trouve un crayon... Les lignes et les annotations se multiplient. Chaque passage me semble important et émouvant. Le poème de Ungaretti m'ébranle et chaque vers repris comme titre des chapitres me semble troublant. Je fais un aller retour constant entre le poème et chacun des chapitres. 

La grisaille des hommes disparait à mes yeux sous la couleur de l'agonie de ses oiseaux. Paradoxalement. Et " Mourir, acte initial plutôt que terminal" résonna dans un "on commençait par où on croyait finir" (p.13).

Je fus possédée par la poésie du roman... "ainsi la beauté, toujours incarnée, toujours en désincarnation, se distinguait-elle du beau universel par son individuation, sa singularité et, selon l'expression chère aux scolastiques, son caractère ineffable en ce qu'elle échappait à toute définition". (p13-14)

Pourquoi diable n'avais-je aucun souvenir de cette première lecture ? J'ai la fâcheuse habitude d'oublier ce que je lis, même les oeuvres que j'aime... mais je ne comprenais pas comment j'avais pu oublier les mots de Brault. Ce professeur gris, ce narrateur terne étaient si vivants, si réels, si tristes et immortels... pourquoi avaient-ils fui ma mémoire ?

Peut-être n'était-ce pas le bon moment. Chaque livre qui croise notre vie ne le fait pas nécessairement au bon moment. Aujourd'hui, il ne disparaîtra plus de ma mémoire. Je vais me souvenir de chaque mot, chaque instant... du livre et de sa lecture.

Le train est arrivé à destination, et je n'avais pas tout à fait terminé ma lecture. J'ai dû attendre jusqu'au lendemain... très impatiemment, je dois avouer. J'ai refermé le livre avec un pincement au coeur... un vrai pincement... je ne parle pas de métaphore, mais de physique... Parce que les mots m'ont captivée et que j'ai lu, tristement, la dernière phrase. Et aussi parce que j'en veux légèrement à l'auteur de n'avoir pas fait commenté le titre du poème par le professeur...

"Perdu, orphelin, je suis à bout de souvenirs et de désolation. Je pouvais le haïr et l'aimer, le perdre et le retrouver, je pouvais me pendre à ses basques et me laisser tomber. Je pouvais..." (p.76)

 Voir aussi sur ce carnet:

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 > >>
Publicité
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
Publicité