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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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2 octobre 2011

Le moment captif d'un dimanche : reliquaire

2011_10_23"Le squelette, c'est la mort : il est dans notre corps" [Charles de Leusse]

Un frisson. Et pourtant ce n'est pas la première fois que je vois des ossements. En fait, j'en vois même très souvent. Dans mon assiette, il y a souvent des ossements. Et j'en ai vu des tonnes dans les musées. Et bien plus souvent dans les films et à la télé. Alors là, j'en ai vu souvent et de toutes les sortes.

Mais ce n'est pas pareil. Des ossements, on ne s'attends pas à en croiser lors d'une petite balade en campagne. Enfin, pour la petite citadine que j'étais. Des "road kills" sur le bord des routes, des oiseaux morts dans les caniveaux, ... ça oui...

Mais quand on se promène tranquillement dans une campagne - certes inconnue - on ne s'attend pas à presque poser le pied sur une portion de squelette. Tout blanc... On regarde autour. D'autres ossements. On se sent bien innocent de trouver cela frissonnant. On rirait sûrement de moi si on me voyait. Regardez la fille de la ville qui s'émotionne sur un paquet d'os.

Mais moi, autant d'os tout blancs, un squelette presque complet... je frémis un peu, vous savez. Un animal. Sûrement. Évidemment. Mais... et si non... Et si c'était moi. Là. Sur le sol. Que mes os sans enveloppe. Un jour. Ce sera moi. Sûrement. Évidemment.

"Comptempler des ossements, c'est se regarder au miroir", comme le disait Villiers de l'Isle-Adams.

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1 mars 2011

Scarpetta de Patricia Cornwell

DSC_0605Scarpetta / Patricia Cornwell ; roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Andrea H. Japp. -- [Paris] : Éditions des Deux Terres, [c2008]. -- 624 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-253-12739-0

Quatrième de couverture

Blessé, terrorisé, Oscar Bane exige d'être admis dans le service psychiatrique de l'hôpital de Bellevue. Il prétend avoir échappé au meurtrier de sa petite amie, et ne se laissera examiner que par Kay Scarpetta, médecin légiste expert, l'unique personne en qui il ait confiance. À la demande du procureur, Jaimie Berger, Kay se rend à New York avec son époux, Benton, et sa nièce, Lucy. Une chose est sûre : une femme a été torturée et tuées, et d'autres morts violentes sont à craindre. Très vite, une vérité s'impose à Kay : le tueur sait précisément où se trouve sa proie, ce qu'elle fait et, pire encore, il est au courant des progrès de l'enquête. Kay Scarpetta doit affronter l'incarnation du mal...

L'auteur

Patricia Carroll Daniels est née en 1956 à Miami en Floride (États-unis). Elle étudiera au Tennessee (Bristol’s King College), puis au Davidson College. Elle commence à cette époque à écrire pour le Charlotte Observer. Elle se spécialise pour les faits divers et pour les crimes. Elle abandonne le journalisme pour se consacrer à l’écriture. Elle s’essaie au roman policier mais son premier manuscrit est refusé par les éditeurs. Alors qu’elle continue d’écrire, elle travaille comme informaticienne pour l’Institut médico-légal de la ville de Richmond. 25992752_p

Cormwell admet volontiers qu’il y a beaucoup de lien entre elle et son personnage le plus connu, Dr. Kay Scarpetta. On peut entre autre souligner que les deux sont originaires de Miami, sont divorcées et ont eu des relations difficiles avec leur père. Son travail lui permet de rencontrer le Dr. Marcella Fierro qui travaille à la morgue. Cet univers fascine aussitôt Patricia Cornwell.

Son premier roman, Postmortem, est publié en 1990. Ce premier roman gagne de nombreux prix accordés aux meilleurs romans policiers. Elle continue d’écrire et produit en général, un roman par année. Elle connaît enfin le succès.

Pour une biographie plus complète, lire cet article ou voir le site de l’auteur.

Bibliographie partielle

  • A Time for Remembering -1983
  • Post-mortem -1990
  • Body of Evidence -1991
  • All That Remains -1992
  • Cruel & Unusual - 1993
  • The Body Farm - 1994
  • From Potter's Field - 1995
  • Cause of Death - 1996
  • Hornet's Nest - 1997
  • Unnatural Exposure - 1997
  • Scarpetta's Winter Table - 1998
  • Point of Origin - 1998
  • Southern Cross - 1999
  • Life's Little Fable - 1999
  • Black Notice - 2000
  • The Last Precinct - 2000
  • Isle of the Dogs - 2001
  • Portrait of a Killer: Jack the Ripper -- Case Closed - 2002
  • Food to Die For: Secrets from Kay Scarpetta's Kitchen - 2002
  • Blow Fly - 2003
  • Trace - 2004
  • Predator - 2005
  • At Risk – 2006
  • Book of the Dead – 2007
  • Scarpetta - 2008
  • The Scarpetta Factor - 2009
  • Post Mortuary - 2010

Commentaires personnels

Scarpetta travaille maintenant pour son cabinet privé à Charleston et elle est de plus en plus connue. Elle passe d'ailleurs régulièrement dans les médias à titre d'expert. Son nouvel époux - Benton, avec qui elle travaillait depuis des années - lui demande de venir à New York pour participer à une enquête. On lui demande cependant d'examiner un patient bien vivant !

Oscar Bane, qui a demandé à être admis au service psychaitrique, ne veut être examiné que par Kay Scarpetta. Il prétend avoir été blessé par le meurtrier de sa petite amie. Suspect principal dans le meurtre sordide de la jeune femme, Scarpetta accepte le rencontrer.

Nous retrouvons dans ce livre de Cornwell tous les personnages habituels de la série: Kay Scarpetta, sa nièce Lucy, son amant et maintenant époux Benton Wesley, la procureur Jaimie Berger et le policier Pete Marino. Les personnages semblent avoir beaucoup changé depuis le dernier roman. Et on les retrouve vraiment différents.

Nous retrouvons enfin Kay Scarpetta au centre de l'intrigue. Les derniers romans de Patricia Cornwell m'avaient déçue. Et je trouvais que les romans s'éloignaient du personnage supposément central, Scarpetta. Il me semblait aussi que l'intrigue policière passait presque au second plan pour laisser la place aux différents personnages et à leurs états d'âme.

Dans ce roman, l'auteur remet enfin l'intrigue policière au centre du livre. On laisse encore, selon moi, un peu trop de place aux personnages mais beaucoup moins que dans les derniers livres. Cependant, et contrairement aux derniers romans de Cornwell, nous ne sommes pas obligés d'avoir lu les livres précédents pour comprendre les relations entre les personnages.

L'intrigue se lit bien même si on note certaines facilités - on peut deviner assez facilement qui est le coupable - j'ai trouvé que l'ensemble se tenait bien. Le personnage de Marino me semble mieux se tenir et était nettement plus intéressant que dans les livres précédents. Lucy est moins présente et c'est parfait pour moi car je trouve le personnage vraiment irritant. La relation entre Benton et Scarpetta ne me semble plus très convaincante et je ne vois pas trop où Cornwell va mener ses personnages.

Même si j'ai beaucoup apprécié ce roman, il me semble que cette série s'essoufle. Et il me semble évident que la cause est la trop grande place des personnages. Je lis - et beaucoup de gens sont dans le même cas d'après les commentaires que j'ai lu ici et là - les romans de Cornwell pour ses intrigues policières bien ficelées centrées sur l'actualité et la médecine légale et non pas pour connaître les difficultés et les problèmes personnels des personnages. Peut-être est-ce le temps pour Cornwell de passer à autre chose. Ou de ne pas tenter d'écrire un livre par année... Elle semble un peu victime de sa popularité et de l'attente de son public.

Enfin... tout cela pour dire que ce roman m'a beaucoup plu et m'a réconcillié - pour le moment - avec Kay Scarpetta et Patricia Cornwell.

L'avis d'Emeralda, Hydromelle et Val.

Extraits

"De la matière cérébrale collait aux manches de la blouse maculée de sang que portait le Dr Kay Scarpetta, évoquant des flocons d’ouate. Les scies Stryker stridulaient, l’eau tambourinait dans les éviers et de la poussière d’os s’élevait en volutes comme une farine très fine. Trois des tables étaient occupées. D’autres cadavres allaient arriver sous peu. C’était mardi, le 1er janvier, jour de la nouvelle année." p. 11

"La pendule murale indiquait presque dix heures. Elle allait d'abord devoir terminer son autopsie, se doucher, se changer, et puis elle repasserait chez elle. À manger ! songea-t-elle. De la mozzarella au lait cru, de la soupe de pois, des boulettes de viande, du pain. Quoi d'autres ? La ricotta avec du basilic frais que Benton appréciait tant sur une pizza maison. Elle avait préparé tout cela et plein d'autres choses encore hier, sans soupçonner le moins du monde qu'elle allait passer le réveillon du nouvel an toute seule." p. 15

Sources

28 octobre 2010

Presque Halloween

DSC_9740Et je n'ai pas posté un seul texte sur le sujet... pas d'analyse de livres, pas de critique de films, pas de réflexion sur cette période qui demeure ma préférée... snif... je suis toute penaude et gênée... Et je suis honteuse de ce silence et ce manque de participation. Et pourtant ma bonne volonté est là. Je veux écrire. Et je veux vous faire des coucous. Mais le temps et l'énergie ne sont vraiment pas au rendez-vous.

Il ne reste que quelques jours avant cette fête si précieuse à mes yeux et je n'ai que quelques décorations devant chez moi. Deux épouvantails et deux citrouilles. Dont une qui fut grignoter par un raton laveur.

Et je ne crois pas avoir le temps de sortir et participer. Mais, je vais donner des bonbons ! Ça c'est certain ! Il y a peu de décorations dans ma rue, mais beaucoup dans les rues avoisinantes. Donc, j'ai bon espoir que des petits pets vont passer. Mes bonbons sont achetés et prêts à être donnés. Ça fait plusieurs années que je m'ennuie de l'Halloween, je ne vais pas passer à côté. Je ne la soulignerai pas autant que je l'aurais souhaité, mais quand même.

Mais j'aurais aimé pouvoir écrire quelques textes sur des romans et des films de circonstance. Et j'aurais aimé participé au challenge de Lou et Hilde.

Mais le temps n'est pas là. Vous voyez, c'est bien une nouvelle maison... mais ça gobe du temps au début... Je travaille de 8h00 à 17h00 et puis après je me plonge dans la peinture, la rénovation, le remontage de meuble et le dépaquetage de boîte... Tous les soirs et toutes les week-end... Et quand on pointe le nez dehors, c'est pour faire des commissions ou pour ramasser des feuilles ! Oui, parce que c'est bien beau d'avoir d'immenses arbres matures sur son terrain, mais c'est que ça produit de la feuilles ces monstres !!! Mais nous sommes contents ! C'est ce qu'on voulait...

Mais voilà... je n'ai pas le temps de lire, pas le temps d'écrire.

Mais je vais fêter Halloween un peu, ça je le jure ! Parce que : "Life's no fun without a good scare" !!!! :D

14 janvier 2011

Et il faut recommencer... allons-y pour un Top10

Bon, je l'avoue... j'ai du temps. Mes soirs ne sont plus envahis par les travaux et le dépaquetage de boîtes. Oh, nous n'avons pas fini et il reste encore beaucoup beaucoup de choses à faire... mais le gros coup est donné et on a décidé de prendre le mois de janvier relax... et recommencer petit à petit.

Books02_619x685_copyLes lectures et l'envie d'écriture sont revenus. Mais je bloque... je ne sais plus trop comment recommencer à écrire. Donc, j'ai décidé de tricher un peu et d'y aller avec la facilité... il y a quelques mardis, j'ai vu passé un Top 10 et je me suis dis que ça serait une façon intéressante de me lancer à l'eau. Ok, nous ne sommes n'y mardi et ce Top Ten date de quelques semaines... mais bon, j'ai déjà avoué que je trichais un peu, alors...  Et en plus... apparemment que ce Top Ten est un peu une petite tricherie avec les vrais Top Ten... enfin, je m'y perds un peu, mais on d'autres l'expliquent superbement... ;)

Donc, voici mon Top Ten "Les livres qu'on a lus et relus" - qui j'avoue n'est pas si facile que ça ! Parce que des livres que j'ai lus et relus, ben, y'en a un char pis une barge, comme on dit ! Surtout par plaisir, parfois par obligation (études littéraires obligent) et souvent pour les deux... 

10. En attendant Godot /
Samuel Beckett

Je crois avoir lu En attendant Godot au moins 3 o 4 fois, en plus de l'avoir vu au théâtre et en avoir joué des extraits dans un cours de théâtre. Je connais des extraits par coeur et quand je lis la pièce, je fais encore parfois certains gestes. Ma première lecture fut un véritable coup de foudre.

9. L'avalée des avalés /
Réjean Ducharme

J'ai deux exemplaires de ce livre. Une vieille édition que j'avais acheté pour à peine 2 $ et qui est toute usée par de nombreuses lectures: les miennes et celles d'autres lecteurs. Le livre tombe littéralement en morceaux, les pages sont jaunes, rugueuses et elles sentent le vieux livre. J'ai donc acheté une nouvelle édition du roman, mais sans pouvoir jeter la vieille... Elle a trop de vécu et de bons souvenirs... et en plus ça s'adonne que c'est une 1ère édition de ce roman que je lis régulièrement quand j'ai envie de jouer avec les mots.

8. Perceval ou le Roman du Graal / Chrétien de Troyes

De tous les romans de la Table Ronde, ce roman inachevé de Troyes demeure mon préféré. Je l'ai lu et étudié, j'ai rédigé des analyses et je l'ai relu... J'aime le fait qu'il soit inachevé, et tout le mystère qui plane sur les intentions de l'auteur. J'aime les conjonctures, les hypothèses et ses suites pas toujours heureuses.

7. Pride and Prejudice / Jane Austen

Mais oui... j'ai aussi lu et relu Jane Austen. De tous ses livres c'est celui que j'ai lu le plus grand nombre de fois et c'est celui que je visionne sans arrêt - avec Colin Firth, bien entendu ! Et si je n'ai pas encore commenté un livre d'Austen ici, c'est que tant d'autres l'ont fait que cela me gêne un tout petit peu ! J'adore ce roman et chaque fois que l'ouvre pour le lire (pas toujours en entier, souvent juste des passages) j'y découvre quelque chose de nouveau !

6. Viou /
Henri Troyat

Alors là... cette Viou, je l'ai tellement lu et relu que je ne prends pas la peine de compter. J'aimais tellement ce roman quand j'étais petite et j'ai déjà parlé de mon expérience de lecture une fois, je ne vous lasserai pas en la réexpliquant ! Et finalement, je l'ai encore feuilleté quand je l'ai sorti de sa boîte, il y a quelques semaines... évidemment !

5. Little Women / Louisa May Alcott

J'avoue que je n'ai pas lu Little Women avant mes 20 ans... avant je lisais Les Quatres filles du Docteur March ! Et ses suites... et j'ai vu les films encore et encore à diverses époques et avec différents acteurs. Je ne peux dire que j'aimais beaucoup Amy, et j'en veux toujours à Jo et à Laurie, et je rageais toujours aux mêmes endroits et les larmes me viennent toujours aux yeux encore aujourd'hui.

4.  The Outsiders / S.E. Hinton

Je ne calcule plus le nombre de fois que j'ai lu et vu ce film ! 20-30 fois ? Peut-être plus !
Les mots de S.E. Hinton ont marqué la jeune adolescente que j'étais lorsque j'ai vu le film tiré de son livre pour la première fois. Et ses mots m'ont encore conquise lors de la lecture de son oeuvre. Encore aujourd'hui, je ne peux voir le film sans aller me plonger dans le livre. Il est si court - trop court - que je le relis à chaque fois.

3.
Les Malheurs de Sophie - Les Petites filles modèles - Les Vacances / La Comtesse de Ségur

Disons que je les ai lus souvent. Je dis cela car enfin... je les ai lus plus que souvent ! Ils sont encore dans un tiroir bien à l'abri et il m'arrive de les feuilleter. C'est mon enfance, ces trois petits livres. Oh, j'avais bien d'autres livres de la Comtesse, mais ce sont ceux que j'ai lu le plus souvent. Et qui ont marqué le plus ma jeunesse. Je me rappelle vaguement avoir vu des images à la télé des Malheurs de Sophie, mais ce sont véritablement les livres qui m'ont marquée.

2. Le Survenant / Germaine Guèvremont

J'ai hésité ici... Le Survenant (que j'ai lu et relu) ou les Poésies complètes de Nelligan (qui ne cède pas sa place comme livre lu et relu !). Mais comme le Survenant demeure encore trop souvent un incompris, j'ai choisi ce roman. On ne parle jamais assez de ce magnifique roman !

1. Agatha Christie

Encore et encore et encore... j'ai exactement 80 petits livres d'Agatha Christie et je les ai tous lus et relus un nombre horrifiant de fois ! Et c'est sans compter quand je les empruntais à la bibliothèque pendant mon adolescence ! Et je continue toujours à en relire. Parfois quand j'ai une panne de lecture... je me tourne vers mes incontournables ! Et le goût revient. Même si maintenant, après toutes ces lectures, je connais pratiquement toutes les histoires par coeur (je peux même vous dire quand elle reprend certaines idées d'un roman à l'autre ;))... je ne me lasse jamais de les relire. Et maintenant, je veux les acheter et lire en anglais... J'aime absolument tout de ces romans !

Ouf... c'était finalement très difficile tout ça... et j'aurais pu faire un Top 50 de mes relectures. J'aurais pu mentionner Moi, Christiane F, que j'ai aussi lu des dizaines de fois et qui m'a vraiment troublée... Ou encore Different seasons de Stephen King que je lis et relis... ou Gigi de Colette, ou tous les Tolkien, ou, ou, ou.... oh il y en a trop ! Et moi qui court après mon temps pour lire les livres de ma PAL... ;)  Tant pis... je m'en vais me chercher un Agatha, tiens !

5 octobre 2009

Des frayeurs en souvenirs - 1

En ces temps remplis de coupables frissons, je me questionne un peu sur la peur. J'aime lire des livres qui vont me faire trembler de peur, j'adore regarder des films qui vont me faire retourner pour vérifier qu'il n'y a rien de surnaturel derrière moi... j'aime me coucher et penser en frissonnant aux dernières pages lues, aux dernières images vues... Puis m'endormir tranquillement... Ces frayeurs sont momentanées. Elles disparaissent tranquillement. J'aime bien regarder un film et avoir peur. Lire un livre et le poser car j'ai cru entendre un bruit inquiétant. Mais j'aime aussi que cette peur ne soit qu'éphémère et qu'elle ne soit que le résultat d'une lecture ou d'un film.

Mais il y a parfois des peurs qui sont réelles. Qui ne sont pas le fait d'un livre ou d'un film. J'ai parfois eu peur dans ma vie. Une fois, je me rappelle m'avoir fait suivre dans une rue près de chez moi... ce fut très épeurant... Et des peurs d'hôpitaux et de maladies et de mort ...

Mais de toute ma vie, je me rappelle de deux moments où j'ai vraiment eu peur. Une peur effroyable, incontrôlable. La première... une peur d'enfant, presque quotidienne. La seconde... une terreur d'une soirée.

0La première...

Quand j'étais enfant, ma mère travaillait. J'avais 4 ans. Avant l'arrivée de soeurette. Ma mère avait recommencé le travail et ne voulait pas que j'aille tout de suite à la garderie. Enfin, elle n'avait pas trouvé une garderie à son goût. Mais elle avait rencontré une dame et s'était liée d'amitié avec elle. Cette dame avait une fillette de mon âge et était une "mère à la maison". Elle offrit à ma mère de me garder. Je pris donc le chemin de sa maison tous les jours pendant un an.

Je m'entendais très bien avec la fillette, Nathalie, et nous passions la journée à jouer. Ce furent des moments très plaisants. Sauf pour les après-midis. En fait pour quelques heures des après-midis.

La dame était une adepte de la sieste après le lunch. Mais je me doute, qu'elle avait aussi besoin d'un petit break ;-). Tous les jours après le repas du midi, elle nous faisait faire une sieste pour une heure ou deux. Évidemment, elle ne nous permettait pas de dormir dans la même chambre, elle savait bien qu'on aurait joué et ri pendant toute la sieste. Et donc, sa fille dormait dans sa propre chambre et moi, je dormais dans la chambre des parents. C'était une grande chambre, avec de grandes fenêtres, avec de grands rideaux blancs.

Elle me faisait donc dormir dans sa chambre et elle fermait la porte. Et alors commençait pour moi, de longues minutes de terreur absolue. Et je n'exagère pas du tout. Je me rappelle très bien de ces moments que je n'ai jamais racontés à personne. J'étais complètement terrorisée toute seule dans le noir, dans une immense chambre inconnue, avec de grands rideaux blancs qui me semblaient voir remuer doucement. Combien de fantômes et de monstres vivaient dans ces rideaux, je ne savais pas, mais je savais que si je fermais les yeux, ils viendraient me... me... je ne savais au juste ce qu'ils me feraient, mais je savais que je ne devais pas fermer les yeux.

Je passais donc une heure, parfois deux, à transpirer sous les couvertes, avec seulement le haut du visage qui dépassait pour toujours observer ces rideaux blancs qui bougeaient... oui, oui, ils bougeaient... je pouvais le jurer. Et quand, la gentille dame ouvrait la porte pour voir si j'avais fini ma sieste, je me levais et je ne disais rien. Je n'ai jamais rien dit. Ni à elle, ni à mon amie. Ni à mes parents. J'avais peur. J'étais terrorisée. Mais je ne le disais pas. En fait, je me souviens avoir demandé une fois de laisser la porte ouverte, mais elle avait dit gentiment que cela m'empêcherait de dormir. Et elle avait fermé la porte.

Je crois que je me souviendrai toujours de ces rideaux blancs et des après-midis de terreur totale qu'ils m'ont procurés.

 

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24 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge de Régine Pernoud

DSC_0601Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Quatrième de couverture

Méprisés pendant des siècles, encensés par les Romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. Godiche ne vient-il pas de gothique ? Féodal ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? Moyenâgeux les vieilleries poussiéreuses ?

Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire émergent enfin - le Moyen Age est mort, vive le Moyen Age !

L'auteur

Régine Pernoud est née en 1909 à Château-Chinon (Nièvre) en Bourgogne. Elle grandit à Marseille au sein d'une famille de 6 enfants. Elle obtient une licence de Lettres à l'Université d'Aix-en-Provence en 1929. Elle poursuit ses études à l'École nationale des chartes. Elle obtient son doctorat de lettres en 1933. Elle devra cependant attendre 14 ans avant d'obtenir un poste lié à ses études. Pendant ses études et avant d'obtenir un poste, elle travaillera comme répétitrice, préceptrice, pernoud1agente de classement de différents fonds d'archives. Elle poursuit également ses études en muséologie à l'École du Louvre pendant cette période et commence ses travaux d'historienne.

Finalement, en 1947, elle est nommée conservateur au musée de Reims. Elle sera ensuite, en 1949, conservateur au musée de l'Histoire de France, puis aux Archives nationales. Elle fondera en 1974 le centre de documentation historique Jeanne d'Arc d'Orléans. Pendant sa carrière d'historienne et médiéviste, elle publiera de nombrexu ouvrages scientifiques mais également de vulgarisation destinés au grand public.

Elle décède le 22 avril 1998 à Paris.

Bibliographie partielle

  • L'Unité française (1944)
  • Lumière au Moyen Âge (1944)
  • Les villes marchandes aux XIVe et XVe, impérialisme et capitalisme au Moyen Âge (1948)
  • Vie et mort de Jeanne d'Arc (1953)
  • Les grandes époques de l'art en Occident(1954)
  • Les Gaulois (1957)
  • Les croisés (1959)
  • Un Chef d'État, Saint Louis de France (1960)
  • Histoire de la bourgeoisie en France (2 vol.) (1960-1962)
  • Les Croisades (1960)
  • Histoire du peuple français (4 tomes) (1961)
  • Croyants et incroyants d'aujourd'hui (1962)
  • Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins (1962)
  • Notre-Dame de Paris (1963)
  • L'Histoire des rois mages : selon l'Évangile de saint Matthieu (1964)
  • La Formation de la France (1966)
  • Aliénor d'Aquitaine (1966)
  • 8 mai 1429, la libération d'Orléans (1969)
  • L'histoire racontée à mes neveux (1969)
  • Jeanne devant les Cauchons (1970)
  • Héloïse et Abélard (1970)
  • Beauté du Moyen Âge (1971)
  • La Reine Blanche (1972)
  • Les Templiers (1974)
  • Pour en finir avec le Moyen Âge (1977)
  • Les Hommes de la Croisade (1977)
  • La femme au temps des cathédrales (1980)
  • Sources de l'art roman (1980)
  • Jeanne d'Arc (1981)
  • Christine de Pisan (1982)
  • Le Tour de France médiéval : l'histoire buissonnière (1982)
  • La Plume et le parchemin (1983)
  • Jeanne et Thérèse (1984)
  • Les Saints au Moyen Âge : la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? (1984)
  • Saint Louis et le crépuscule de la féodalité (1985)
  • Le Moyen Âge pour quoi faire ?(1986)
  • Isambour : la reine captive (1987)
  • Richard Cœur de Lion (1988)
  • Jeanne d'Arc et la guerre de Cent ans (1990)
  • La Femme au temps des croisades (1990)
  • La Vierge et les saints au Moyen Âge (1991)
  • La spiritualité de Jeanne d'Arc (1992)
  • Villa Paradis : souvenirs (1992)
  •  Hildegarde de Bingen : conscience inspirée du XIIe siècle (1994)
  • Réhabilitation de Jeanne d'Arc, reconquête de la France (1995)
  • Les Templiers, chevaliers du Christ (1995)
  • Celui par qui la Gaule devint chrétienne (1996)
  • Jardins de monastères (1996)
  • Martin de Tours (1996)
  • Saint Jérôme : père de la Bible(1996)
  • Jeanne d'Arc, Napoléon : le paradoxe du biographe (1997)
  • Histoire et lumière (1998)
  • Visages de femmes au Moyen Âge (1998)

Résumé

L'ouvrage de Régine Pernoud entend démystifier cette grande période de notre histoire qui est le Moyen Âge. Elle s'attarde plus précisement au Moyen Âge français et aborde dans chacun des chapites un sujet différent: l'art, la place de la femme, la religion, l'éducation, la féodalité, etc.

Ce petit livre tente d'affronter et corriger les nombreuses idées reçues et préjugées sur cette période méconnue. L'auteur nous présente donc un Moyen Âge diversifié, étonnant, et composé en fait de périodes bien différentes.

Commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Dans les actes notariés il est fréquent de voir une femme mariée agir par elle-même, ouvrir par exemple une boutique ou un commerce, et cela sans être obligée de produire une autorisation maritale. Enfin, les rôles de la taille (nous dirions les registres du percepteur), lorsqu'ils nous ont été conservés comme c'est le cas pour Paris à la fin du XIIIe siècle, montrent une foule de femmes exerçant des métiers : maîtresse d'école, médecin, apothicaire, plâtrière, teinturière, copiste, miniaturiste, religieuse, etc.

Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle, par un arrêt du Parlement daté de 1593, que la femme sera écartée explicitement de toute fonction dans l'état." p. 97

Sources à consulter

21 janvier 2011

Les archives de Pauline: Encore un anniversaire

Une mère c'est l'amour, oui c'est l'amour
C'est un roman à chaque jour
Le roman d'un vie
D'un instant ou d'une seconde

[F. Gignac]


21

Comme chaque année
à cette date, je pense à toi.
Je me lève et je te souhaite silencieusement
un joyeux anniversaire.

Puis soeurette appelle
et me dit:
"tu sais que c'est aujourd'hui?"
Je lui réponds toujours
"oui, c'est aujourd'hui".
Et puis papa m'appelle.
Je ne dis rien...
j'attends qu'il en parle s'il le veut.

Habituellement, il parle de tout et de rien
mais juste avant de raccrocher, il le dit:
"elle aurait eu... ans, aujourd'hui"
et je réponds toujours
"oui, et elle n'aurait pas été contente!"

Tu aurais eu 71 ans
et tu aurais rouspété, encore.
Je sais, je sais...
mais je te souhaite tout de même
un joyeux anniversaire maman...

9 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : absence

"Maman, c'est toi
La plus belle du monde
Aucune autre à la ronde n'est plus jolie
Tu as pour moi, avoue que c'est étrange
Le visage d'un ange du paradis
"

Maman1

Encore un autre dimanche.
Encore une autre fête des mères
pour me rappeler que tu n'es plus là.

Mais dans mes moments de tristesse,
dans mes moments d'incertitude,
dans mes moments de peur,
et dans mes moments de grande joie...

Je te dis toujours "maman" dans mon coeur.
Quand je pense à toi, je dis "maman".
Et quand je rêve, je t'appelle "maman".

Alors... où que tu sois aujourd'hui...
Je te dis "bonne fête des mères"
ma petite maman...

"Une mère ne meurt jamais car on l'appelera toujours "maman"."
[André Lévy]

7 avril 2009

Shadow of the Wind

Wind1The Shadow of the Wind / Carlos Ruiz Zafón ; Translated by Lucia Graves. -- [London] : Phoenix, [c2004]. -- 506 p. ; 18 cm. -- ISBN 0-75285-954-4

Titre original : La sombra del viento

Quatrième de couverture

Hidden in the heart of the old city of Barcelona is the "Cemetery of Forgotten Books", a labyrinthine library of obscure and forgotten titles. To the library, a man brings his 10-years-old son, Daniel, one cold morning in 1945. Daniel is allowed to choose one book and from the dusty shelves pulls The Shadow of the Wind by Julian Carax. But as Daniel grows up, several people seem inordinately interested in his find. What begins as a case of literary curiosity turns into a race to find out the truth behind the life and death of Julain Carax and to save those left behind.

L'auteur

Carlos Ruiz Zafón est né en 1964 à Barcelone en Espagne. Il commence à écrire très jeune et à l'âge de 14 ans, il écrit Wind2son premier roman. Il deviendra cependant publicitaire pendant quelques temps. Il quittera cette profession pour se consacrer uniquement à l'écriture. Il publie son premier roman en 1993, El principe de la niebla. Il écrit principalement en castillan. Ses premiers romans sont généralement classés dans la littérature jeunesse.

Il connait un grand succès avec son roman, plus "adulte",  La sombra del viento parut en 2001 et traduit entre autres, en catalan, anglais, français, allemand et italien. Il a reçu de nombreux prix pour plusieurs de ses romans.

Depuis 1993, Ruiz réside à Los Angeles aux États-Unis. Il continue d'écrire, principalement des scénarios.

Bibliographie partielle

  • El principe de la niebla (1993)
  • El palacio de la medianoche (1994)
  • Las luces de septiembre (1995)
  • Marina (1999)
  • La sombra del viento (2001)
  • El juego del ángel (2008)

Résumé

À Barcelone, quelques temps après la guerre civile qui a vivement blessée et marquée l'Espagne, un jeune garçon de 10 ans est amené par son père dans un lieu étrange, le Cimetière des Livres Oubliés. Son père lui dit, que pour sa première visite dans ces lieux oubliés, secrets et sacrés, il doit choisir un livre, un seul, et le ramener avec lui. Daniel choisit un roman d'un auteur qu'il ne connait pas, Julian Carax, La sombra del viento (L'ombre du vent). Il ne se doute pas de l'importance et de la place que vont prendre le roman et l'auteur dans sa propre vie.

Complètement envoûté par le livre, il tente de trouver d'autres oeuvres du même auteur. Mais il ne peut trouver aucun autres romans de Julian Carax et il peine à trouver des renseignement sur cet auteur mystérieux - dont on semble vouloir détruire tous les romans qu'il a écrit. Dans sa quête pour découvrir qui était Julian Carax, il se trouve plongé (lui et ses proches) dans des histoires de plus en plus complexes et étroitement liées au roman qu'il a choisi par hasard et à l'histoire de son pays.

Commentaires personnels et expérience de lecture

Premier roman "pour adultes" de l'auteur, La sombra del viento nous plonge directement dans l'Espagne d'après la Guerre civile. Le roman est sombre, froid, venteux, humide... Un roman presque "gothique"... Un Barcelone vivant mais dur et glacial. Les gens sont brisés, mais tentent de vivre tout de même. Les rues sont remplies de dangers, d'angoisses, mais aussi de promesses et d'espoirs. Le pays se relève tranquillement et tente de revivre et reprendre sa vie quotidienne.

Dans cet Espagne meurtrie, Daniel, petit garçon de 10 ans qui a perdu sa mère, tente de trouver sa place à côté de son père. Dans un lieu mystérieux, il doit choisir un livre et le ramener avec lui. Le livre doit devenir le sien. Et le livre deviendra son obsession. On suit alors Daniel tout au long de sa vie. On le voit vieillir - suivant son obsession pour le livre et son auteur. Sa quête pour découvrir qui était l'auteur devient une quête pour sa propre identité. Il découvre peu à peu qu'il est intimement lié à ce roman et à cet auteur mystérieux. Au travers sa recherche de renseignements, à travers son enquête pour trouver Julain Carz, l'auteur de La sombra del viento, on assiste à la vie de Daniel, on le voit grandir, rire et pleurer. On assiste à sa vie, à la vie de son père et de ses proches. Enquête vaguement policière, le roman est surtout une enquête sur la vie de Daniel. Les personnages prennent beaucoup de place, les décors sont également très vivants, mais servent surtout à mettre en évidence les sentiments des protagonistes. 
 

La sombra del viento fut publié en 2001. L'auteur, d'origine catalane, a choisit d'écrire son roman en castillan et non en catalan. Il fut très critiqué pour ce choix. On critiqua également le fait qu'on ne parle pas de l'interdiction de parler catalan en Catalogne pendant cette période.

Le roman El juego del ángel parut en 2008, est un "prequel" au roman La sombra del viento et se déroule pendant les années 20 et 30.

Diffile d'en dire plus... sans dévoiler l'intrigue. Je dois cependant avouer que le quatrième de couverture m'avait séduit et a ainsi fait de mon début de lecture une déception... car du Cimetière des Livres Oubliés, on ne parle pas beaucoup... Ce n'est qu'un instant (ou deux). Et j'aurais voulu en savoir plus sur ces lieux ! Mais une fois cette déception passée, la vraie histoire - celle de Daniel, son père, Julian... - prend toute sa place et on se laisse emporter docilement dans ces pages sombres et poétiques. Des histoires où enquête policière, littéraire, mystique, initiatique et personnelle s'entremêlent de façon fantastique et vividement réelle !

On est plongé dans une Barcelone d'après-guerre... une Barcelone personnelle... On apprend un peu sur l'histoire, mais surtout sur les émotions liées à l'histoire. J'ai retrouvé des bribes des sentiments racontés par mon père sur cet époque... quelques moments...

Et j'ai retrouvé Barcelone... J'ai lu quelque part, qu'on ne retrouvait pas dans ce roman, la Barcelone qu'on connait, la festive, chaude et agitée... Et bien Barcelone est aussi, froide, pluvieuse etsombre... Barcelone a plusieurs visages et je les ai retrouvés dans ce roman... le côté sauvage, effacé, glacial, brûlant, le visage tourné vers l'avenir mais marqué par le passé... rebelle et soumis... 

Tout le monde en a déjà parlé... quelques avis: Karine, Allie, Sassenach, Charlie Bobine, Grominou, Alain, Yueyin, Joan, So, Sylvie, Louis, Kesalul, et tant d'autres...

Citations

"This is a place of mystery, Daniel, a sanctuary. Every book, every volume you see here, has a soul. The soul of the person who wrote it and of those who read it and lived and dreamed of it. Every time a book changes hands, every time someone runs his eyes down its pages, its spirit grows and strengthens." p. 3-4

Sources

 

8 février 2010

Sur ma peau de Gillian Flynn

gillian2Sur ma peau / Gillian Flynn ; roman traduit de l'anglais par Christine Barbaste. -- [Paris] : Calmann-Lévy, 2008, [c2006]. -- 381 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-253-12070-4. -- (Coll. Livre de Poche : Thriller, 37274)

Titre original: Sharp objects

Quatrième de couverture

La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà l'été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée... Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l'affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap.

Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c'est réveiller de douloureux souvenirs. À l'adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'elle n'a pu exprimer. Son corps n'est qu'un entrelacs de cicatrices...

On retrouve bientôt le cadavres de la fillette. Très vite, Camille comprend qu'elle doit puiser en elle la force d'affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité...

L'auteurGillian1

Gillian Flynn est en 1971 à Kansas City dans le Missouri. Ses parents sont tous deux des professeurs à des collèges communautaires. Son père enseigne le cinéma et sa mère la lecture. Elle étudia à l'Université du Kansas et obtint un diplôme en Études Anglaises et en Journalisme.

Elle travailla pendant deux ans pour un magazine de Californie, Workforce, pour lequel elle écrivit des articles sur les ressources humaines. Elle s'établit ensuite à Chicago où elle complèta une maîtrise en journalisme à l'Université de Northwestern. Elle déménagea ensuite à New York où elle travailla comme critique de cinéma pour le Entertainment Weekly. Son travail lui permit de voyager un peu partout dans le monde. En plus, d'écrire sur le cinéma, elle écrivit également sur la télévision, toujours pour le Entertainment Weekly.

Elle écrit son premier roman en 2006 qui fut un succès. Elle gagna deux Dagger Awards pour "Sharp Objects" et elle ácrit présentement le scénario pour la version cinématographique qui est prévue. Elle publie son deuxième roman en 2009. Elle vit présentement à Chicago avec son conjoint.

Bibliographie

  • Sharp Objects (2006)
  • Dark Places (2009)

Voir le site de l'auteur

Résumé

Une jeune journaliste de Chicago, Camille Preaker, est envoyée dans sa ville natale pour enquêter et écrire sur la disparition d'une petite fille. Il y a quelques mois, une autre petite fille a été retrouvée morte et on parle déjà de meurtre en série. Camille n'est guère enthousiaste à l'idée de revoir les lieux où elle a grandit et où vivent encore sa mère, son beau-père et sa demie-soeur.

Elle se rend néanmoins à Wind Gap, au Missouri, pour tenter d'écrire un article qui satisfera son éditeur en chef - et ami - et qui peut-être la fera connaître comme journaliste. Mais pour cela, elle doit aussi affronter son passé. Un passé qu'elle ne peut oublier et qu'elle a même gravé sur son corps.

Camille ne s'automutile plus mais les mots sont toujours sur son corps. Et elle doit maintenant revoir sa mère, dont elle n'a jamais ressenti l'amour, son beau-père qui semble vivre dans un autre monde, sa demie-soeur qu'elle connaît à peine, et l'ombre de sa soeur, longtemps malade et morte alors que Camille était une jeune adolescente.

Entre des retrouvailles avec une famille qu'elle aimerait oublier ainsi qu'une ville qui semble figée dans le temps, une enquête difficile sur les meurtres de fillettes et une aventure avec le policier en charge de l'enquête, Camille tentera de comprendre son passé et deviner son futur.

Commentaires personnel

Annoncé comme un roman policier, le roman de Gillan Flynn dépasse largement les paramètres du genre. En fait, j'ai cessé assez rapidement de considérer le livre comme un roman policier pour le lire comme un roman psychologique. Une histoire de famille, principalement.

Le roman de Flynn est essentiellement centré sur son personnage principal, la journaliste, Camille Preaker. L'histoire est présentée de son point de vue et elle est complètement impliquée dans l'intrigue. Mais rapidement, on se rend compte que l'intrigue policière n'est qu'un prétexte pour développer des sujets plus difficiles. La résolution des meurtres (oui, je ne crois surprendre beaucoup en disant que la 2e petite fille sera retrouvée, elle aussi, morte et mutilée de la même façon que la 1ère petite fille) n'est pas sans importance et l'enquête est tout de même bien menée.

L'écriture semble efficace, même si la traduction a tout de même quelques lacunes. Cependant, la lecture est agréable. Pour plusieurs lecteurs, le personnage principal leur a semblé sans intérêt. On la qualifie d'égocentrique, froide, vaguement alcoolique, voire même vulgaire. Personnellement, j'ai trouvé le personnage de Camille très crédible. Torturée, marquée, stigmatisée par son enfance, enfantine, imparfaite, incohérente, oui... mais crédible. Très crédible. Le rythme est lent. C'est vrai. On avance tranquillement. Il y a peu de rebondissements, peu de tension... même si je suis restée accrochée jusqu'à la fin.

Le roman donne également une place importante à la ville où ont lieu les meurtres. La ville et ses habitants sont décrits et analysés. Ils font partis de l'intrigue, à titre individuel et comme un tout. On peut être surpris et même choqués de certains comportements des gens de la petite ville. Mais encore une fois, l'ensemble m'a paru très crédible. On peut trouver que les comportements des habitants sont exagérés mais la vie dans une petite ville peut parfois cachée des problèmes, secrets, manipulations et vices aussi troublants - et parfois même plus troublants - que dans les grandes villes. L'horreur et la monstruosité est souvent derrière les rideaux de son voisin pourtant bien "normal". Par ce retour à sa ville natale, le personnage principal doit affronter plus d'un démon. Et accepter certaines révélations dont elle se doutait peut-être depuis toujours.

Le roman ne fut pas pour moi, un mystère. J'ai presque tout deviné - le(s) meurtrier(s) et les raisons des crimes - presque immédiatement. Mais bizarrement, cela ne m'a pas empêcher de dévorer et d'adorer le roman. En oubliant que le livre est sensé être un roman policier, on peut l'apprécier à sa juste valeur. Car l'intrigue principale tourne autour de Camille et sa famille. Principalement sa relation avec sa mère - et ses soeurs. Et sur certains problèmes psychologiques, l'automutilation par exemple, et d'autres que je n'ose pas citer... pour ne pas trop dévoiler l'intrigue.

Flynn semble avoir bien étudié son sujet et a réussi à transmettre toute la tension et la douleur d'une vie écorchée - littéralement - par son enfance et sa famille. Une lecture passionnante et sombre.

L'avis de Kattylou, Brian M. Dunn, Manu, Miss Alfie, Choupynette, Joelle et Ingrid Barnay.

Extraits

"Je me coupe, voyez-vous. Je me taillade la peau, je l'incise. Je la creuse. Je suis un cas très particulier. Je n'agis pas ainsi sans raison : ma peau hurle. Elle est couverte de mots - cuire, bonbon, minou, boucles -, comme si un élève de cours préparatoire avait appris à écrire sur ma chair, avec un canif. " p. 96

" - Parfois, tu laisses kes gens te faire du mal, mais en réalité, c'est toi qui leurs fais mal", m'a rétorqué Amma en sortant une sucette de sa poche. À la cerise. "Tu vois ce que je veux dire? Quand quelqu'un cherche à te bousiller, et que tu le laisses faire, c'est toi qui le bousilles encore plus. Et après, c'est toi qui as le pouvoir. Tant que tu ne perds pas la tête." p. 277

Sources à consulter

27 novembre 2009

Mon paradoxe facebookal

Entendons-nous dès maintenant. Après une première réticence, j'ai cédé et j'ai ouvert, il y a quelques années, un compte Faceb00k. Et j'ai les yeux bien ouverts... je connais tous les mauvais côtés, tous les défauts... je suis sélective dans mes amis (j'ai très peu d'amis, je n'accepte que les gens que je connais et pas tous les gens qui ont partagé ma troisième période en secondaire 2), et je passe un temps fou sur l'aspect condidentialité et sécurité.

FaceBMais je dois avouer que pour moi "Le livre des visages" est un outil essentiel et apprécié. Tous les jours, je partage la vie de mes amis et ma famille. Je suis à Barcelone. Ma soeurette à Montréal. Ma famille au Québec. Mes amis sont à Montréal, à Paris, à Besançon ; au Québec, en France, en Ontario. Ma famille et mes amis sont un peu partout. Avant on s'appelait, on s'écrivait, on "s'emailait", on se "MSNait", on se "skypait"... Mais évidemment, pas nécessairement tous les jours. Les conversations, les messages se composaient des dernières nouvelles. Et on le fait encore, bien sûr. Mais cet outil, ce Faceb00k me permet aujourd'hui de connaître le quotidien, le banal... Les choses que l'on ne prend pas nécessairement le temps de se dire quand on écrit un message, quand on parle au téléphone (au autre plateforme).

Ces choses semblent banales, mais elles font parties de nos vies. Et j'aime savoir que ma soeurette a eu une mauvaise journée au travail mais qu'elle a beaucoup aimé le gâteau que son copain lui a préparé... J'aime savoir que ma cousine vient de s'acheter un nouveau manteau et qu'elle est fatigué d'étudier mais qu'elle a eu un bon résultat à son examen.... J'aime savoir que mon amie a été voir un concert qu'elle a apprécié mais qu'elle a perdu son foulard préféré... Je sais... ce n'est pas important mais j'ai l'impression d'être là près d'eux. Et j'aime bien quand on me répond sur mes propres banalités; j'ai l'impression qu'ils sont là avec moi. Et j'aime partager mes photos et voir celles des autres. Même ma grand-mère va voir mes photos de voyage ! Donc, oui, pour moi, ce FaceB00ky est un merveilleux outil... Et je ne fais pas partie de ceux qui critiquent sans arrêt cette plateforme et l'accusent de tous les maux...

Mais... Mais... Mais...

Il y a tout de même un paradoxe à mon utilisation de cet outil de réseautage. Un aspect inattendu... un côté négatif qui revient de plus en plus et que je n'avais pas prévu. Parmi les gens avec qui je partage des informations, qui sont dans mes "amis", il y a des gens que je connais depuis des années. Des gens que je considère comme de bons copains. J'ai ri avec ces gens, j'ai jasé pendant un bon repas, j'ai été voir des films,... enfin, je m'entendais bien avec eux. Mais depuis que je les côtoie sur ce FaceB00ky, je sais des choses sur eux que j'aurais préféré ne pas savoir. Des choses que je n'avais pas besoin de savoir. Ce n'était pas des amis intimes, seulement des gens que j'aimais bien voir et avec qui j'aimais bien partager. Mais je découvre des aspects que je n'avais jamais perçus et que je n'aurais jamais connus si ce n'était de cet outil. Des pensées stupides, racistes, misogynes, enfantines...

  • Sans ce cher FaceB00ky, je n'aurais pas appris que le nouveau copain d'une amie est souvent vulgaire dans ses commentaires et que malgré ces 42 ans, il agit comme un adolescent de 16 ans... qu'il passe ses journées à surfer sur YouTube à regarder des vidéos idiots (qu'il s'empresse de partager sur FB) et qu'il passe ses soirées à jouer à des jeux de rôle en ligne ! Et pourtant quand je l'ai rencontré, je l'avais trouvé sympathique et intéressant.
  • Sans ce cher FaceB00ky, je n'aurais pas commencé à trouver insupportable cet ami que je connais depuis bientôt 15 ans. S'il se plaint encore une fois de... de... de pas mal tout... avec et sans raison... s'il chiale encore sur sa copine qui le niaise ouvertement mais qu'il continue de fréquenter... je crois que je vais le bannir de ma liste...
  • Sans ce cher FaceB00ky, je n'aurais jamais su qu'une copine que j'aimais bien était intolérante et vaguement homophobe... nous n'avions jamais discuté en profondeur de ces sujets et certaines de ses remarques récentes sur son profil me mettent franchement mal à l'aise...
  • Sans ce cher FaceB00ky, je n'aurais jamais vu des photos vaguement indécentes et franchement ridicules de mon cousin et je n'aurais jamais su que ses parents -mon oncle et ma tante que j'aime beaucoup- n'avaient aucune idée qu'il sortait tous les soirs et qu'il avait eu de mauvais résultats à l'université à cause de ces folles soirées !

Enfin... un tas de choses que j'aurais préféré ne pas savoir... et maintenant que je les connais, je ne sais trop quoi en penser, quoi en faire !!!

Mais je maintiens que j'aime cet outil et que je l'utilise avec joie.. malgré ses côtés parfois un peu moins agréables et imprévus !

25 janvier 2010

Dans les bois de Coben

BoisDans les bois / Harlan Coben ; traduit de l'américain par Roxane Azimi. -- [Paris] : Belfond, c2008. -- 490 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-266-19194-4. -- (Coll. Pocket; no 13988)

Titre original: The Woods

Quatrième de couverture

Été 1985, New Jersey. Paul Copeland est animateur d'un camp de vacances à la lisière des bois. Une nuit, il abandonne quelques heures son poste. Quatre jeunes en profitent pour s'éclipser, dont sa soeur, Camille. On ne les reverra plus. Seuls deux corps seront retrouvés. On attribuera leur mort à un tueur en série qui sévissait dans la région.

Vingt ans plus tard. Paul est devenu procureur. Alors qu'il plaide dans une affaire de viol, il est appelé à identifier un corps. Stupéfait, il reconnaît formellement Gil Perez, un des disparus. Pourquoi les parents de Gil s'obstinent-ils à nier son identité? Et si Gil a été en vie tout ce temps? Bien décidé à faire la lumière sur le drame qui n'a jamais cessé de le ronger, Paul va replonger dans les souvenirs de cette terrible nuit...

L'auteurBois2

Harlan Coben est né dans une famille juive en 1962 à Newark dans le New Jersey aux États-Unis. Il grandit et fréquenta l'école dans la ville de Livingston également dans le New Jersey. Il étudia en Sciences Politiques au Amhers College.

Après ses études, il travailla tout d'abord dans la compagnie de tourisme de son grand-père. Il découvrit cependant rapidement qu'il voulait écrire et publia ses premiers romans au début des années 90. Après quelques thrillers, il décida de développer une série dont le personnage principal deviendrait le point central. Il gagna plusieurs prix pour ses romans et il est le premier auteur à avoir reçu les trois principaux prix pour les oeuvres de suspense: Edgar Award, Shamus Award et Anthony Award. Il écrit aussi parfois de courtes nouvelles pour le New York Times.

Au cours des années, il écrivit à nouveau des romans en dehors de sa fameuse série. Un de ces romans, Tell no one, fut porté à l'écran en 2006 par le directeur Guillaume Canet sous le titre "Ne le dis à personne". Ses livres sont aujourd'hui traduits dans près de 40 langues.

Père de quatre enfants, il vit présentement à Ridgewood avec sa famille.

Bibliographie

  • Play Dead (1990)
  • Miracle Cure (1991)
  • Deal Breaker (1995) (série Myron Bolitar)
  • Drop Shot (1996) (série Myron Bolitar)
  • Fade Away (1996) (série Myron Bolitar)
  • Back Spin (1997) (série Myron Bolitar)
  • One False Move (1997) (série Myron Bolitar)
  • The Final Detail (1999) (série Myron Bolitar)
  • Darkest Fear (2000) (série Myron Bolitar)
  • Tell no one (2001)
  • Gone for Good (2002)
  • No Second Chance (2003)
  • Just One Look (2004)
  • The Innocent (2005)
  • Death Do Us Part (2006)
  • Promise Me (2006) (série Myron Bolitar)
  • The Woods (2007)
  • Hold Tight (2008)
  • Long Lost (2009) (série Myron Bolitar)

Résumé

Un jeune procureur de 38 ans, Paul Copeland, nouvellement veuf et père d'une petite fille, plaide une cause importante qu'il espère lui permettra de commencer une carrière politique. Pendant qu'il travaille sur le procès, deux policiers viennent lui demander d'identifier le corps d'un homme, retrouvé assassiné. Copeland reconnaît immédiatement Gil Perez, disparu il y a 20 ans et considéré mort. Perez avait disparu en même temps que la soeur de Copeland, alors que ce dernier était moniteur dans un camp de vacances. Il y a 20 ans, Copeland avait relâché sa surveillance pour aller retrouver une jeune fille dans les bois. Cette même nuit, quatre des jeunes dont il était responsable s'aventurent en cachette dans ces mêmes bois. Deux sont retrouvés assassinés et deux - dont sa soeur - disparaissent.

Aujourd'hui, Copeland est remis face aux événements qui ont changé sa vie. Se sentant responsable et coupable de cette tragédie qui a détruit sa famille. À l'époque, un tueur en série a été accusé des meurtres, même si sa culpabilité n'a jamais été démontré pour la tragédie de la colonie de vacances. Devant le cadavre de Gil Perez, Copeland ne peut que remettre en question cette culpabilité. Et si sa soeur était aussi vivante ?

Commentaires personnels

On reproche souvent aux livres de Coben de toujours conserver le même genre d'intrigue et de personnages. Comme c'est le premier livre que je lis de l'auteur, je n'ai évidemment pas ce reproche à lui faire. Ma lecture se fit rapidement. elle fut agréable en générale, même si j'ai noté certaines longueurs.

L'auteur réussit à nous intriguer dès le début. Comment Copeland peut reconnaître quelqu'un déclaré mort il y a 20 ans ? Et pourquoi les parents de la victime insistent-ils pour dire que ce n'est pas leur fils ? On se questionne avec Copeland et on le suit au fil des pages dans sa poursuite de la vérité. L'auteur nous offre cependant de longs passages sur le procès que mène Copeland pendant son enquête. Ce procès est intéressant et m'a parfois fait oublier l'intrigue principale. En fait, je trouve que le procès prend même un peu trop de place... on nous donne trop de détails sur celui-ci, mais dans un sens pas assez. C'est-à-dire,que ce procès est si intéressant que j'aurais préféré qu'il soit l'intrigue principale d'un autre roman.

L'intrigue principale est cependant aussi passablement intéressante. Elle met en scène un événement du passé qui petit à petit apparait sous un autre jour. Et qui devient encore plus horrible que le personnage principal ne le soupçonnait. Rien de ce qu'il croyait savoir n'est réel. Jusque dans les dernières pages. Beaucoup de secrets et mensonges... peut-être un peu trop. C'est ce qui a fait que malgré mon intérêt pour le roman, je n'ai pas été complètement emballée par celui-ci. Les personnages sont bien décrits. Le style est direct et facile à suivre. Le personnage principal est intéressant - même s'il m'a paru parfois un brin naïf -, les personnages secondaires bien utilisés. Le suspence est présent et nous porte tout au long du roman. J'ai tout de même trouvé que certains événements frisaient l'invraisemblance et certaines ficelles du genre étaient un peu trop visibles.

En somme, une lecture agréable et rapide. Tout simplement.

L'avis de Laure, La Livrophile, Ingrid Barnay, Homelaet, Deliregirl1, Mpbernet, Excessif, Jean-Claude, Amanda sur Critique Libre, et Hannibal.

Extraits

"J'ai toujours su compartimenter ma vie. Je ne suis pas le seul, mais, sur ce point, je suis imbattable. Je peux créer des univers séparés dans mon propre monde. Gérer un aspect de mon existence sans qu'il interfère avec les autres. Certains, en regardant un film de gangsters, s'étonnent qu'on puisse être aussi violent dans la rue et aussi affectueux et attentionné à la maison. Moi, j'y arrive très bien" p. 56-57

"Il perçait dans sa voix une pointe d'accent de jeune fille de bonne famille qui tranchait sur le décor ambiant. Je me retenais de la détailler trop ouvertement. Elle s'en est aperçue et a souri légèrement. Surtout ne me prenez pas pour un pervers. Ça n'a rien à voir. La beauté féminie me bouleverse. Je ne dois pas être le seul." p. 143

Sources

18 novembre 2009

Qumran

qumranQumran / Eliette Abécassis. -- [Paris] : Ramsay, [c1996]. -- 474 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-253-14363-4. --(Livre de poche, 14363)

Quatrième de couverture


Le vol d'un des précieux manuscrits de la mer Morte, découverts en 1947 dans les grottes de Qumran, précipite Ary, jeune juif religieux, fils d'un archéologue israélien, dans une enquête jalonnée de cadavres. De cadavres crucifiés. Ceux des savants ou des prêtres qui ont eu entre les mains un de ces manuscrits...
Quels terribles secrets renferment-ils donc, pour être toujours en grande partie soustraits, cinquante ans après, à la connaissance du public et des scientifiques ? Les énigmes qui entourent la vie et la mort de Jésus ont-elles donc des enjeux susceptibles de provoquer ces meurtres atroces ?
Avec ce récit érudit et palpitant, dont l'intrigue se joue sur deux mille ans de l'histoire humaine, Eliette Abécassis nous donne - à vingt-sept ans ! - un formidable thriller théologique, que ne renierait sans doute pas Umberto Eco.


L'auteur

Eliette Abécassis est née à Strasbourg en 1969. Originaire du Maroc, sa famille est juive et son enfance est imprégnée de traditions religieuses. Son père Armand Abécassis est d'ailleurs un philosophe judaïque reconnu.

Elle suit d'abord au lycée Henry IV à Paris ses classes préparatoires littéraires qui la mène à l'École Normale Supérieure où ellequmran1 obtient une agrégation en philosophie. Elle publie son premier roman en 1996, Qumran, pour lequel elle fera pendant plus de trois ans de nombreuses recherches, se rendant même en Israël et au États-Unis. Le roman obtient un immense succès et est traduit en 18 langues. En 2002, l'oeuvre sera adapté en bande dessinée.

Elle enseigne ensuite la philosophie à la faculté de Caen et poursuit l'écriture. Elle publie son deuxième roman, L'or et la cendre, l'année suivante. En plus d'écrire des romans Abécassis publie également des essais (Petite métaphysique du meurtre, en 1998 et Le corset invisible, en 2007). Elle écrit aussi des scénarios, dont celui pour le film Kadosh de Amos Gitai, un court métrage, La nuit des noces, écrit en collaboration avec Gérard Brach, un documentaire-fiction, Tel-Aviv, la vie, avec Tiffany Tavernier. Elle devient même actrice pour le film de Radu Mihaileanu, Vas, vis et devient.

En 2000, son roman, La Répudiée, inspiré du scénario de Kadosh, reçoit le Prix des écrivains croyants. Elle écrira également deux suites à Qumran, en 2001, Le Trésor du Temple, et en 2004, La dernière tribu.

Après avoir pendant longtemps privilégié les intrigues métaphysiques, plusieurs de ses prochains romans deviennent plus personnels. Elle traitera des relations familiale, de la maternité, de l'amour,...

Bibliographie partielle

  • Qumran  (1996)
  • L'or et la cendre (1997)
  • Petite métaphysique du meurtre (1998)
  • La répudiée (2000)
  • Le trésor du temple (2001)
  • Mon père (2002)
  • Clandestin (2003)
  • La dernière tribu (2004)
  • Un heureux événement (2005)
  • Le corset invisible (2007)
  • Le livre des passeurs (2007) (avec Armand Abécassis)
  • Mère et fille, un roman (2008)
  • Sépharade (2009)

Commentaires personnels à venir

Extraits

"Vous voulez que je vous dise pourquoi ces rouleaux vont apporter le trouble et le scandale? ârce que non seulement ils donnent une vision du judaïsme de l'époque, mais que cette vision est exhaustive. Si Jésus a existé, il a forcément rencontré, croisé, heurté voire fait partie d'une secte essénienne : or aucun des rouleaux, à ma connaissance, ne parle de lui. Tout au plus parlent-ils d'un Maître de Justice, et rien ne dit que ce Maître de Justice ait été Jésus." p. 165

Sources à consulter

14 mai 2009

Le Monde irrémédiablement désert de Garneau

Le Monde irrémédiablement désert
(Hector de Saint-Denys Garneau, Les Solitudes)

Dans ma main
Le bout cassé de tous les chemins

Quand est-ce qu'on a laissé tomber les amarres
Comment est-ce qu'on a perdu tous les chemins

La distance infranchissable
Ponts rompus
Chemins perdus

Dans le bas du ciel, cent visages

Impossibles à voir
La lumière interrompue d'ici là
Un grand couteau d'ombre
Passe au milieu de mes regards

De ce lieu délié
Quel appel de bras tendus
Se perd dans l'air infranchissable

La mémoire qu'on interroge
A de lourd rideaux aux fenêtres
Pourquoi lui demander rien?
L'ombre des absents est sans voix
Et se confond maintenant avec les murs
De la chambre vide.

Où sont les ponts les chemins les portes
Les paroles ne portent pas
La voix ne porte pas

Vais-je m'élancer sur un fil incertain
Sur un fil imaginaire tendu dans l'ombre
Trouver peut-être les visages tournés
Et me heurter d'un grand coup sourd
Contre l'absence

Les ponts rompus
Chemins coupés
Le commencement de toutes présences
Le premier pas de toute compagnie
Gît cassé dans ma main.


deserertCommentaires personnels

Triste. Vide. Éloignement. Solitude. Abandon. Absence. Une impossibilité de rejoindre la vie qui le fuit. Aucune volonté de la rejoindre mais peur de disparaître. Rejet des autres, mais peur d'être seul. Impossibilité d'être avec les autres, impossibilité d'être seul. Et encore : peur atroce du rejet, mais rejet des autres. Que de tristesse et de contradictions dans ces vers. Un mélange aussi de fragilité et de rage silencieuse.

C'est une impuissance de communiquer que je lis dans ces mots. Incapable de se faire comprendre par les autres, il cherche aussi à se comprendre lui-même. Il semble pourtant abandonner... semble prêt à s'enfermer dans le mutisme et le rejet qui caractérisent les derniers moments de sa vie. Il semble s'enfermer dans un malaise profond d'où il ne peut plus que contempler les brisures de son âme.

On sent également qu'il abandonne. Et qu'il sent que tous ont abandonné. Surpris de cet abandon, qu'il n'a pas vu survenir... il se questionne sur quand c'est produit cet abandon, quand les rêves furent perdus, oubliés... un profond désarroi s'emparre de lui. Il ne sait que faire ; a peur de se qu'il devrait peut-être faire. Et s'il faisait ce qu'il devrait peut-être faire... cela servira-t-il à quelque chose ? cela en vaut-il la peine ? Toute tentative n'est-elle pas voué à l'échec ? On lit un découragement certain, mais aussi un manque de courage - à la limite de la lâcheté. Désarroi, tristesse... mais aussi une sorte d'apitoiement sur soi-même... Et une forte envie de le secouer m'étreint à la lecture de ces vers que je trouve pourtant si beaux. Le secouer, oui, mais surtout de lui parler et de le faire parler... la mort semble lui parler cependant et il semble malheureusement qu'il l'a écouté.

Dans ces vers, il y a un renoncement triste, vaguement cynique, quoique définitivement naïf.

29 août 2009

The Door Through Washington Square

DoorThe Door Through Washington Square / Elaine Bergstrom. -- New York : Ace Books, [c1998]. -- 360 p. ; 17 cm. -- ISBN 0-441-00544-6

Quatrième de couverture

As a child, Dierdre MacCallum remembered her great-grandmother Bridget's house in New York's Washington Square as a magical place - with mahogany walls, antique furniture, and sedate tea parties.

But when Dierdre is summoned to the matriarch's side to settle her affairs, she senses something strange about the house, a feeling triggered by an old set of French doors in the sunroom. She pulls back their heavy curtains, opens them to the sunlight...

And finds a doorway to the past - seventy-two years ago. There Dierdre will meet Grandmum as a young woman. She will find love with Noah, a man destined to die before she was born. And she will find great danger as she uncovers Bridget's darkest secret - her involvement with the infamously sinister Aleister Crowley, whose dabbling in the powers of darkness promise destruction for the MacCallum clan. Now Deirdre must find a way to set things right, and rescue not only her family but her one true love...

L'auteur

Elaine Bergstrom est né en 1946 à Cleveland dans l'Ohio. Elle étudiera le journalisme au College of Journalism of Marquette University à Milwaukee. Elle commence à écrire alors qu'elle est encore étudiante. Mais ce n'est que le milieu des années 80, alors qu'elle travaille comme rédactrice, qu'elle se met vraiment à l'écriture de son premier roman. Elle publie son premier roman, Shattered Glass, mettant en scène une famille de vampire, la famille Austra, en 1989. Ce premier roman est un succès commercial et critique. L'auteur écrira plusieurs autres romans dans la série maintenant connu sous le nom de Austra Family. Door1

Elle utilisera également un pseudonyme, Marie Kirali (nom de sa grand-mère) pour publier d'autres romans, dont Mina, une suite de Dracula. Parallèlement à son travail de romancière, elle est également critique pour la télévision pour le Channel Guide Magazine. Elle donne également des ateliers d'écriture pour les Milwaukee's Redbird Studios ainsi que divers cours sur la rédaction.

Elle vit présentement à Milwaukee dans le Wisconsin où elle continue d'écrire.

Voir le site de l'auteur.

Bibliographie sommaire

  • Shattered Glass (1989) (Série: Austra Family)
  • Blood Alone (1990) (Série: Austra Family)
  • Blood Rites (1991) (Série: Austra Family)
  • Daugther of the Night (1992) (Série: Austra Family)
  • Tapestry of Dark Souls (1993)
  • Mina (1994) (sous le pseudonyme Marie Kirali)
  • Baroness of Blood (1995)
  • Madelaine: After the Fall of Usher (1996) (sous le pseudonyme Marie Kirali)
  • Leanna: Possession of a Woman (1996) (sous le pseudonyme Marie Kirali)
  • The Door Through Washington Square (1998)
  • Blood to Blood: The Dracula Story Continues (2000)
  • Nocturne (2003)

Résumé

Une jeune femme doit se rendre auprès de son arrière-grand-mère, vieille et malade, pour s'occuper de ses affaires et l'accompagner dans ses derniers moments. Dierdre hésite brièvement à accéder aux volontés de sa famille. Sa vie est finalement en place et elle est réticente à quitter son confort. Mais elle ne peut refuser la demande de la vieille femme et part pour New York. Dierdre n'a que de vagues souvenirs de son enfance et de la demeure de son arrière-grand-mère, Bridget, située dans Greenwich Village. Elle s'installe néanmoins dans la grande maison et entreprend de mettre en ordre la demeure et les papiers de Bridget, tout en la visitant régulièrement dans sa maison de repos.

Alors qu'elle nettoie la maison de Greenwich Village, Dierdre commence a vivre d'étranges expériences. En plus, de rêves troublants, elle a l'impression que la maison de son arrière-grand-mère, particulièrement la grande véranda joue avec sa mémoire et sa vision. Elle semble voir des choses qui ne sont pas là... à travers les portes vitrées de la véranda, elle voit un jardin, un chat... des choses et des gens qui semblent d'une autre époque.

Elle finit par questionner des amis de son aïeule et se tournera finalement vers Bridget pour avoir des réponses à ses questions. C'est ainsi qu'elle apprend que Bridget n'est pas celle qu'elle croyait connaître et qu'elle cache un passé lourd de secrets. Des relations de son arrière-grand-mère avec le fameux mage Aleister Crowley, aux conséquences de cette porte qui permet de voyager dans le temps, Dierdre plonge malgré elle dans un engrenage où les rituels magiques sont la principale composantes. Et elle devra essayer de changer le cours du passé pour sauver sa famille et cet homme qu'elle a rencontré dans le jardin, dans les années 20.

Commentaires personnels

The Door Through Washington Square s'est avéré une lecture des plus agréables ! J'avais ce roman, il y a plusieurs années. Je connaissais d'abord l'auteur pour ses romans ayant pour sujet le vampirisme. Shattered Glass, Daughter of the Night, ansi que Mina, demeurent pour moi, parmi les meilleurs romans "vampiriques" que j'ai pu lire au cours des années. J'étais curieurse de lire un roman de Bergstrom ayant un tout autre sujet. Nous plongeons ici avec ce roman dans l'univers de la sorcellerie ou plutôt des arts magickes. Par l'entremise d'une porte vitrée qui permet de voyager dans le temps, nous faisons la rencontre d'Aleister Crowley, l'un des sorciers les plus connus du XIXe et XXe siècles. Par la relation entre l'arrière-grand-mère de Dierdre, Bridget, et Crowley, nous retournons dans le New York des années 20.

L'auteur a très bien étudié son sujet et l'époque. Nous assistons à une brève époque de la vie de Crowley, homme que certains ont suivi avec adoration et que d'autres ont détesté et même craint. Le personnage" de Crowley est très bien mené et on sent que l'auteur s'est renseigné sur l'homme et sur ses croyances. Le personnage le plus intéressant demeure Bridget et tout le roman repose sur sa vie et sa personnalité. L'époque des années 20 est aussi superbement dépeinte. La magie et la sorcellerie sont bien intégrées à l'intrigue et très crédibles. Le côté "fantastique" semble pratiquement inexistant... les rituels effectués et les voyages d'une époque à l'autre semblent presque naturels.

J'ai cependant eu parfois du mal à m'accrocher du personnage de Dierdre et surtout de sa relation amoureuse avec un homme du passé. Le personnage de Dierdre m'a paru faible et pas assez développé. Mais cela ne gâche pas la lecture du roman. L'ensemble demeure solide et bien écrit.

J'ai relu ce roman, il y a quelques jours. Mon inscription au Bloody Swap de Lou m'a donné envie de me replonger tout de suite dans un roman fantastique et - n'ayant pas de romans fantastiques dans ma PAL - j'ai opté pour une relecture de Bergstrom. Et encore une fois, j'ai replongé dans son univers si finement décrit. Et j'ai encore eu envie de passer à travers les portes vitrées pour me retrouver dans ce jardin des années 20.

Extraits

"The animal's clam vanished as soon as its feet touched the floor's new ceramic tile, as if like Dierdre, it suddenly realized that it had wandered into a world where things were not quite right." p. 32

"Aleister has told me that there will be one precise moment in time, a moment that cannot change. He calls it a pivot because it is there that both past and future change. It is coming tonight, and before it does, I must set down my thoughts and my position at this moment exactly. If I do not, he tells me that I will lose my way when past and future shift. So I sit in the center of the circle he drew on the floor of my sunroom, scribbling furiously in shorthand." p.115

Sources

28 octobre 2009

La Fontaine de Vaucluse

Fontaine3Il y a quelques mois, nous avions décidé de prendre la route - encore une fois. Cette fois, nous allions un peu plus loin... en Provence. Nous nous sommes arrêtés à quelques endroits. Dont un lieu qui n'avait droit qu'a, à peine, quelques lignes dans notre guide. Il aurait dû en avoir beaucoup plus !

Nous avions visité quelques villages aux alentours et sur le chemin du retour, il y avait cette fontaine. Bon... je suppose que ce n'est pas vraiment une fontaine; mais c'est son nom: la Fontaine de Vaucluse. Elle se fait discrète dans les guides touristiques mais elle vaut un détour... ce fut une rencontre magnifique et inoubliable.

La Fònt de Vauclusa ou La Font de Vau-Cluso (selon la norme linguistique que l'on choisit) est tout d'abord une commune française, située en Provence. Mais la Fontaine de Vaucluse est aussi une source, une résurgence,  plutôt qu'une fontaine. On la trouve au pied d'une falaise de plus de 230 mètres. On dit que c'est la plus grosse source de France et la cinquième plus grosse au monde. Son écoulement moyen peut ateindre jusqu'à 630 millions de m3 par année ! L'eau provient de l'infiltration dans la montagne des eaux de la pluie et de la neige. Ces eaux viennent en grande partie du Mont Ventoux, du Mont de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la Montagne de Lure. Toute cette eau pénètre la montagne et n'a qu'une seule sortie: la Fontaine de Vaucluse.

À l'origine, l'endroit s'appelait Vallis Clausa qui signifie en latin "vallée close". Et quand on arrive à la fontaine, on ne peut queFontaine1 comprendre le sens de ce nom. Après une longue marche le long d'un cours d'eau qu'on nomme la Sorgue, on arrive à une falaise qui semble la source du cours d'eau. Entourée de falaises vertigineuses, il n'y a aucune issue... la vallée est close.

Et donc, au fond de la vallée close, au pied de la falaise, de l'eau provenant d'un réseau souterrain et qui peut parfois jaillir violemment, est la source de La Sorgue. Le site est connu depuis très longtemps et on retrouve des mentions de la fontaine dès l'Antiquité alors qu'elle fait l'objet d'un culte des eaux et d'offrandes rituelles. La source est habituellement paisible en hiver et en été. L'eau est claire et transparente... d'une couleur turquoise saisissante.

Mais parfois, principalement au printemps et en automne, l'eau monte et prend une couleur rouge. Les habitants de la région y voient un mauvais présage. Lorsque l'eau prend la couleur du sang, on craint des malheurs, la peste, des épidemies, etc. La couleur de l'eau s'explique bien entendu par la présence d'argile rouge qui lorsque l'eau monte dans les réservoirs souterrains teinte la source de Vaucluse.

L'homme a toujours voulu comprendre la fontaine de Vaucluse et très tôt, on tenta de sonder les fonds de la falaise, puis les rivières souterraines. Aujourd'hui, les plongeurs ne peuvent que rarement s'aventurer sous la falaise, mais grâce à des sondes automatisées on a pu calculer en 1985, la profondeur du gouffre a 308 mètres. Mais la source de la fontaine demeure encore mystérieuse et n'a pas encore révélé tous ses secrets.

Depuis toujours, on a décrit la beauté du site. Char, Mistral, Chateaubriand, Pline l'Ancien, Scudéry, Voltaire,... Au Moyen-Âge, Fontaine2au VIe siècle, un ermite du nom de Veran se serait installé près de la Fontaine et y aurait combattu une "couloubre". Cette couleuvre monstrueuse terrorisait la région et vivait près de la Sorgue. Veran la tua et ramena la paix dans la région. Il accomplit de nombreux miracles et devint l'évêque de Cavaillon. Des moines auraient suivi l'exemple de Veran et s'installèrent dans un monastère près de la Fontaine. Pétrarque vécut aussi près de celle-ci au XIVe siècle et mentionne dans ses écrits la Fontaine et le figuier, qui plongeant ses racines dans la Fontaine, semble éternel. 

La Fontaine de Vaucluse nous offre beaucoup d'autres légendes. Une épave s'y trouve à plus de 25 mètres. Elle cacherait aussi, bien entendu, un trésor. On a longtemps cherché à la retrouver. Aujourd'hui, le site est protégé. Mais la découverte en 2001 de plusieurs pièces antiques, en bronze, argent et en or, certaines datant du 1er siècle avant J.-C. permet aux chercheurs de trésor de continuer à rêver.

Lorsqu'on arrive au pied de la falaise et que l'on voit pour la première fois, l'eau turquoise de la Fontaine, on ne peut qu'être envoûter par le charme de l'endroit. On imagine mille fées qui dansent ardemment sur la surface translucide de la Fontaine. Des secrets éternels sont chuchotés à nos oreilles. Une folie profondément paisible nous envahit et nous raconte nos désirs, nos joies et nos peines. La Fontaine nous connait et nous reconnait. Elle a toujours existé et nous rappelle notre immortalité.

Sources à consulter

16 mai 2008

La mer se fâche

Mer2Le week-end dernier, il a finalement plu. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup trop. Des pluies violentes et des vents terribles. Des rivières ont débordé, les arbres furent arrachés... La nature semble appréciée mais la mer s'est fâchée.


Mer1Elle a envahi les plages, les a dépassées par endroits et elle y a laissé quelques souvenirs... principalement des algues, des poissons et des coquillages. Dimanche, nous sommes allés sur notre plage préférée. À une heure de Barcelone, sur la Costa Dorada... loin des plages encombrées et populaires de Barcelone, Casteldelfels et Sitges. La Playa Llarga est toujours plus tranquille, avec une plage large au sable doré et fin.

Ce dimanche, elle avait perdue la moitié de sa plage. La mer enMer3 réclamant une grande partie. Il n'y avait que quelques marcheurs, des algues, des poissons morts, des coquillages perdus, des bateaux boiteux... Et sur le coin où nous étions, une roue d'avion... avec ses coquillages la décorant... Combien de temps a-t-elle dormi au fond de la mer ?

Malheureusement sur la plage de Barcelone, elle a aussi laissé des déchets, des cargaisons, et des souvenirs de poubelles et toilettes de bateaux de la marina... De nombreux employés de la ville et des volontaires travaillent activement à la nettoyer...

24 décembre 2007

Chansons de Noël - Los peces en el río

Chaque année, quelques semaines avant Noël, je sors mon disque de Noël. Des chansons que j’ai assemblées au cours des années. De vieilles chansons que nous écoutions quand j’étais petite et que j’ai retrouvées sur différents disques. Des classiques,Chanson de nouvelles chansons… en français, en anglais, et maintenant en espagnol.

Depuis que je suis en Espagne, j’ai ajouté à ma liste de chansons de Noël, de nouvelles chansons… de nouveaux cantiques… ce qu’on appelle en espagnol, des « Villancicos » ou cantiques de Noël.

Les villancicos sont des chansons simples et joyeuses chantées pendant la période des Fêtes; la plupart consacrées à des thèmes religieux. Les villancicos sont d’Espagne mais sont répandues aujourd’hui jusqu’en Amérique Latine.

Le mot « villancicos » vient de « villanos » nom donné aux habitants de villas – les différenciant ainsi des nobles et des gentilshommes. Et à l’origine servaient à garder la trace de la vie quotidienne des villageois. Plusieurs avaient des thèmes religieux mais étaient surtout des chants profanes. On dit que ces chansons sont dérivées de poésies provenant de Castilla et qui sont apparentées aux « zéjeles », une forme de poésie populaire des musulmans espagnols. On y trouve aussi des influences de musiques italiennes appelés « virelai » et « ballata ». On retrouve le nom de « villancejos » ou encore « villancetes » pour désigner ces poésies de Noël. Ils étaient aussi souvent utilisés pour représenter des scènes de la Nativité dans de petites pièces de théâtre de Noël.

Certains des villancicos sont des traductions de chants anglais, français, allemand ou en latin, mais beaucoup sont d’origines espagnoles. Un des plus vieux chants serait la chanson « Jesus refulsit omnium » du IV siècle. À ces poésies furent intégrés des chants traditionnels grégoriens du Moyen-Âge. À la Renaissance, les chants devinrent plus joyeux et se rapprochent plus des chansons actuelles. Un des chants très connus est « Noche de Paz » (originalement « Stille Nacht, Heilige Nacht » et « Nuit de Paix » en français) écrite par un compositeur autrichien en 1818.

Une chanson espagnole très populaire est « Los peces en el río ». L’auteur en est inconnu mais on reconnaît dans la chanson certaines influences arabes. Elle parle essentiellement de la naissance de Jésus. Elle présente les poissons de la rivière qui sont heureux de la naissance et la Vierge Marie qui vaque à ses occupations quotidiennes. Il existe plusieurs versions de la chanson, de même que plusieurs titres. On la connaît d’ailleurs aussi sous le titre « La Virgen ».

J’ai connu cette chanson pour la première fois chantée par Lhasa de Sela, une artiste américaine-canadienne qui fut élevée à Mexico et aux Etats-Unis et qui vit aujourd’hui à Montréal. Elle chante en français, anglais et en espagnol. J’aime beaucoup sa version du villancico.

Los peces en el río 

La virgen se está peinando
Entre cortina y cortina
Los cabello
s son de oro
Y los peines de plata fina

Pero mira como beben
Los peces en el río
Pero mira como beben
Por ver a dio nacido
Beben y beben
Y vuelven a beber
Los peces en el agua
Por ver a dio nacer
Beben y beben
Y vuelven a beber
Los peces en el agua
Por ver a dio nacer

La virgen va caminando
Y va caminando solita
Y no lleva pa compañía
Que el niño de su manita

Pero mira como beben
Los peces en el río
...

La virgen lleva una rosa
En su divina pechera
Que se la dio San José
Antes que el niño naciera

Pero mira como beben
Los peces en el rio
...

La virgen lava pañales
Y los tiende en el romero
Los pajarillos cantando
Y el romero floreciendo

Pero mira como beben
Los peces en el rio
...

Quelques sites :

 

19 juillet 2007

Ce film que je lis

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4Outsiders1

Introduction :

Il arrive que je lise un livre et que j’apprenne ensuite qu’il a été adapté au cinéma ou qu’il le sera bientôt. Parfois je vois le film. Quand j’ai lu un livre – et que de surcroît je l’ai aimé – c’est toujours avec appréhension que je visionne l’adaptation cinématographique. Je suis souvent déçue ou désappointée… le film n’arrivant pas à rendre le roman. Mais je suis aussi parfois surprise ou enchantée du résultat. Certaines adaptations cinématographiques surpassent même parfois le roman dont ils s’inspirent… parfois… Ou alors, le film devient une œuvre complètement différente du roman.

Et il arrive – plus rarement - que j’ai vu un film avant de lire le roman qui a inspiré l’adaptation cinématographique. Parfois même avant de savoir qu’un roman était à l’origine du film. Et alors, c’est aussi une situation délicate. Surtout si j’ai aimé le film. Est-ce que je dois lire le livre ? Sera-t-il meilleur que le film ? Serais-je finalement déçu du film, même si je l’avais d’abord aimé, parce que finalement, il n’est pas à la hauteur du roman ?

Et donc… j’avais 12 ans quand en 1983, le film « The Outsiders » est sorti au cinéma. Mais ce n’est qu’en 1985 à l’âge de 14 ans que je l’ai vu pour la première fois. Nous étions plusieurs amies un samedi après-midi, et nous avions loué des vidéos. Je me rappelle que c’était la première fois – et ce fut l’unique fois - que nous allions chez cette amie. Pour une raison inconnue, jamais nous allions chez Sophie. Je me souviens cependant très bien de son salon. Nous avions entre autres loué un film avec plusieurs jeunes acteurs que nous connaissions bien – et qu’on trouvait bien séduisants – Rob Lowe, Tom Cruise, Matt Dillon… j’aimais particulièrement Emilio Estevez.

Nous étions environ 6 filles de 14 ans. Et donc, cela rend le visionnement d’un film difficile. On parle, on rit, on grignote, on pousse des cris quand les acteurs apparaissent à l’écran. Mais je me souviens que dès les premières images du film, j’ai arrêté de parler. Mes amies continuaient à rire et parler tout en écoutant distraitement le film… mais moi, j’étais silencieuse. Et je rageais du bruit et du manque d’attention de mes amies. Et je rageais que le film soit en français et non pas dans sa version originale, en anglais.

Et donc, quelques jours plus tard, je suis allée louer à nouveau le film. Seule. Et en anglais. Et je pus regarder tranquillement chaque scène, écouter attentivement chaque mot… et pleurer… les larmes que j’avais retenues quelques jours auparavant… je les ai laissé couler. J’ai reloué le film souvent par la suite… et puis, évidemment j’ai pu voir que le film était une adaptation d’un roman.

J’ai cherché longtemps le roman. Et quand je l’ai finalement acheté, j’ai attendu avant de le lire. J’avais un peu peur qu’il soit très différent du film… que le film ne soit finalement pas aussi bon que le livre… que trop de choses aient été coupées ou alors que des scènes que j’aimais, n’existent pas dans le roman ou qu’elles soient différentes…

Et puis j’ai lu en quelques heures les 156 pages de mon édition. J’ai à nouveau verser quelques larmes – ce qui est rare quand je lis un roman. Il y avait bien quelques scènes qui n’apparaissent pas dans le film… mais dans l’ensemble, les deux œuvres livrent le même texte…

Après toutes ces années, autant le roman que le film me touchent… je ne sais pas combien de fois j’ai pu lire le roman… combien de fois j’ai visionné le film. Le livre est dans ma bibliothèque, vieille édition peu coûteuse et toute jaunie… j’ai également le film en version VHS et je compte le racheter bientôt en DVD – surtout que j’ai su que le réalisateur avait sorti une version complète de son film, encore plus près du livre…

Ce film et ce livre sont très importants pour moi, et je peux en réciter de grands bouts… et malgré tout, je me souviens toujours avec nostalgie de la première fois que j’ai entendu ces mots :

When I stepped out into the bright sunlight from the darkness of the movie house…” suivi par la chanson “Stay Gold”….

Seize upon that moment long ago
One breath away and there you will be
So young and carefree
Again you will see
That place in time...so gold
” …

J’ai encore des frissons chaque fois que le film commence…et j’ai toujours les larmes aux yeux quand je lis les mots de la lettre de Johnny :

I’ve been thinking about it, and that poem, that guy that wrote it, he meant you’re gold when you’re a kid, like green. When you’re a kid everything’s new, dawn. It just when you get used to everything tht it’s day. Like the way you dig sunsets, Pony. That’s gold. Keep it that way, it’s a good way to be. I want you to tell Dally to look at one. He’ll probably think you’re crazy, but ask for me. I don’t think he’s ever really seen a sunset.” p. 154

28 mai 2007

Le Survenant (Suite 1)

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X

survenantRésumé :
Un soir d’automne, pendant le repas, un inconnu frappe à la porte de la famille Beauchemin vivant dans un village québécois nommé Chenal du Moine, tout près de la ville de Sorel. L’inconnu demande à manger et le père de famille Didace Beauchemin, l’invite à joindre sa famille à table. L’étranger, dont on ne connaîtra jamais le nom et que l’on appelle tout simplement, « le Survenant » ou encore « Venant » s’installe donc chez les Beauchemin pour y travailler dans les champs et sur la ferme. La famille, composée du père d’une cinquantaine d’année, veuf, de son fils Amable et de sa bru Alphonsine, accueille cet homme d’environ 30 ans, dans leur logis.

Le Survenant est un homme fort, travaillant, adroit et solide, mais aussi insouciant, beau parleur et légèrement bagarreur et buveur. L’étranger plait immédiatement à Didace mais son fils et sa femme le voit comme un intrus dans leur famille. Il prend peu à peu part à la vie de la famille Beauchemin mais également des voisins et les gens du village. Il se liera particulièrement avec Angélina Desmarais, une « vieille fille » malgré son âge, à cause d’une légère infirmité, qui habite avec son père.

L’étranger, qu’on considère et appelle parfois « Grand-Dieu-des-Routes » transformera la vie des habitants du Chenal du Moine, en particulier la vie des Beauchemin et d’Angelina, qui s’épanouira enfin. Il devient rapidement une personne importante dans la vie de Didace et Angelina. Mais il cause aussi bien des jalousies et commérages. Il représente à la fois la liberté des grands chemins mais également une menace à la vie sédentaire des gens du village.

Le Survenant travaillera pour les Beauchemin pendant une année entière. Il participera à la vie des Beauchemin mais également à celles des gens du village. Participant aux soirées, contant des histoires de ces jours sur la route, buvant avec les hommes, « flirtant » avec les femmes. Le Survenant semble s’adapter petit à petit à la vie sédentaire. Mais bientôt il doit choisir, rester avec le père Didace qui le traite comme son fils adoptif et avec Angélina qui est amoureuse de lui, ou bien répondre à son besoin de liberté et reprendre la route.

Il quittera le Chenal du Moine un autre soir d’automne, à l’improviste, sans avertir, sans dire adieu. Son départ laisse certains tristes, d’autres contents, mais personne indifférent. Il a transformé les gens qu’il a rencontrés.

L’œuvre :

L’édition lue et étudiée dans ce billet est celle de 1968. L’auteur qui avait d’abord publié « Le Survenant » en 1945 avait remis, en 1968, quelques mois avant sa mort, à son éditeur une copie de l’édition de 1966 avec des corrections.

Germaine Guèvremont avait apporté quelques corrections mineures à son texte, principalement de nature linguistique ou stylistique. La trame reste la même, aucun ajout ou retrait de passages. La principale correction est une modification du dénouement. Dans le roman paru en 1945, la fin dévoile un peu l’identité du Survenant et nous donne des éléments de sa vie ancienne. L’auteur décide de changer sa fin et de laisser l’identité du Survenant, un mystère. Le Survenant demeure ainsi un mystère, un personnage mythique.

Ce changement ajoute à l’aspect légendaire, presque irréel du passage du Survenant dans la vie des habitants du Chenal le Moine. Le personnage devient plus grand que nature. C’est un changement d’importance et qui a beaucoup apporté, selon nombres de critiques, à l’œuvre de Guèvremont.

« Le Survenant »  est un pilier de ce qu’on appelle le « roman de la terre » canadien-français. Il marque cependant la fin d’un genre qui est né au 19e siècle. Le roman de la terre « québécois » exalte les bienfaits de la terre par laquelle passe le salut de l’âme. Plusieurs de ces romans, « diabolisent » le coureur des bois, le nomade et les villes. Le roman de Guèvremont reprend les mêmes thèmes, mais les différences sont moins claires. On met encore une fois en évidence l’opposition entre la vie sédentaire et la vie nomade. Mais on voit moins clairement l’opposition bien/mal entre ces deux types de vies. Le roman ne prend pas clairement position et se fait beaucoup moins moralisateur que la plupart des romans de ce genre. Il présente encore un portrait de la vie rurale mais les personnages sont plus complexes et conflictuels.

Le roman québécois changera après la guerre et le roman de la terre s’éteint peu à peu. « Le Survenant » est souvent considéré comme le dernier roman du genre. La guerre, l’industrialisation, la ville, puis la révolution tranquille va transformer les thématiques des romans québécois. Avec la vie en campagne qui décline, les valeurs religieuses et culturelles du genre disparaissent de la littérature de l’époque.

Autant dans le roman, il y a un « avant » et un « après » le Survenant pour les autres personnages, autant il y a un « avant » et un « après » Le Survenant dans le paysage de la littérature québécoise.

Le succès du roman fut immédiat. Les critiques de l’époque sont élogieuses pour ce roman de la terre, écrit par une femme de surcroît. L’histoire est simple et n’est pas en soit original. Mais l’écriture simple et poétique de l’auteur, les descriptions ainsi que la finesse de la psychologie des personnages contribuent à en faire un grand roman.

Roman de la terre, roman régionaliste, «Le Survenant » est surtout un roman de liberté. Adapté à la radio et à la télévision, le roman fut à nouveau adapté pour le cinéma en 2005.

Sources
:

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005839

** Commentaires et réflexions personnelles à suivre...

 

- Commentaires sur l'auteur 
- Le Survenant (suite 2) - Commentaires personnels
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

12 octobre 2007

Des chats et des souris (chauves)

Hier, alors que je revenais du gym (oui, oui, j’essaie d’y aller, de temps en temps… soupirs), j’ai décidé de revenir par le chemin un peu plus long, mais passant près de ce que j’appelle « le coin des chats ». Au lieu de passer par les rues principales, je passe alors par « en arrière », petit champ vacant, rues industrielles, entrepôts en fonction et abandonnés, petit « overpass » par-dessus un chemin de fer (la ligne qui va vers Girona et la France), et… bon enfin, le chemin moins direct.

Tout près de la voie ferrée, il y a un édifice abandonné qui est devenu le refuge des chats errants du voisinage. J’aime beaucoup passer par cet endroit car à certaines heures, les chats s’y multiplient. Surtout au coucher du soleil, alors qu’il fait moins chaud et que quelqu’un – je n’ai jamais vu qui – vient porter eau et nourriture. Ils sont bien nourris ces chats errants.

Chauve_sourisDonc… (ouf, j’y arrive) je prends le chemin le plus long mais le plus intéressant. Nous sommes « entre chien et loup », le soleil presque complètement disparu… j’arrive au terrain vacant – en attente de construction – et là, il y a une « invasion » de chauves-souris !!! C’est la première fois que je vois des chauves-souris à cet endroit. Et pourtant, j’ai souvent passé à cet endroit. De magnifiques petites chauves-souris noires qui virevoltaient au-dessus du champ, venant parfois jusqu’au trottoir. Elles étaient vraiment très belles – j’adore les chauves-souris !

Je continue mon chemin et j’arrive au « coin des chats »… et il y a foule !!! Plusieurs nouveaux chats sont là…Chat1 mais je n’en vois pas certains… la vie est parfois difficile pour ces chats. Deux petits chats noirs identiques se chamaillent avec un siamois. Ces deux chatons noirs doivent avoir pour mère la chatte enceinte que j’avais vu il n’y a pas longtemps. Mais elle, je ne la vois pas. Elle semblait très jeune, probablement sa première portée, je suppose qu’elle n’a pas survécu la pauvre. Mais ses chatons semblent bien se porter. Le gros chat roux est encore là. Toujours sur la première marche de l’édifice. Il semble en pleine forme. Certains me regardent mais la plupart m’ignorent royalement. Le chat multicolore vient se faire flatter comme d’habitude, mais se sauve rapidement.

Rien de très extraordinaire finalement… des chauves-souris et des chats. Mais j’aime faire ces rencontres. Et étant en ville, ce sont habituellement les rencontres animales que je fais… et en plus, cela m’a particulièrement touché en ce temps de l’année… Voilà… c’est tout ;)

16 mai 2007

Longue pause

Beaucoup de textes en préparation... plusieurs lectures en cours... mais ces dernières semaines furent légèrement dingues. Unepause longue préparation pour un congrès d'une semaine à Santiago de Compostella et ensuite quelques inquiétudes. Quelques inquiétudes - assez alarmantes - sur la santé de mon copain...

Et donc, je n'ai pas vraiment pu écrire et griffonner sur mes carnets... longue pause.

Les inquiétudes se sont apaisées pour le moment, encore quelques doutes et craintes... mais pour le moment, on respire.

Et puis le congrès a eu lieu...

De retour... peut-être pas à 100% car je dois avouer une petite lassitude, mais j'ouvre mes cahiers et je me sens prête à gribouiller un peu...

5 novembre 2006

Naked Lunch (1991)

Fiche Technique :Naked_Lunch_Poster_C10126485

Année : 1991
Langue: Anglais
Durée: 115 min.
Pays: Canada / UK / Japan (VOA)
Titre français: Le festin nu

Directeur: David Cronenberg
Producteur: Gabriella Martinelli / Jeremy Thomas
Scénario: David Cronenberg (scenario) – tiré du roman de William S. Burroughs
Cinématographie: Peter Suschitzky
Musique originale: Ornette Coleman / Howard Shore

Distribution: Peter Weller (Bill Lee), Judy Davis (Joan Frost/Joan Lee), Ian Holm (Tom Frost), Julian Sands (Yves Cloquet), Roy Scheider (Doctor Benway), Monique Mercure (Fadela).

Synopsis : 

Inspiré par le livre du même nom de William S. Burroughs ainsi que par des événements de la vie de l’auteur et de ses hallucinations, le film Naked Lunch se déroule à New York dans les années 50. Le personnage central, William Lee, est exterminateur d’insectes sans grandes convictions qui voudrait être écrivain mais qui est incapable d’écrire. Lorsqu’il remarque que sa poudre insecticide disparaît, il découvre que sa femme, désoeuvrée, l’utilise pour se droguer et qu’elle le trompe avec ses amis. Lui-même sous l’effet de la poudre, il tue accidentellement sa femme en lui tirant une balle dans la tête.

Lors de ses hallucinations, Lee croit qu’il est un agent secret, que sa machine à écrire est en réalité un insecte et lui donne des ordres. Il s’enfuit donc à Interzone – peuplé d’insectes géants monstrueux qui le guident - où il écrit sur machine à écrire des rapports sur sa mission et qui deviendra le livre Naked Lunch. Dans ce « pays » qui est en fait un monde interne, il rencontre plusieurs personnages dont un double de sa femme qu’il devra tuer également afin de vivre pleinement son écriture et sa mission.

Commentaires :

Cronenberg a réussi une adaptation complètement hallucinante du livre Naked Lunch en s’inspirant également d’autres œuvres de Burroughs ainsi que d’éléments tirés de sa biographie et de ses visions provoquées par la drogues.

Difficile à suivre, le film offre plusieurs lectures et demande plusieurs visionnements. Les images sont hallucinantes et les visions des insectes-monstres troublantes. De nombreuses images charnelles et sexuelles sont également présentes. Sexualité, homosexualité, liberté charnelle et créatrice, inconscient… thèmes récurrents dans l’œuvre de Cronenberg et Burroughs.

La musique et la photo du film sont enivrantes et épousent parfaitement le texte. Le monde fictif du personnage est très bien transmis par le décor qui est clairement défini dans le film. Nous sommes dans un décor insolite et troublant qui transmet les hallucinations des deux auteurs.

On ne peut réellement « décrire » ou « raconter » ce film. Et on ne peut en détailler toute la complexité et subtilité –et même parfois les images grossièrement évidentes et résolument « anales ». On ne peut essayer d’expliquer toutes les métaphores et réflexions philosophiques. Il faut le voir. Comme c’est généralement le cas dans ce genre de film, on aime ou on déteste !

Prix

Genie Awards (Canada): 1992

Best Motion Picture
Best Director
: David Cronenberg
Best Supporting Actress : Monique Mercure
Best Art Direction : Carol Spier
Best Cinematography : Peter Suschitzky
Best Overall Sound : Peter Maxwell, Brian Day, Don White, David Appleby
Best Sound Editing

Sources :

http://en.wikipedia.org/wiki/Naked_Lunch_%28film%29
http://www.imdb.com/title/tt0102511/

Photohttp://eu.art.com/asp/sp-asp/_/pd--10126485/sp--A/Naked_Lunch.htm

© 2006 Laila Seshat

27 novembre 2006

River’s Edge (1986)

Fiche Technique

Année : 1986riversedge
Langue : Anglais
Durée : 99 min.
Pays
: États-Unis

Directeur : Tim Hunter
Producteur : John Daly, Derek Gibson, Sarah Pillsbury
Scénario
: Neal Jimenez
Cinématographie
: Frederick Elmes
Musique originale
: Jürgen Knieper

Distribution : Crispin Glover (Layne), Keanu Reeves (Matt), Ione Skye (Clarissa), Daniel Roebuck (Samson 'John' Tollet), Dennis Hopper (Feck), Joshua John Miller (Tim)

Synopsis  

Un étudiant d’un high school américain tue sa petite amie et laisse le corps près d’une rivière non loin de sa ville. Il annonce le meurtre à sa bande d’amis. Le film présente ensuite les réactions – ou absence de réactions- de ses amis suite à cette « annonce ».

Commentaires personnels

Bizarrement, le synopsis de ce film est très court. Et pourtant le film est chargé d’émotion et d’absence d’émotions !!!

Il semble être un fait que ce film, bien que pure fiction, est tout de même inspiré d’un fait réel qui s’est déroulé dans les années 80 dans une ville de Californie. Un adolescent aurait véritablement tué – et possiblement violé- sa petite amie puis laissé le corps sur les lieux. Il aurait ensuite amené quelques amis voir le corps. Le crime – malgré le nombre de gens qui auraient été « voir » le corps – n’aurait pas été dévoilé. Plusieurs jours auraient passé avant que quelqu’un ait finalement appelé la police.

Le film reprend cette idée. Un groupe d’amis. Les années 80. Mais cela aurait pu être n’importe quelle époque… Un adolescent tue sa petite amie. Sans aucune raison, à part le fait qu’elle lui « répondait ». Il ne semble avoir aucune émotion face à son crime. Il quitte les lieux et va tout simplement le raconter à ses amis. Sans émotion. Sans remord. Cette absence d’émotion est particulièrement bien rendue par l’acteur. Cela en est même très troublant. Il n’y a aucune conscience de cette action… une certaine banalité dans cette action. Il l’a tué et c’est tout. Rien de dramatique ! Et c’est ce qui est si dramatique.

La réaction de ses amis l’est encore plus.  Ou plutôt, l’absence d’émotions de ses amis et ensuite de toute l’école à l’annonce de cette mort. Les jeunes suivent leur ami, « John » pour voir le corps. Tout d’abord, parce qu’ils ne le croient pas. À la vue de leur amie, morte, nue, sur l’herbe près de la rivière… ils semblent à peine troublés. Ils quittent un à un… sans vraiment avoir l’intention de faire quelque chose.

Il n’y a que Layne qui devient complètement obsédé avec l’idée de protéger John… de cacher le crime. Une amie est morte, et bien protégeons celui qui l’a tuée car c’est aussi un ami et il avait probablement ses raisons ! Voici l’idée de Layne.

La performance de Crispin Glover qui joue le personnage de Layne est excellente. Mais également celles des autres personnages. Par leur apathie, par leur questionnement et par leur absence de questionnement.

Ces jeunes sont apathiques, sans buts, sans objectifs, sans volonté de faire quoi que ce soit… la violence est présente mais tellement banaliser que cela en est non seulement troublant mais compréhensible.

Le personnage le plus « conscient » de cette apathie et finalement « folie » est le personnage de Dennis Hopper qui semble complètement « fou » mais qui est le seul à avoir des remords… Cette critique sur l’absence d’émotions ou sur l’insensibilisation de la société est réellement troublante. Car finalement même si nous pouvons nous scandaliser sur les réactions de ces gens… nous nous questionnons sur nos propres réactions face aux événements dans le monde.

Sources:

http://en.wikipedia.org/wiki/River's_Edge
http://www.imdb.com/title/tt0091860/

http://rogerebert.suntimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/19870529/REVIEWS/705290301/1023

© 2006 Laila Seshat

3 août 2008

Misère...

Il y a quelques temps, on m'a suggérée une lecture. Je ne connais pas cette personne personnellement, uniquement à travers nos carnets respectifs. Cependant, j'ai beaucoup de respect pour ses opinions, ses créations et ses pensées. Et donc, aussitôt que j'ai pu trouver une librairie avec des livres en français, j'ai cherché un livre de l'auteur suggéré.

Cercle1Il y en avait plusieurs. J’avais fait quelques recherches avant d’aller à la librairie. Histoire de me familiariser avec l’auteur, mais pas trop, pour ne pas gâcher la lecture. J’ai tout de même compris qu’il y avait un personnage qui revenait dans plusieurs des livres, donc, j’ai choisi le premier roman qui mettait en vedette le personnage du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg.

Et donc la lecture du roman « L’homme aux cercles bleus » de Fred Vargas commença… tranquillement. Tranquillement. Très tranquillement. Je dois avouer que ma lecture fut difficile. Dès le début, je n’ai pas aimé les personnages. Et bien que j’ai appris à aimer – et que je dois dire que c’est le seul personnage que j’ai pu supporter – l’inspecteur Adrien Danglard, le personnage principal, le commissaire Adamsberg, m’a énervée du début à la fin. Son attitude, ses manies, ses lubies m’ont semblées inintéressantes et surtout exagérées. Et les personnages secondaires… incroyablement irritants… incroyablement agaçants dans leurs manies et complètement énervants dans leurs personnalités fantaisistes. L’histoire me semblait sans intérêt ou plutôt ce qui me semblait intéressant ne semblait pas important… on oublia même d’expliquer la fameuse phrase…

J’ai peiné à lire le roman… et quand finalement j’ai eu un soupçon d’intérêt, le tout s’est conclu très rapidement et en laissant un paquet de questions non répondues. Mais le plus difficile pour moi, fut de ne pas plonger et me perdre complètement dans cette histoire. J’avais beaucoup d’espoir pour cet auteur et j’avais très hâte de faire cette première lecture.

Complètement déçue de cette lecture, c’est les larmes aux yeux que j’ai fermé le livre. Bon j’exagère un peu… mais j’attendais tellement de cette lecture. Et je n’ai pas du tout accroché. Puis, j’ai fait quelques recherches… tant qu’à avoir lu le roman, j’allais faire quelques recherches. Et puis je me suis rendue compte que, bien que beaucoup de gens ont adoré ce roman de Vargas, beaucoup ne l’ont pas du tout aimé… et parmi ceux qui n’ont pas aimé leur lecture, il y avait même des fans de Vargas. J’ai même pu lire à plusieurs reprises des fans dire de ne pas commencer une lecture des oeuvres de Vargas avec ce roman.

Et donc, j’ai à nouveau espoir… et je vais me procurer d’autres romans de Vargas. Quelques titres me semblent prometteurs. Et on verra bien ! Je n’abandonne pas ainsi… on m’a dit que ces romans en valaient la peine… et je le crois encore.

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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