31 octobre 2013

Une journée de frayeur

"Halloween! Halloween! Halloween! Halloween!
In this town we call home
Everyone hail to the pumpkin song"

 

002

Il est venu le temps de se déguiser, de se transformer...

Il est là le moment de laisser ses peurs s'exorciser et nous ensorceler.

Laissons les citrouilles contrôler nos rêves.

Joyeuses Halloween à tous !!!

 

 

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27 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : sac d'os

001"Fantômes : Signe extérieur évident, d'une frayeur interne." [Ambrose Bierce]

Un "bag of bones" et des fantômes illuminés. Voilà ce qui manquait au décor. Et voilà qui complète la décoration. Un "bag of bones", "bag of bones", "bag of bones", c'est comme un litanie. C'est plus horrifiant et chantant que "sac d'os".

Je ne peux m'empêcher de le répéter dans ma tête. C'est une obsession. Je place chaque os avec soin. Et puis je les entoure d'une ribambelle de fantômes. Les fantômes éclaireront les os. Toujours en répétant "bag of bones", "bag of bones", "bag of bones". C'est une obsession, je dis.

Je suis bien fière de mes ossements et de mes fantômes. Ils seront effrayant pour les enfants qui viendront chercher des bonbons. "Bag of bones", "bag of bones", "bag of bones".

Je vais me coucher. Les fantômes encore illuminés. Ils s'éteindront plus tard... le minuteur est bien programmé. Je m'endors doucement. Mes rêves sont remplis de brouillard. Des lumières envahissent le brouillard. Des lumières blanches qui dansent parmi des ossements. C'est une danse macabre euphorique. C'est artistique et horrifique. J'essaie de les chasser, mais je leur ai donné une vie, je dois les accepter. Je les rejoins donc en chantant joyeusement : "bag of bones", "bag of bones", "bag of bones".

"Les fantasmes sont comme les fantômes : ils n'obsèdent et hantent que celui qui leur donne naissance." [Maxime Chattam]

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20 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : d'os et d'eau fraîche

2013-10-28"Combien de ce que nous sommes est inscrit dans notre chair et nos os, mais caché aux yeux du monde par notre vêture" [Théodore Roszak]

On peut visiter une ville de nombreuses fois et toujours y découvrir de nouvelles choses. C'est ce qui fait qu'une ville est unique et magique.

Mais parfois, on peut être arrogant et dire irrespectueusement qu'on la connait cette ville, que c'est la 6e fois qu'on la visite. Que les musées, on les a fait, que l'Union Square et la Statue de la Liberté, ce n'est pas nécessaire d'y retourner, on connait, mais que bon, on peut bien y retourner encore une fois, juste pour dire.

Et puis, une nouvelle visite est planifiée. Comme on travaille en bibliothèque, on se dit, qu'on va prendre un livre sur la ville, histoire de découvrir de nouveaux restaurants, peut-être. Et puis, au détour d'une page, au détour d'une rue, une découverte.

Il nous appelle dès qu'on approche, cet aimable paquet d'os, reflet de notre vie intérieure. Il nous demande de jeter un coup d'oeil dans la vitrine. Il nous connaît. Étonnement, hésitation, curiosité, on ne peut qu'entrer. Nous ne sommes pas les seuls. Je peux même affirmer que nous ne sommes pas les seuls curieux. Il y a même sûrement plus de voyeurs que d'acheteurs. Mais je suppose que les propriétaires le savent. Comment ne pourrait-il pas y avoir de curieux avec tous ses insectes, animaux naturalisés, squelettes vrais et reproduits, fossiles, reptiles en bocaux et j'en passe. Oh, il y a aussi des bijoux et objets de décorations, mais toujours avec cette touche bien particulière de The Evolution Store.

On ressort de la boutique/musée avec un sentiment d'avoir tout vu... ou presque... On ne peut s'empêcher d'être troublé, de se sentir légèrement indécent d'avoir succombé à cette curiosité morbide et vaguement déçu de n'avoir rien acheté !

En place depuis 1993, à New York,  The Evolution Store continue de présenter et vendre les objets les plus déroutants. 

"Une suite d'os s'accrochant et s'emboîtant bizarrement les uns dans les autres, une suite de vieux ustensiles grançants et cliquetants, voilà ce qu'était un squelette. " [Claude Simon]

 

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15 octobre 2013

L'invitation de Pairolí

DSC_4225L'invitation / Miquel Pairolí ; traduit du catalan par Anne Charlon. --[Paris] : Éditions Autrement, [c 2011]. -- 166 p. ; 19 cm. -- ISBN 978-2-7467-1531-8. -- (Coll. Littératures - tinta blava ; créée et dirigée par Llibert Tarragó)

Quatrième de couverture

Nous sommes en 1939. Pour sauver leur fils condamné à mort par les franquistes, M. et Mme Forest sont prêts à tout. D'abord intrigués par l'invitation à dîner du commissaire Carpentier, ils décident de saisir leur chance.

Récital d'opéra, domestiques impassibles, conversations saugrenues : les Forest sont désarçonnés. Vont-ils enfin pouvoir parler de leur fils ? Sans compter cette interminable succession de mets au goût férocement épicé...

L'auteur

Miquel Pairolí i Sarrà est né en 1955 à Quart dans la province de Girona (Gérone) en Espagne. Ses parents sont des agriculteurs. Il fait ses études primaires et secondaires à Gérone. Dans les années '70, il étudie en langue et littérature hispanique (philologie hispanique) en se concentrant sur l'aspect catalan, d'abord au collège universitaire de Gérone puis à l'université autonome de Barcelone. En 1976, il commence à travailler comme journaliste et

mp1collabore à la revue Presència. Les années suivantes, il écrit dans les pages littéraires de Avui et puis dans Punt Diairi. Après son service militaire, il continue dans la voie journalistique mais donne également des cours de catalan aux adultes.

Ce n'est qu'à partir de 1987, qu'il se consacre au journalisme ainsi qu'à son oeuvre littéraire. Il écrit plusieurs romans, ainsi que des essais, des biographies, une pièce pour le théâtre et un scénario pour la télévision. Il fait également quelques traductions. Son oeuvre a été primée à quelques reprises, notamment son roman Cera.

Il décède le le 6 juillet 2011 à Salt, tout près de Girona.

Le site de l'auteur en catalan.

Bibliographie sommaire (romans)

  • El camp de l'Ombra (1995)
  • El convit (1998) (L'invitation, 2001)
  • El manuscrit de Virgili (2004)
  • Cera (2008)

Bibliographie complète sur le site de l'auteur.

Commentaires personnels

L'invitation de Miquel Pairolí est un roman qui m'a beaucoup troublé. Je l'ai lu d'un seul souffle et même si j'avais partiellement deviné la fin, j'ai tourné la dernière page en tremblant. Comment un roman si bref pouvait-il contenir tant de cruauté sans pourtant en dire beaucoup ?

L'histoire est simple en somme. L'auteur nous raconte l'histoire d'un repas. Un repas rempli d'ambiguïtés, de sous-entendus, de menaces, mais surtout de haine et mépris. Tout le roman se passe en huis clos lors de ce repas. Enfin, sauf une première scène qui nous présente l'exécution d'un prisonnier de guerre.

Nous sommes en Espagne, plus précisément en Catalogne en 1939. La Guerre Civile est officiellement terminée et Franco a gagné. La guerre fut difficile partout. Les franquistes sont au pouvoir et exercent une impitoyable répression. Les émotions sont à fleur de peau. Ceux qui ont gagné, ceux qui ont perdu. La haine, la rancune, la soif de vengeance, le désir de régler de vieux comptes. Certains ont maintenant un nouveau pouvoir qu'ils comptent bien exercer. Il leur est possible de faire payer d'anciennes humiliations, de se venger des affronts dont on ne se souvient même pas, dont on n'est même pas conscients avoir faits.

Le fils adoptif des Forest a été arrêté et emprisonné. C'est un rebelle et il est condamné à mort. Il sera exécuté. Dans un dernier effort pour le sauver, les Forest demande l'aide du nouveau commissaire de police, Carpentier. Devant leur supplication, Carpentier, étrangement, leur envoie une invitation pour un dîner chez lui. Pourquoi les inviter chez lui ? On s'interroge sur ses motivations dès le début. Il aurait pu les rencontrer à son bureau ou même rendre sa décision sans même les rencontrer... On se doute donc qu'il a ses propres motivations. Et on sent déjà la malveillance dans cette invitation.

Le texte nous présente tout d'abord la famille Carpentier. Nous les voyons attendre l'arrivée des Forest. Je ne peux que souligner le texte de Pairolí qui est tout en subtilité mais qui nous enveloppe totalement dans un brouillard malsain. Puis les Forest arrivent et le repas commence. La façon dont le repas se déroule, les propos futiles et l'arrogance du clan Carpentier, les mouvements des serviteurs, la frustation, l'espoir, le désespoir et le dégoût des Forest... tout est malaise. Un malaise qui commence doucement mais qui devient visqueux. On ne peut que voir un danger se propager, mais bizarrement, on sait que les Forest ne sont pas menacés physiquement. Ce sera pire que ça.

On devine tout de suite que Carpentier veut se venger des Forest et qu'il fera payer cher la vie de leur fils. Cette invitation est remplie de mépris. Mais le mépris appelle le mépris et cette invitation n'est pas innocente. Les invitations qui ne furent jamais faites sont aujourd'hui payées. Et le repas ne pourra jamais être digéré. Et j'en dis trop.

Les personnages principaux sont beaucoup plus complexes qu'on ne le croit. Et chaque parole, chaque action, et surtout chaque description est nécessaire et horrible. Les apparences sont parfois trompeuses, les épices cachant la vérité.

Miquel Pairolí est un artiste, il excelle à masquer l'évidence dans le banal... une chanson, une histoire, une fable, un conte. Comme tout conte, on ne peut que se questionner... a-t-on le droit de punir une injustice et un affront par autant de monstruosité... aussi subtile soit-elle.

Les mots de l'auteur sont efficaces et précis. Il y a tant de brutalité dans les phrases mais jamais de vulgarité. Dans ces quelques pages, on sent toute la rancoeur des nouveaux dirigeants, on sent le ressentiment et l'incompréhension entre les classes sociales... mais on ne peut comprendre les moyens incroyables, extrêmes et immoraux qu'on peut prendre pour se venger d'anciennes injustices. Le roman est tout en malaise et humiliation, chaque parole, chaque geste est chargé intensité.

J'ai l'impression que je ne fais que souligner l'incroyable densité et intensité du texte de Pairolí. Mais je dois aussi dire à quel point les mots de l'auteur sont précis et efficaces. On lit le texte facilement. On se laisse prendre et envelopper par son style et la lourdeur du propos ne touche jamais le texte. Le suspense reste jusqu'à la fin, même si on devine une partie de la réalité de ce repas. Et on sent que la folie n'est jamais loin.

Oh... et si ce n'est pas clair... c'est un coup de coeur total ! C'est un roman incroyablement troublant...

L'avis de Clara

Extraits

"Le rire de Carpentier se fit alors presque insultant, un rire gras, franc, qui dégénéra en une quinte de toux bronchitique. Rubèn était parfois tellement naïf ! [...] -- Ils ne savent rien ? -- Évidemment ! Qu'est-ce que tu t'imagines ? Tu sais, mon petit, cette soirée promet d'être très, très amusante. Je te recommande donc de prendre tout cela comme un jeu. Si tu le fais, tu vas passer un excellent moment, vraiment excellent." p.16-17.

"Forest hésita un instant. Il aurait voulu ériger un monument à la vérité. Dire d'une voix claire, sur un ton cynique, quelques mots bien sentis, se lever et partir. Mais ils ne pouvaient pas, dans leur situation, s'offrir ce plaisir. C'est pourquoi Forest ravala tout ce qu'il aurait voulu dire, comme il avait avalé tous ces plats qui leur avaient été servis, et il ne put que mâchonner une réponse polie, qu'il voulut stricte et brève." p. 96

À consulter

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13 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : hululer

2013-10"Sans remuer ils se tiendront -- Jusqu'à l'heure mélancolique -- Où, poussant le soleil oblique, -- Les ténèbres s'établiront." [Baudelaire]

Il est là. Silencieux. Il attend le moment parfait pour se fondre à la nuit. Il surveille le soleil qui se perd de l'autre côté de l'horizon. Il est vigilant mais il ne m'a pas vu. Je suis triste qu'il ait fait cette erreur. Il doit tout savoir, il devrait tout voir.

J'essaie de rester immobile. Je ne fais pas un son. Mais je sais qu'il ne peut pas ne pas m'entendre même s'il semble ne pas se rendre compte de ma présence.

Car il porte en lui la connaissance de la nuit. Il contrôle les ombres des ténèbres. Il est magique et méthodique. Il est lumière sombre, l'étincelle de l'obscurité. Sans lui, la nuit nous envahit. Sans lui nous serions perdus dans le noir.

Il regarde le soleil mourir. Et lorsque le soleil meurt, il commence à chanter. Il nous dit enfin qu'il est vivant, plein de vie, plein de nuit. Il sait tout, il nous protège de nos peurs, des fausses terreurs que la nuit amène. Il chasse le froid et nous dévoile la beauté du ciel sans étoile, du brouillard envoûtant et la nuit noire et sans lumière.

"Quand le hibou chante, la nuit est silence"[Charles de Leusse]

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06 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : volez, volez....

DSC_0887a"Si les singes savaient s'ennuyer, ils pourraient devenir des hommes" [Johann Wolfgang von Goethe]

Ils sont là-haut... Sur le haut de l'édifice le plus haut et ils s'occupent à comploter. Quand vous ne trouvez plus vos clés, quand le lait a tourné, lorsque le temps semble manquer ou lorsque rien ne semble fonctionner, c'est la faute aux singes volants. Simplement la faute de ces singes qui veulent s'envoler.

Mais c'est une erreur de croire qu'ils sont méchants ces singes volants. C'est la faute de la méchante sorcière de l'Est... elle les a ensorcelés, ils n'y peuvent rien.

Ils sont là-haut... sur le haut de cet édifice sur Main Street... bien loin de Oz. Encore une fois, ils n'ont pas eu le choix. De Oz à Burlington, mes pauvres amis, vous n'avez rien pu dire. Le jour, on les voit, on les pointe du doigt, sur le haut de leur station. On rigole, on cite faussement "fly my pretties, fly"... mais ils s'en moquent. Ils vous laissent croire n'importe quoi, ils vous laissent les juger. Car ils complotent, vous voyez. Ils préparent leur évasion. Et ils savent qu'un jour, ils partiront loin, loin... aux pays des singes volants.

"On apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces" [Proverbe français]

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01 octobre 2013

Et voici octobre

Et revoici octobre qui arrive tout doucementDSC_9651

dans la chaleur trop estivale.

Mais il est enfin là.

 

Mes octobres sont précieux.

Chaque année, je m’enveloppe

de feuilles colorées, de citrouilles,

de vents et de frissons.

 

Et je me remplie de promesses

et d’espoirs…

 

Je veux oublier les journées épuisantes,

les obligations, les listes interminables

de choses à faire…

Je veux lire, me promener sans but, et

surtout écrire, écrire, écrire.

Je veux retrouver le temps qui m’échappe.

Et octobre m’inspire tant…

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