20 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : d'os et d'eau fraîche

2013-10-28"Combien de ce que nous sommes est inscrit dans notre chair et nos os, mais caché aux yeux du monde par notre vêture" [Théodore Roszak]

On peut visiter une ville de nombreuses fois et toujours y découvrir de nouvelles choses. C'est ce qui fait qu'une ville est unique et magique.

Mais parfois, on peut être arrogant et dire irrespectueusement qu'on la connait cette ville, que c'est la 6e fois qu'on la visite. Que les musées, on les a fait, que l'Union Square et la Statue de la Liberté, ce n'est pas nécessaire d'y retourner, on connait, mais que bon, on peut bien y retourner encore une fois, juste pour dire.

Et puis, une nouvelle visite est planifiée. Comme on travaille en bibliothèque, on se dit, qu'on va prendre un livre sur la ville, histoire de découvrir de nouveaux restaurants, peut-être. Et puis, au détour d'une page, au détour d'une rue, une découverte.

Il nous appelle dès qu'on approche, cet aimable paquet d'os, reflet de notre vie intérieure. Il nous demande de jeter un coup d'oeil dans la vitrine. Il nous connaît. Étonnement, hésitation, curiosité, on ne peut qu'entrer. Nous ne sommes pas les seuls. Je peux même affirmer que nous ne sommes pas les seuls curieux. Il y a même sûrement plus de voyeurs que d'acheteurs. Mais je suppose que les propriétaires le savent. Comment ne pourrait-il pas y avoir de curieux avec tous ses insectes, animaux naturalisés, squelettes vrais et reproduits, fossiles, reptiles en bocaux et j'en passe. Oh, il y a aussi des bijoux et objets de décorations, mais toujours avec cette touche bien particulière de The Evolution Store.

On ressort de la boutique/musée avec un sentiment d'avoir tout vu... ou presque... On ne peut s'empêcher d'être troublé, de se sentir légèrement indécent d'avoir succombé à cette curiosité morbide et vaguement déçu de n'avoir rien acheté !

En place depuis 1993, à New York,  The Evolution Store continue de présenter et vendre les objets les plus déroutants. 

"Une suite d'os s'accrochant et s'emboîtant bizarrement les uns dans les autres, une suite de vieux ustensiles grançants et cliquetants, voilà ce qu'était un squelette. " [Claude Simon]

 

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02 septembre 2012

Moment captif d'un dimanche : bric-à-brac

Magasingeneral"Je voudrais travailler dans un magasin de rêve où l'on ne vendrait que des choses imaginaires" [Pierre Dac]

"Bonjour ! J'aurais besoin de clous et d'un tournevis. Je prendrais également 1 kilo de patates, 1 kilo de farine, des pommes et un peu de lait. Je vais également prendre cette petite veste. L'automne arrive et je vais avoir besoin d'une petite laine. Et avez-vous reçu les verres que je vous avais commandés ?"

"Non, ma petite dame. Ils doivent arriver de la grande ville bientôt."

"Et comment va votre petite ? Elle m'a semblé un peu pâlote. Elle serait pas malade, toujours?"

"Elle traînasse un mauvais rhume, mais elle va mieux."

"Avez-vous su pour les voisins ? Leur fils va se marier avec une étrangère !"

"On aura tout vu ! Bon, sera tout ? Vous payez tout de suite ou vous voulez le marquer ?"

"Je vais le faire marquer, mon mari passera quand il reviendra de bûcher dans le Nord."

 

"Parfait, merci bien et à la revoyure !" Et pour vous mademoiselle, ce sera quoi ?"

Je prendrais une dose de souvenirs, quelques rêves doux, quelques grammes d'un passé que je n'ai pas connu, un songe d'une nuit d'été, et si vous aviez une réserve d'imagination, je la prendrais bien pour les jours tristes. Merci beaucoup.

"Quand je veux noyer mon chagrin - Je vais me perdre chez Eaton - On voit jamais pleurer personne - Sur le comptoir des magasins" [Clémence Desrochers]

 

 

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