LastDays1

Last days / Adam Nevill. – New York : St. Martin’s Griffin, c2012. – viii, 530 p. ; 21 cm. – ISBN 978-1-250-01818-2

Quatrième de couverture

When guerrilla documentary maker, Kyle Freeman, is asked to shoot a film on the notorious cult known as the Temple of the Last Days, it appears his prayers have been answered. The cult became a worldwide phenomenon in 1975 when there was a massacre including the death of its infamous leader, Sister Katherine. Kyle's brief is to explore the paranormal myths surrounding an organization that became a testament to paranoia, murderous rage, and occult rituals. The shoot's locations take him to the cult's first temple in London, an abandoned farm in France, and a derelict copper mine in the Arizonan desert where The Temple of the Last Days met its bloody end. But when he interviews those involved in the case, those who haven't broken silence in decades, a series of uncanny events plague the shoots. Troubling out-of-body experiences, nocturnal visitations, the sudden demise of their interviewees and the discovery of ghastly artifacts in their room make Kyle question what exactly it is thecult managed to awaken âe" and what is its interest in him?

L’auteur

Adam L. G. Nevill est né en 1969 à Birmingham en Angleterre. Il a vécu en Angleterre et enLastDays2 Nouvelle Zélande. Ces romans ont reçu de nombreux prix.

Bibliographie partielle

  • Banquet for the Damned (2004)
  • Apartment 16 (2010)
  • The Ritual (2011)
  • Last Days (2012)
  • House of Small Shadows (2013)
  • No One Gets Out Alive (2014)
  • Lost Girl (2015)
  • Under a Watchful Eye (2017)

Site web de l'auteur, sa page Facebook, son compte Twitter

Mes commentaires

Hourra ! Quelle lecture parfaite. Finalement, j'ai eu entre les mains un roman fantastique, un roman d'horreur bien construit, cohérent et qui m'a donné quelques frissons. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas autant aimé un roman fantastique.

C'est une histoire classique mais également très moderne. On reprend tous les codes du genre à la sauce d'aujourd'hui. Et l'ensemble est encore une fois très visuel. L'horreur est d'abord à peine perceptible, on la devine petit à petit, on la découvre en même temps que le personnage principal. Et on doute d'abord avec lui, on ne veut pas y croire. Puis, la tension monte de plus en plus pour devenir insoutenable, on sent la peur se transformer en terreur. Jusqu'à la scène finale.

C'est un roman parfaitement construit. Les phénomènes paranormaux, surnaturels sont encadrés d'une histoire bien ancrée dans le réel, dans la vie de tous les jours. Car bien que les personnages sont des habitués des reportages étranges, ils sont pragmatiques, rationnels et terre à terre. Ont des problèmes banaux et normaux.

Mais je n'ai encore rien dit de l'histoire.

Alors, Kyle Freeman est un réalisateur de films indépendants qui touchent des sujets non conventionnels. Il travaille principalement avec son collègue, caméraman et ami Dan. Alors que Kyle est un peu au bord de la faillite, il se fait offrir de réaliser un documentaire sur une secte des années '70, nommée Temple of the Last Days, et ayant pour gourou, une certaine Sister Katherine. En 1975, la secte a connu une fin horrible et sanglante dans un ranch en Arizona.

Kyle accepte ce projet même si rapidement il sent qu'il n'a pas vraiment le contrôle sur son film. Le producteur qui lui a commandé le film lui impose les entrevues - avec d'anciens membres de la secte et lui dicte ce qu'ils doivent faire et ne pas faire. Alors que Kyle et Dan se déplacent de l'Angleterre à la France puis aux États-Unis à la rencontre d'anciens membres et dans les traces de la secte, Kyle commence à vivre des événements d'abord étranges puis de plus en plus dérangeant et inquiétant. Il doute d'abord, essaie de trouver des explications rationnelles, mais plus les jours passent, plus la peur l'envahit. Et plus il enquête sur la secte et sur Soeur Katherine, plus il sait que le rationnel n'a plus sa place dans sa vie.

Le roman culminera dans les lieux qui ont vu le massacre des derniers membres de la secte et qui sera le témoin encore une fois d'un cauchemar terrible. Mais il ne faut pas croire que le texte est lourd, violent ou excessivement sanguinaire. Oui, il y a du sang. Mais l'horreur est amenée doucement, tranquillement, sournoisement subtilement dans le texte. Mais une fois qu'elle est en place, elle est omniprésente, on la sent dans chaque page. Même lorsqu'elle est absente, on l'attend et on l'anticipe. L'auteur nous mène par le bout du nez dans son texte et on le suit. Il maîtrise parfaitement le genre. On a l'impression de vivre avec Kyle sa descente dans l'enfer de la secte, de la folie, du paranormal et du mal.

Mais le roman va au-delà du paranormal, du suspense et de l'horreur. On aborde les sujets de la fascination pour le mal, la mort, l'horreur ainsi que le désir de la reconnaissance médiatique, le besoin narcissique d'être connu et reconnu, d'avoir du pouvoir et de garder ce pouvoir. Et finalement le besoin et désir d'être éternel et de laisser sa trace.

Nevill garde le rythme tout au long du roman et la fin est parfaite - bien qu'elle m'ait tout de même surprise. Bon, on peut lui faire quelques reproches, une certaine reprise facile des thèmes, quelques longueurs... Mais je n'en ai pas envie. Pour moi, ce fut un roman d'horreur tout simplement parfait !

Les mots de l’auteur

Relief sang to him. The dream, a nightmare, faded like a dim and incorrectly remembered photograph. That’s all it was and nothing more. The figures upon the walls of the temple, Gabriel’s terrible accident, half a bottle of spirits, exhaustion, an unfamiliar bed in a pitch-black room, Dan’s snoring, another country, another word... Too much, too much. That’s why he’d had a nightmare.” P.169

« My point, my dear boys, is that there is something demoniac in human nature that we are unable to stop revering Unable to stop ourselves serving. This is our greatest tragedy. A tragedy because it is universal, and it is timeless as all true tragedies are. “ pp.464-465

Pour en savoir un peu plus…