03 février 2016

La vallée du renard de Charlotte Link

ValleRenard01La vallée du renard / Charlotte Link ; traduit de l’allemand par Catherine Barret. – [Paris] : Presses de la Cité, 2014. – 462 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-258-10536-2

Quatrième de couverture

Il avait tout prévu. Tout, sauf la prison.

Un parking perdu en pleine campagne, par un après-midi ensoleillé d'août. Vanessa Willard attend son mari. Perdue dans ses pensées, elle ne remarque pas tout de suite la fourgonnette qui s'approche. Lorsque l'inquiétude s'empare d'elle, il est déjà trop tard. Un homme surgit, la maîtrise, la bâillonne et l'enlève. Enfermée dans une malle, elle est cachée au fond d'une caverne, avec de l'eau et de la nourriture pour une semaine. Mais avant d'avoir pu demander une rançon à sa famille, Ryan Lee, son ravisseur, est arrêté pour un autre délit.

Près de trois ans plus tard, Ryan sort de prison, la conscience lourde. Qu'est-il arrivé à sa victime? A-t-elle pu s'échapper ou est-elle toujours dans la grotte, réduite à l'état de cadavre? Alors que ces questions le hantent, l'histoire semble se répéter: une femme de l'entourage de Vanessa disparaît exactement dans les mêmes conditions...

 L’auteur

Charlotte Link est née en Allemagne à Francfort (Frankfurt am Main) en 1963. Elle commence à écrire très tôt et publie son premier roman à 19 ans. Elle écrit des livres pour enfants, des romans et nouvelles pour adultes. Elle écrit aussi pour de nombreux magazines et journaux. En 2007, elle reçoit le prix Goldene Feder pour son œuvre.

Biographie plus complète sur le site allemand de Wikipedia

Bibliographie sommaireValleRenard02

  • Cromwells Traum oder Die schöne Helena (La belle Hélène) (1985)
  • Wenn die Liebe nicht endet (Les Trois Vies de Margareta) (1986)
  • Sturmzeit (Le Temps des orages)(1989)
  • Schattenspiel (1991)
  • Wilde Lupinen (Les Lupins sauvages) (1992)
  • Die Stunde der Erben (L’heure de l’héritage) (1994)
  • Die Sünde der Engel (Le Péché des anges) (1995)
  • Das Haus der Scwestern (1997)
  • Der Verehrer (Le Soupirant) (1998)
  • Das Haus der Schwestern (La Maison des sœurs) (1999)
  • Die Rosenzüchterin (Les Roses de Guernesey) (2000)
  • Die Täuschung (Illusions mortelles) (2002)
  • Am Ende des Schweigens (Le Sceau du secret) (2003)
  • Der fremde Gast (L'Invité de la dernière heure) (2005)
  • Das Echo der Schuld (Le Poids du passé) (2006)
  • Die letzte Spur (La Dernière trace) (2008)
  • Das Andere Kind (L'Enfant de personne) (2009)
  • Der Beobachter (Une femme surveillée) (2011)
  • Im Tal des Fuchses (La Vallée du renard) (2012)
  • Die Betrogene (2015)

Bibliographie plus complète ici (en allemand)

Mes commentaires

Dire que je suis partagée dans mon avis est peu dire. J'écris rarement une critique immédiatement après avoir lu un roman. Mais je prépare mon texte : quatrième de couverture, auteur, mots de l'auteur, recherche, images... Tout est prêt. Il ne reste que mes commentaires à rédiger.

Et c'est ici que je bloque pour ce roman. Car au moment d'écrire mon commentaire, je me souvenais d'une lecture agréable mais je ne me souvenais pas de l'histoire. J'ai dû aller lire quelques avis pour me dire "ah oui, je me souviens maintenant". Et pour moi, ce n'est pas bon signe.

Alors voyons voir. C'est un roman un peu long à démarrer. L'auteur prend son temps pour bien mettre en place son histoire et nous présenter une panoplie de personnages. Beaucoup trop de temps selon moi, mais cela semble avoir plu à nombre de lecteurs. Disons que pour moi, cela casse un peu le suspense. Oui, ces personnages sont importants et il est essentiel de bien les comprendre pour suivre l'intrigue, mais j'aurais préféré apprendre à les connaître tout au long de ma lecture pas uniquement au début. C'est un détail, mais il m'a empêché de me perdre dans ma lecture. Une fois que le roman plonge dans le suspense, je n'étais pas accrochée. Et ensuite, les longueurs continuent.

L'histoire ? Elle est assez bien résumée dans le quatrième de couverture. Tout tourne autour de l'enlèvement de Vanessa. Et le après pour les personnages. Son mari, tourmenté par cette disparition, tente de refaire sa vie. Le kidnappeur sort enfin de prison et est lui aussi tourmenté par la culpabilité de son secret. S'ajoute à ces deux principaux personnages, les gens qui gravitent dans leur vie. Et puis arrivent d'autres disparitions... Comment est-ce possible ?

Je n'en dirai pas plus, car il faudrait en dire trop pour vraiment vous intriguer. Malgré les longueurs, l'intrigue est assez bien menée et bien que je n'étais pas renversée par la fin, j'ai été surprise. Mais je dois vous avouer que si je n'avais pas fait tout ce travail de recherche, il y a quelques mois, je ne suis pas certaine que j'aurais publié ce billet. Une lecture acceptable mais pas renversante. Dommage.

Les mots de l’auteur (Extrait)

« C’était comme si une ombre était passée sur la salle de bains. Peut-être un nuage avait-il réellement traversé le ciel, cachant un instant le soleil ?  Quoi qu’il en soit, à mon âge, je savais que la vie jouait parfois avec nous un jeu un peu cynique. Si le destin voulait que Vanessa revienne, chacun des instants que Matthew et moi allions désormais vivre ensemble serait à double tranchant. Matthew avait espéré pendant trois ans retrouver sa femme, mais si son vœu s’accomplissait au moment même où nous nous engagions l’un envers l’autre, les conséquences pourraient être dramatiques. » p.248

Pour en savoir un peu plus …

  • Page Wikipedia sur l’auteur (en français)
  • Critiques sur Babelio (12)
  • Article sur Info-culture.biz
  • L’Avis d’Elleon sur Fiches Livres
  • L’avis de Mylène Ancel sur Les lectures de Mylène
  • L’avis de Karine sur Mille et une pages
  • L’avis de Cla S sur Aux douceurs littéraires
  • L’avis d’Angélique Lily sur Les lectures de Lily
  • L’avis de Cassandre sur Romans sur Canapé

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06 août 2015

La corde de Stefan Aus Dem Siepen

corde2La corde / Stefan Aus Dem Siepen ; traduit de l’allemand par Jean-Marie Argelès. – [Paris] : Éd. Écriture, 2014. – 153 p.;  23 cm. – ISBN 978-2-35905-142-1

Quatrième de couverture

Les habitants d’un village situé à l’orée d’une immense forêt mènent une vie simple, rythmée par les saisons. Un jour, l’un d’eux découvre dans un champ une corde qui s’enfonce dans les bois. Comment est-elle apparue ? Où mène-t-elle ? Délaissant leurs familles, les hommes décident de la suivre. D’abord accueillante, la forêt devient peu à peu menaçante, hostile. Les villageois s’obstinent pourtant, quitte à manquer le début de la récolte et à courir au-devant du danger… Comment l’irruption de l’inattendu au sein d’une société bien réglée parvient-elle à en perturber l’équilibre ? Récit d’une quête absurde, ce conte baigné de romantisme sombre offre une réflexion sur les passions humaines.

L’auteur

Stefan Aus Dem Siepen est né en 1964 à Essen en Allemagne. Il étudia à Munich en Droit. Il rejoint le corps diplomatique allemand et sera posté à Bonn, au Luxembourg, à Shanghai et à Moscou.  Il s’établit ensuite à Berlin et travaille au ministère des Affaires étrangères. Il publie son premier roman, Luftschiff, en 2006.

corde1Bibliographie

  • Luftschiff (2006)
  • Die Entzifferung der Schmetterlinge (2008)
  • Das Seil (La corde) 2012
  • Der Riese (2014)

Mes commentaires… (je dis presque tout sur la fin, vous êtes avertis !)

Un village tranquille, sans histoire, anonyme, isolé et sans lieu défini. Nous sommes aujourd’hui ou hier. Cela se passe au siècle dernier ou alors celui d’avant ou encore dans un futur rapproché. On ne le sait pas vraiment. Comme beaucoup de conte, l’histoire racontée par l’auteur n’a pas de lieu précis, pas d’époque définie.

Conte, parabole, réflexion philosophique, délire littéraire… le roman de Stefan Aus Dem Siepen a été décrit de nombreuses façons. L’auteur avoue lui-même s’être inspiré d’un rêve qu’il a fait. Ce rêve étrange d’une corde mystérieuse dont il ne voyait pas la fin lui a semblé une bonne prémisse pour un roman et lui a paru une belle parabole sur les obsessions qui nous habitent.  Il dit s’être ensuite inspiré des contes de Grimm pour écrire son histoire. Et on ressent très bien les aspects sombre et menaçant de la majorité des contes et fables.

Un villageois découvre un jour, une corde en bordure du village. Un bout à ses pieds, elle s’enfonce dans la forêt noire. Objet anodin dans un lieu incongru, la corde attire la curiosité de tout le village. On découvre bientôt que l’autre bout semble se perdre bien loin dans la forêt. Les villageois s’interrogent tous sur la provenance de la corde et le fait qu’elle soit apparue soudainement : qui l’a mise à cet endroit ? pourquoi ? jusqu’où va-t-elle ? Beaucoup de questions sans réponse. Quelques hommes décident de la suivre pour trouver l’autre extrémité. Mais une première expédition revient bredouille et dans le drame.

La curiosité se transforme en obsession et tous les hommes du village (sauf un qui reste pour garder) partent pour résoudre cette énigme. Mais ce qui devait être une expédition d’une journée se transforme en une quête qui n’aura pas de fin.

Car il n’y aura pas de fin. Et cela, je m’en doutais depuis le début. Parce que comment pourrait-il y avoir une fin ? Enfin, je le savais ou plutôt je l’espérais. Car j’aurais été très déçu par toute fin qu’aurait pu proposer l’auteur. Cela n’aurait pu être que décevant. Soit l’explication aurait été banale, normale et décevante ; soit l’explication aurait relevé du domaine du fantastique et, selon moi, il y aurait eu peu de chance pour qu’on y croie. Donc, nous ne saurons jamais pourquoi la corde a été mise là, ni où elle se termine.

La corde ne se termine probablement pas. Et les villageois n’auront jamais de réponses à leurs questions. Et ne reviendront de toute façon probablement jamais à leur village. Qui sera abandonné comme celui qu’ils ont croisé à un moment.

Bien sûr qu’en quelque part, j’aurais voulu savoir. Mais il est nettement préférable de ne pas le savoir. Et donc nos propres questions n’auront, elles aussi, aucune réponse. On ne peut que suivre cette quête vers l’inconnu amorcée par une curiosité irrépressible. On ne peut que lire sur ce désir incontrôlable de toujours vouloir plus ; sur le danger de rester sédentaire et le danger de vouloir tout changer.

Le récit de l’auteur nous permet de suivre d’un côté, l’expédition  qui part à la recherche de réponses et d’un autre la longue attente de ceux qui sont restés au village. Les deux groupes s’enfoncent dans la noirceur et l’isolement. Ils sont tous poussés à l’extérieur de leur quotidien, de leurs habitudes, de leur confort dans l’inconnu.

On peut analyser le texte de l’auteur de nombreuses façons et les symboles semblent multiples : le village, la corde, les personnages, la forêt, etc. Le texte soulève beaucoup de question, tout comme la corde, et nous oblige à nous questionner sur la nature humaine.  Tout semble avoir une signification. Allégorie philosophique, psychologique, sociale, morale… On y a même vu une métaphore idéologique,  historique et politique. C’est le propre des contes.

Les mots de l’auteur

« Ce petit geste le rendit plus heureux encore, car toujours il fallait qu’il fasse quelque chose, si peu que ce fût, toujours il lui fallait œuvrer à son propre bonheur afin de pouvoir en profiter pleinement ; s’il s’était contenté de contempler le visage endormi, une inquiétude se serait aussitôt éveillée en lui – une peur sournoise, inexplicable, qui surgissait sans cesse, parfois dans les moments de plus grand bonheur, la crainte que la vie douce et paisible qu’il menait avec les siens pût ne pas durer. » p. 13

«La corde arrachait maintenant les paysans à tout cela, éveillant en eux un désir demeuré jusqu’ici caché dans les régions les plus inaccessibles de leur âme : échapper, ne serait-ce qu’une fois, à leur petit univers, couper, dans un moment de joyeuse et folle insouciance, les mille fils qui les enchaînaient à leur chez-eux. » p.62

Pour en savoir un peu plus…

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27 janvier 2014

Le poison des roses de Mirjam Pressler

Roses1Le poison des roses : roman / Mirjam Pressler ; traduit de l'allemand par François Mathieu et Dominique Taffin-Jouhaud. -- [Paris] : Calmann-Lévy, c2007. -- 262 p. ; 21 cm. -- ISBN 9782702138090. -- (Coll. Suspense (Calmann-Lévy (Firme)) [14].

Quatrième de couverture

Auteur de romans policiers à succès, Lisa Bratt mène seule une vie bien rangée après deux divorces, dans un univers douillet et volontairement isolé. Mais un soir, elle ramène chez elle Annabella, une jeune SDF victime d’une agression dont elle a été par hasard le témoin.

Leur trouble cohabitation dérègle totalement l’existence de Lisa. Elle continue cependant à travailler à son prochain roman – dont l’héroïne, une passionnée de roses, projette d’empoisonner son mari – et un jeu subtil s’installe bientôt entre la vie réelle et la fiction…

Mais la nuit où Lisa découvre Annabella totalement ivre, ce sont les souvenirs de sa propre enfance qui remontent à la surface. Après la mort de sa sœur jumelle, son père parti, Lisa n’a plus été pour une mère alcoolique que l’« enfant de reste »…

Tout en nuances, ce roman d’une grande justesse raconte, dans un style sobre et précis, le glissement inexorable d’une vie banale vers le cauchemar. Du grand art, qui n’est pas sans rappeler celui de Patricia Highsmith.

L'auteurRoses2

Mirjam Pressler est né en 1940 à Darmstadt en Allemagne. Elle étudie en art à Akademie für Bildende Künste à Francfort et les langues à Munich. Elle vivra un an en Israël. Puis elle retourne en Allemagne où elle a plusieurs différents emplois. Elle commence à écrire en 1979. L'année suivant, en 1980, son premier roman, Chocolat amer, reçoit le prix du livre de l'enfance et de la jeunesse d'Oldenbourg. Elle continue d'écrire, principalement pour la jeunesse, et est également traductrice. Elle reçoit de nombreux prix dont un prix spécial de la littérature jeunesse pour son travail de traductrice et des prix pour l'ensemble de son oeuvre. Elle vit aujourd,hui à Munich où elle continue à écrire et à traduire.

Site de l'auteur en allemand.

Bibliographie partielle

Bibliographie très extensive. Principalement des romans jeunesse et quelques romans pour adultes. Quelques titres ont été traduits en d'autres langues dont le français et l'anglais. Je n'ai cependant pas pu trouver de listes autres qu'en allemand. On peut trouver sa bibliographie complète en allemand sur Wikipedia.de.

Commentaires personnels

Encore une fois, je n'aurais jamais découvert ce roman, s'il n'avait été présent sur ma liste d'élagage. J'ai trouvé le quatrième de couverture alors j'ai décidé de le lire avant de l'envoyer dans la vente de livres... oui, car 5 prêts en 2007 et rien après, c'est la mort d'un livre en bibliothèque publique qui manque d'espace, à moins d'être un classique. Cruel mais c'est la vie.

Donc, nous avons ici une auteur de romans policiers, Lisa, un peu asociale et recluse. Elle a peu d'amis, sort rarement de chez elle. Elle consacre ses journées à l'écriture de son prochain roman dans lequelle elle raconte le futur assassinat d'un homme par son épouse qui cultive des roses. Un soir, elle assiste à une altercation entre une jeune fille et son copain. Elle intervient et finit par ramener cette jeune fille sans abri, Annabella, chez elle. Cette décision impulsive ne ressemble pas à Lisa, mais elle est d'abord heureuse de cette cohabitation. Mais rapidement, Annabella envahit la vie de Lisa. La jeune fille s'incruste chez Lisa et commence à envahir tous les aspects de sa vie. Elle profite de Lisa et la manipule. Elle finit même par influencer le roman que Lisa écrit.

Le roman oscille d'ailleurs entre les pages que Lisa écrit et sa relation avec Annabella. Les personnages du roman de Lisa prennent vie petit à petit et nous assistons à leur histoire. Les deux histoires s'entremêlent et se parlent. Ces deux histoires sont intéressantes mais comme d'autres lecteurs j'ai eu un faible pour l'histoire de la cultivatrice de roses. Et j'aurais presque voulu avoir un autre roman vraiment consacré à cette famille. Mais le roman dans son ensemble est vraiment bien construit.

La narratrice, Lisa, est un personnage beaucoup plus complexe qu'il n'apparaît au tout début. Et le personnage d'Annabella me semble décrit de façon superficiel. On n'arrive pas à vraiment connaître Annabella, mais cela m'apparait essentiel à l'histoire. L'essentiel du roman est la perception que Lisa a de son aventure avec Annabella. Et surtout ce sont ces sentiments qui sont mis au premier plan. Elle a besoin de sauver la jeune fille, elle s'essaie au rôle de sauveur, de mère, de mentor... Elle croit pouvoir sauver Annabella, elle est certaine qu'elle peut construire une relation avec elle. Mais Annabella n'est pas un ange. Elle manipule, profite de Lisa. Elle est même volontairement cruelle et perverse. Elle s'amuse et joue les victimes pour mieux profiter de l'auteur. Elle ne veut pas jouer le jeu de la relation mère-fille que Lisa veut tant vivre. Cette relation malsaine transforme tout de même Lisa. Elle l'oblige à confronter son passé, ses relations passées et actuelles, ses démons intérieurs. Mais Annabella finira par dépasser les limites de l'auteure.

Le roman de Pressler m'a envoûté. J'ai bien aimé ce jeu de manipulations qui va dans les deux sens. Car même si Annabella est le personnage qui est foncièrement et ouvertement manipulateur, Lisa exerce sa propre manipulation aussi. Le texte a bien quelques longueurs et j'ai eu quelques soupirs d'exaspérations face à la prétendue naïveté de la narratrice. Parfois, j'ai ragé devant l'obstination de Lisa a vouloir "sauver" la jeune fille. Et j'ai douté de la crédibilité de certaines actions des personnages. Et comme je l'ai dit, j'aurais bien aimé voir plus de finalité dans le roman que Lisa écrivait. Mais ces petites critiques ne changent pas le fait que j'ai beaucoup aimé le roman. Mirjam Pressler a une écriture efficace et joue avec les mots. Elle fait également parlé sa narratrice a une tierce personne. Lisa raconte son histoire a une personne, en lui disant "tu". Ce n'est pas un procédé facile et c'est souvent mal utilisé. Pressler le fait très bien.

Très bon roman. Alors pourquoi ne sort-il pas ? Je l'avoue, je ne l'ai pas élagué. Je l'ai mis dans la section "coup de coeur" (même si ce n'est pas nécessairement un coup de coeur, je l'ai suffisamment aimé pour l'y mettre) et évidemment quelqu'un l'a emprunté tout de suite. Tant de livres oubliés, trop de livres oubliés.

Extraits

"Il est étrange, n'est-ce pas, qu'il soit beaucoup plus difficile de raconter des épisodes gais et agréables que de narrer des événements dramatiques; C'est pareil en littérature, quand un auteur décrit trop de faits joyeux au quotidien, les lecteurs que nous sommes se mettent à penser, oui d'accord, j'ai pigé : il sourit, elle sourit, le soleil brille dans le ciel azuré, les pensées fleurissent dans les massifs du jardin public, mais qu'est-ce que ça signifie, qeul rapport avec moi; et nous nous ennuyons, alors que les déceptions, les humiliations, une haine subconsciente éveillent des souvenirs et nous incitent à comparer, apprécier classifier ce qui nous est personnel en fonction de ce qui vient d'ailleurs, et à recréer constamment notre passé jusqu'à en avoir limé toutes les aspérités." p. 45

Sources à consulter

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23 juillet 2013

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena

Pepin1Le goût des pépins de pommes / Katharina Hagena ; traduit de l'allemand par Bernard Kreiss. -- [Paris] : Éditions Anne Carrière, 2010. -- 285 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-253-15705-2. -- (Coll. Livre de poche ; 32131).

Quatrième de couverture

À la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur mainson de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font resurgir l'histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l'oubli.

L'auteur

Katharina Hagena est née en 1967 à Karlsruche. Elle fit des études en littérature allemande et anglaise à Marbourg,

Fribourd-en-Brisgau et Zurich. Elle passera deux ans à Dublin pour y rédiger une thèse sur James Joyce qu'elle présente en 1995.

Elle commence à enseigner la littérature en 1995, tout d'abord au Trinity College à Dublin Pepin2puis à l'Université d'Hambourg et à celle de Lünebourg. Elle occupera ces postes jusqu'en 2002. Elle vit aujourd'hui à Hambourg avec sa famille et travaille comme pigiste. Elle publie également des romans pour adultes et pour enfants.

Site de l'auteur (en allemand)

Bibliographie sommaire

  • Der Gerschmack von Apfelkernen (Le goût des pépins de pommes) (2008)
  • Grausi schaut unter den Stein (pour enfants) (2008)
  • Albert Albatros albert (pour enfants) (2010)
  • Vom Schlafen und Verschwinden (L'envol du héron) (2012)

Commentaires personnels... (bon...disons plutôt expérience de lecture !)

Je ne sais si j'aurais lu ce livre s'il n'était pas arrivé sur mon chariot de dons à évaluer. Le titre et la couverture auraient sûrement attiré mon regard, mais comme le livre date de 2008, je ne pense pas que j'aurais croisé son chemin. Il était donc sur mon chariot de dons. Petit livre de poche pas tout neuf. Nous ne gardons que rarement les livres de poche, ils vieillissent malheureusement trop mal. Ils vont donc directement dans la vente de livres (s'ils sont encore présentables, on s'entend). 

J'ai donc pris le livre pour le mettre de côté et c'est alors qu'il a attiré mon attention. Le titre bien sûr que je trouve magnifique. Surtout que les pépins de pomme sont toxiques. Bon, il faudrait en manger beaucoup pour que cela cause des problèmes, mais le titre m'a tout de suite intrigué. La couverture est bien jolie, je lis donc le quatrième de couverture. Là, bon, c'est ok. Il ne m'attire pas particulièrement mais n'est pas non plus inintéressant. Ce n'est pas habituellement, le genre de livre qui m'intéresse. Et le fait que le personnage principal soit bibliothécaire me fait hésiter... je n'ai pas trop eu de chance avec les bibliothécaires dans la littérature. Mais le titre... le titre m'envoûte littéralement ! Alors, je décide de l'acheter et de le lire.

Disons-le tout de suite, le titre ne fut pas le seul à m'envoûter ! Et quand j'adore un livre, soit je le lis en un respire, soit je le savoure à petites doses. Et c'est ce que j'ai fait avec le roman de Katharina Hagena. J'ai mis un temps fou à lire les 285 pages. Quand je lisais plus de 20 pages à la fois, je m'obligeais à le reposer. Pour que jamais il ne se termine.

Je vous préviens tout de suite cependant... ce n'est pas un grand roman. Rien de renversant. Et les avis (fort nombreux sur Babelio et sur la blogosphère) sont partagés. Mais moi... il m'a touchée.

L'histoire ? Une vieille dame, souffrant d'Alzheimer depuis de nombreuses années, décède. Ses filles et son unique petite-fille se réunissent pour les obsèques. Et c'est Iris, la petite-fille, qui hérite de la maison familiale. Va-t-elle la garder ? Elle ne croit pas mais elle emménage quelques jours pour y réfléchir et pour se décider. Le récit se partage ensuite inégalement entre le quotidien d'Iris pour les quelques jours qui suivent et les souvenirs. Le passé prend la majeure partie du texte. Nous revivons la vie des différentes femmes qui ont laissé leurs parfums à la maison. Trois générations. Il y a bien quelques traces des hommes aussi. Mais si peu. Les souvenirs sont parfois ceux d'Iris, réels ou devinés, parfois ceux d'autres personnages. On sent bien qu'il y a une part de vérités et une part de mensonges dans ses souvenirs d'événements passés. Mais se souvenir n'est-il pas souvent travestir la réalité ? On embellit, on amplifie, on diminue. On tricote des souvenirs sur ce qu'on nous a raconté. On s'approprie les souvenirs des autres. Et on oublie la plupart des moments passés.

Il y a beaucoup de souvenirs dans ce roman. Et beaucoup de secrets. Beaucoup de larmes aussi. Et quelques rires. Beaucoup d'improbabilités aussi, surtout dans le présent, mais contrairement à certains, cela ne m'a pas dérangé. Comme les souvenirs, la mémoire altère parfois aussi le présent et c'est ainsi que j'ai lu les moments "actuels" du roman. Et les robes anciennes, les rencontres fortuites et fréquentes, les pics-nics improbables et les jardins impossibles ne m'ont pas causé de soucis dans ma lecture.

L'écriture de Hagena est douce, remplie de descriptions charmantes et souvent invraisemblables. Et les figures de style sont innombrables. Je me demande à quoi le roman ressemble en allemand. Dans cette traduction française, il m'a paru rempli de musique, de saveurs et d'odeurs. Je n'aime habituellement pas les longues descriptions et les figures de style qui se multiplient, mais ici j'ai tout simplement adoré.

Et à chaque fois que j'ai refermé le livre, je n'ai pu m'empêcher de plonger moi aussi dans mes souvenirs. Et de les voir autrement. Les magnifier, les romancer, les transformer, les diminuer... Et à les revivre et les raconter dans ma tête, ils m'ont semblés nouveaux.

(Note: Et la bibliothécaire dans tout cela ? Et bien, pour moi, c'est la seule petite contrariété du roman... quand lirais-je une description réaliste d'un bibliothécaire ? Je ne l'espère plus vraiment !)

Extraits

"Tante Anna est morte à seize ans d'une pneumonie qui n'a pas guéri parce que la malade avait le coeur brisé et qu'on ne connaissait pas encore la pénicilline." p. 9

"Bertha commençait par croquer rapidement un large anneau autour du ventre de la pomme, puis elle grignotait prudemment le bas autour de la fleur, ensuite le haut entourant le pédoncule, quant au coeur, elle le jetait au loin par-desus son épaule. Anna mangeait lentement et consciencieuement, de bas en ahut - tout. Les pépins, elle les mâchonnait durant des heures. Lorsque Bertha lui disait  que les pépins étaient empoisonnés, Anna répliquait qu'ils avaient un goût de massepain. Elle ne recrachait que la queue. C'est Bertha qui m'a raconté cela un jour en constatant que je mangeais les pommes exactement comme elle." p.71

"Les billets se sont multipliés. Lorsque nous étions à Bootshaven, il en voltigeait de toutes parts. Comme il y avait toujours du courant d'air, les papiers flottaient lentement à travers la cuisine comme les grandes feuilles des tilleuls en automne, dehors, dans la cour." p.161

À consulter

 

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27 mai 2009

La conjuration de la Sixtine

Sixtine1La conjuration de la Sixtine: roman / Philipp Vandenberg ; traduit de l'allemand par Susi et Michel Breitman. -- [Montréal] : Libre Expression, [c1999]. -- 328 p. ; 22 cm. -- ISBN 2-89111-864-2

Titre original: Sixtinische Verschwörung

Quatrième de couverture

La restauration de l'oeuvre peinte par Michel-Ange au plafond de la chapelle Sixtine est l'occasion d'une consternante découverte. Sous la suie et les vernis apparaissent des lettres qui, au fil du nettoyage, finssent par composer un nom énigmatique. Qu'est-ce que cache cette inscription mystérieuse ? Par-delà les siècles, le génial artiste se vengerait-il de ces papes qui l'ont tant fait souffrir ? Le cardinal Jellinek est bien décidé à tirer au clair cette énigme. Quitte à risquer sa propre foi. Quitte à ébranler l'Église toute entière.

La Conjuration de la Sixtine nous entraîne dans les coulisses du Vatican où sont enfouis les secrets les mieux gardés. Dans un tourbillon oú l'on passe de l'atelier de Buonarroti, du vivant de l'artiste, à la chambre d'agonie de Jean-Paul 1er, la très secrète Prophétie de Jérémie va permettre au cardinal Jellinek de remonter le temps jusqu'aux origines du christianisme. Et jusqu'à la plus inattendue et la plus terrible des révélations...

Un suspense machiavélique qui captivera tous les esprits. En particulier ceux des amoureux de l'art, de la religion, du Moyen-âge et de la Renaissance.

L'auteur

Hans Dietrich Hartel, connu plus tard sous le nom de Philipp Vanderberg, est né à Breslau en Allemagne en 1941. Son enfance, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, fut vécut en partie chez une nourrice puis dans un Sistine2orphelinat. Il obtient en 1963, son diplôme d'études secondaires à Burghausen, puis entreprit des études en histoire de l'art et en études germanique à l'Université de Munich.

Il travaillera pour différents journaux et magazine dès 1965, entre autres, le Abendzeitung, le Quick et le magazine Playboy. Il commença à écrire, principalement des essais

Bibliographie partielle

  • La malédiction des pharaons (1973) (Roman)
  • Nefertiti (1975) (Essai)
  • Ramsès II (1977) (Essai)
  • Auf den Spuren unserer Vergangenheit (1977) (Essai)
  • Der vergessene Pharao, Bertelsmann (1978) (Roman)
  • Das Geheimnis der Orakel (1979) (Essai)
  • Nero. Kaiser und Gott, Künstler und Narr (1981) (Essai)
  • Der Gladiator (1982) (Roman)
  • Das versunkene Hellas (1984) (Essai)
  • Die Pharaonin (1984) (Roman)
  • Die Hetäre (1984) (Roman)
  • Cäsar und Kleopatra (1986) (Essai)
  • La conjuration de la Sixtine (1988) (Roman)
  • Der Pompejaner (1986) (Roman)
  • Klatscht Beifall, wenn das Stück gut war (1988) (Roman)
  • Das Pharao-Komplott, Lübbe (1990) (Roman)
  • Die heimlichen Herrscher (1991) (Essai)
  • Das Tal. Auf den Spuren der Pharaonen (1992) (Essai)
  • Le cinquième Évangile (1993) (Roman)
  • Der grüne Skarabäus, Lübbe (1994) (Roman)
  • Der Schatz des Priamos.Wie Heinrich Schliemann sein Troja erfand (1995) (Essai)
  • Der Fluch des Kopernikus (1996) (Roman)
  • Le magicien des miroirs (1998) (Roman)
  • Purpurschatten (1999) (Roman)
  • Der König von Luxor (2001) (Roman)
  • Der vergessene Pharao, Bastei Lübbe (2002) (Essai)
  • Die Akte Golgatha (2003) (Roman)
  • Das vergessene Pergament (2006) (Roman)

Résumé et Commentaires personnels

L'action commence à Rome, de nos jours. Lors de la restauration de la Chapelle Sixtine au Vatican, on découvre des inscriptions mystérieuses et inconnues à ce jour, laissées selon toutes les apparences par Michel-Ange lors de la création de son chef d'oeuvre. Une enquête commence alors pour déchiffrer, tout d'abord, le message laissé par l'artiste - qui fut obligé de peindre ses tableaux contre son gré - puis pour cacher au monde la signification de ce message qui pourrait faire tomber l'Église, le Vatican et la société moderne.

On retrouve dans ce roman un mélange de religions et de sectes, de complots ésotériques et de quêtes existentielles, d'arts et de sciences. Résolument thriller moderne, le roman mélange enquête policière et roman historique. On nous promène de la chapelle Sixtine aux archives secrètes du Vatican... on nous parle d'art, de mysticisme, de politique, d'économie, de sociétés secrètes, de mafia, de Moyen Âge, de Renaissance et de science... On nous promène à travers les siècles à travers des personnages fictifs et réels.

Et donc, Michel-Ange se serait vengé de l'Église en cachant dans son oeuvre une révélation incroyable sur l'humanité... ses origines, sa raison d'être... Il s'agit maintenant de déchiffrer l'énigme laissé par l'artiste avant que d'autres ne s'emparent de ce secret gardé par le Vatican depuis des centaines d'années.

Bien documenté, bien mené, et bien écrit, le roman de Vandenberg réussit à nous tenir en haleine du début à la fin. L'intrigue est intéressante et plausible. Et surtout, la fin acceptable. J'ai lu ce roman plusieurs années avant la sortie du DaVinci Code, roman auquel il est malheureusement souvent comparé, bien que Vandenberg publia son oeuvre 15 ans avant Dan Brown. La Conjuration de la Sixtine est nettement mieux ridigée et documentée. Les personnages sont très bien décrits et on s'attache facilement à leurs aventures. Je considère personnellement ce roman comme un magnifique exempleà lire du genre thriller art-ésotérisme-religion-science...

Citations

"D'ailleurs, nul ne possédait d'autre exemplaire de la clef donnant accès à la pièce la plus secrète des archives secrètes. Ce qui ne signifiait aucunement qu'il était au courant de tout le mystère qui s'y trouvait renfermé ni des raisons de l'impèrieux silence qui règnait à son propos." p. 37

"Sur ce thème du salut éternel, il aurait eu beaucoup a dire mais son bon sens l'obligeait au silence. D'autant que ce qu'il aurait eu à dire, il l'avait confié à ses fresques de la Sixtine. Que celui qui a des yeux voie." p 48

" -- Il m'arrive parfois de douter, dit-il après une petite hésitation, que Socrate ait eu raison d'assurer que le meilleur bien pour un homme était la connaissance et le pire des maux l'ignorance. À l'évidence, la connaissance a déjà causé bien des malheurs en ce monde." p. 104

Sources

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12 septembre 2008

Les enfants du Graal

EnfantGraal1Critique de lecture

Les enfants du Graal : roman / Peter Berling ; traduit de l’allemand par Jacques Say. – [Montréal] : Libre Expression, 1997. – 810 p. : 2 cartes ; 23 cm. – ISBN 2-89111-736-0

Quatrième de couverture :

An de Grâce 1244, Montségur. Deux enfants, réchappés du massacre des Cathares, fuient à travers l’Europe. Sur leurs traces, l’empereur Frédéric II, le Pape Innocent IV, les Templiers, les Sarrasins sans merci.

Inspiré de la célèbre légende du Graal, cette histoire se déroule entre 1244 et 1247 sur fond de croisades et d’Inquisition.

De l’histoire si fascinante, si méconnue aussi du Moyen Age, Peter Berling débrouille avec aisance les écheveaux les plus compliqués ; il donne ainsi à cette épopée le rythme haletant d’un roman à suspense de notre temps.

L’auteur :

Peter Berling est né à Meseritz-Obrawalde en Allemagne en 1934 (aujourd’hui Obrzyce en Pologne).

Il étudie à Munich dans les années 50 à l’Académie des Beaux-Arts. Il découvre rapidement le cinéma et devient acteur etEnfantGraal réalisateur puis producteur. Il aura d’ailleurs quelques rôles dans des films comme Immer wenn der Tag beginnt en 1957, Die ehe der Maria Braun (Le Mariage de Maria Braun) en 1979, The Name of the Rose en 1986, Last temptation of Christ en 1988, Gangs of New York en 2002 et Mel Gibson’s The Passion of Christ en 2004.

Il a été pendant quelques années journaliste pour quelques publications dont le Der Spiegel et Playboy. Passionné du Moyen Age, il écrit en 1988 une biographie de Saint François d’Assise, puis il entreprend la rédaction d’une saga sur le Graal dont le premier tome Les Enfants du Graal parait en 1991. Le roman fut traduit en français et publié en 1996. Il vit aujourd’hui principalement à Rome.

Bibliographie partielle :

  • Die Kinder des      Gral (1991) – (Les Enfants du Graal (1996))
  • Das Blut der      Könige (1993) – (Le Sang des Rois (1997))
  • Die Krone der Welt (1995) – (La Couronne du monde (1998))
  • Der Schwarze Kelch (1997) – (Le Calice noir (1999))
  • Die Ketzerin (2000) – (La Cathare)
  • Zodiac (2002)
  • Das Kreuz der      Kinder (2003) – (La Croisade des enfants (2006))
  • Der Kelim der      Prinzessin (2004) – (La Princesse et le Kilim (2006))

Résumé:

1244 au château de Montségur, près de Foix, après un siège difficile, les derniers cathares s’apprêtent à se rendre aux armées du Roi et se préparent à mourir sur le bûcher. Mais avant la chute du château, ils s’assurent que deux enfants, accompagnés de quelques chevaliers et d’un moine franciscain puissent s’enfuir en secret.

Ces deux enfants, Roç et Yeza, sont le trésor des Cathares, dépositaires d’un secret qui pourrait changer le cours du monde et réconcilier les peuples et religions. Ils doivent être sauvés à tout prix. Protégés par certains, poursuivis par plusieurs, ils se parcourent l’Europe et l’Asie.

 

Commentaires personnels et expérience de lecture :

Incroyable lecture de plus de 800 pages. Roman historique où se mélange personnages fictifs et réels. La lecture est riche et l’auteur nous offre de nombreux détails historiques sur le Moyen Age.

Á travers cette fuite initiatique, on nous parle de l’époque, des mœurs, des gens qui ont peuplé les différentes régions du monde alors connu. On croise des personnages historiques, tels Guillaume de Rubrouck, Yves le Breton, Grégoire IX, Alphonse X, Innocent III, etc. On se joint aux Cathares, Templiers, Assassins, Catholiques, Musulmans, Mongols… on parcoure les Croisades, les guerres, on lit sur l’hérésie, la sorcellerie, l’Inquisition, les origines du catholicisme… Le Moyen Age nous est présenté puis imaginé. 

Les personnages et les références historiques sont innombrables. Le destin de ses deux enfants est encastré dans une réalité historique remaniée et romancé. Mais le roman est solide. Et l’auteur nous renvoie à de nombreuses notes en fin de roman. Peut-être trop. Enfin, oui, beaucoup trop de notes. Et ces notes ne sont pas « annotées ». C'est-à-dire qu’il n’y a aucune façon de savoir qu’à ce moment du récit, il faut aller voir à la fin pour en savoir un peu plus, sur le personnage historique, le contexte, etc. Et donc, cela alourdit incroyablement la lecture. Incessant aller-retour entre le roman et les dernières pages contenant les notes. Il s’agit presque de lire un deuxième ouvrage historique à côté du roman, mais sans vraiment savoir à quel moment il faut aller consulter cet ouvrage de référence.

Oui, la lecture est difficile. On se perd parfois parmi tous ces personnages. Et on sait aujourd’hui qu’il y a trois autres tomes tout aussi longs et ardus. Mais l’intrigue est passionnante pour celui qui sait passer à côté de la difficulté de lecture – et je ne parle pas du poids de mon édition qui rendait impossible de lire ailleurs que chez moi !

Au-delà de l’intrigue de ces enfants du Graal, on ne peut que se passionner pour cette époque tourmentée, instable et à la recherche d’un absolu religieux. Mais ne mettre l’accent que sur la richesse historique du roman, serait aussi une erreur. Le déroulement de l’histoire est parfois lent, mais je n’ai pu que me perdre dans l’histoire de Roç et Yeza, m’attendrir devant Guillaume, et complètement être renversée par Laurence… et je ne mentionne pas de nombreux autres personnages intéressants et que l’on tarde de retrouver dans les autres tomes.

Qui sont ces enfants ? Quel est le secret de leur naissance ? Et quel est le lien qui les attache au Graal ? Ces questions sont facilement répondues… il s’agit à présent de lire comment et pourquoi on essaie de détruire ou protéger ces enfants !

 

Citations:

« Et cette odeur ! Cette horrible odeur de chair brûlé, une odeur que je ne pouvais chasser et que je retrouvais parmi les fleurs printanières et les herbes qui naissaient dans les champs. C’était une douce après-midi que celle du jour où Mont-Ségur s’était rendu… » p. 79

« Des moines gris au teint pâle qui sortaient rarement à la lumière du jour y surveillaient une armée de scribes esclaves, d’artistes chaldéens du « pays entre les deux fleuves » qui avaient étudié à Alexandrie, et de lettrés juifs venus d’Espagne. Ces spécialistes ne sortiraient du Documentarium que les pieds devant. » p, 391

Sources :

Posté par Laila_Seshat à 22:11 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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