20 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : terreur matinale

DSC_2804"Tristesse du réveil. Il s'agit de redescendre, de s'humilier. L'Homme retrouve sa défaite : le quotidien." [Henri Michaud]

Les matins de mon existence sont difficiles. Ils ont toujours une raison d'être incontournables.

J'aimerais être comme les matinaux. Ouvrir mes yeux avec les premières lueurs du matin, avant même que le soleil n'apparaissent dans le ciel. On me dit que le réveil du jour est unique, que tout a une couleur indescriptible. On me dit qu'on se sent renaître quand le soleil s'éveille.

Mais tout est trop lumineux. Cela sent trop le réveil. Le début de la journée. Mes yeux ne veulent jamais se résigner à accepter cette clarté. Je refuse de me lever. Je suis terrorisée par le gazouillement des oiseaux qui annnonce le début de la journée.

Tant que nos nos yeux sont fermés, tant que l'on reste dans son lit, la vie s'arrête. C'est quand on se lève qu'il faut faire face à son quotidien. Les problèmes ne peuvent nous rejoindre tant que l'on se tortille dans ses draps. On n'est jamais tenu d'affronter la vie quand on est caché dans son lit. Dans son lit, on peut rêver à des nuits sans fin peuplées de songes. Mais il faut bien se lever et vivre. On ne peut passer son temps à s'évader dans des vies imaginaires. Et une fois, la réalité du soleil acceptée, le matin m'apparaît moins inhumain.

"La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue." [Virginia Woolf]

 

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22 mars 2015

Le moment captif d'un dimanche : évasion

2015-02"Le soleil accepte bien de passer par de petites fenêtres." [Frederik van Eeden]

Nous avons passé des nuits dans la noirceur avec les étoiles pour nous guider. Puis nous nous sommes enfermés dans une chambre obscure et avons rêvé de l'horizon.

Cette chambre si sombre enveloppe nos vies. Elle obscurcit notre réalité. Nous ne voyons plus rien. Nous oublions d'ouvrir les yeux. Nous oublions de rire, nous oublions de pleurer, nous oublions de voir la beauté du ciel, des étoiles et du soleil. Les promesses de nos vies.

Une petite fenêtre. Trop petite peut-être. Nous ne la voyons pas. Nous oublions de voir toutes les possibilités promises par cette petite ouverture. Mais la lumière s'infliltre sans pitié par la moindre fissure. Elle nous envahit et nous colore sans pitié. Chaque étincelle de couleur fouette notre regard de folie. La beauté qui transperce de ce trou de soleil nous illumine et nous aveugle. Le monde est notre rêve et nous l'acceptons à bras ouvert.

"Le monde n'est pas moins beau pour n'être vu qu'à travers une fente ou le trou d'une planche." [Henry David Thoreau]

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23 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : rayonnement

2014-02-26"Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver." [Henry David Thoreau]

Il fait froid. C'est un hiver froid. Très froid. On a bien eu de la neige à Montréal, mais pas tant que cela. Il neige toujours autour de l'île mais jamais beaucoup sur celle-ci. Ce qui fait le bonheur de la plupart des gens que je connais mais qui me rend un peu triste. J'aime la neige.

J'aime aussi le froid. Mais un peu moins, je l'avoue. Et surtout lorsqu'il persiste. Mais je l'aime bien aussi. Le froid mordant, vivifiant... celui qui donne un nez et des joues rouges, celui qui me secoue le matin et me dit "allez réveille-toi, la journée va être magnifique!"

Car quand il fait froid, le ciel est habituellement si bleu. Le soleil est envahissant. Il est partout. Il s'empare de chaque coin du ciel. Et se répand partout. Il glisse sur la neige et nous oblige à fermer les yeux. Il est absolument éblouissant et résolument aveuglant.

Il fait froid. On dit qu'il fait -14ºC mais avec le facteur vent, on frise les -22ºC. Et pourtant, le soleil est si brillant qu'il s'amuse à faire fondre la neige sur mon toit. Elle vacille et se laisse tomber goutte à goutte. Mais il fait si froid. Elle n'a d'autres choix que de se transformer en longs glaçons scintillants. Le soleil joue avec le froid. Il illumine ma maison, la chauffe et la transforme en château de glace.

"La maison tournée vers le soleil est chauffée la premiere." [Proverbe chinois]

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09 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : réflexion

2014-02"Ne regardez pas le passé, vous ne serez pas en mesure d'y retourner de toute façon."

Ne te retourne pas vers le passé... Ne vis pas dans le passé... Ne vis pas pour le passé... Je suis bien d'accord. Mais si on ne regarde pas une fois de temps en temps en arrière, on risque d'oublier les beaux moments.

On risque aussi d'oublier les moments tristes. Et si on oublie trop, on n'apprend rien. Il est difficile parfois de se souvenir. Et il y a bien sûr des moments qu'on voudrait oublier à tout jamais. Des moments qu'on regrette et qu'on voudrait pouvoir changer. Des moments qui n'auraient jamais dû avoir lieu. Regrets, honte, impuissance,... cela fait partie du passé qui envahit le présent. Et qui doit éclairer l'avenir.

Mais le passé ne doit pas être oublier. Et il ne doit pas nous retenir. Le passé nous enseigne comment  poursuivre notre route. Il est notre histoire, nos histoires. Il y a des larmes dans le passé et il y a des rires. À ne regarder qu'en avant, on oublie le chemin parcouru. Alors, il faut parfois se retourner et surprendre le coucher de soleil qui éclaire notre dos.

"On ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arriere ; on ne peut la vivre qu'en regardant en avant." [Sören Kierkegaard]

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24 juin 2013

Le moment captif d'un dimanche : le souhait du lundi

04"On en vient à aimer son désir et non plus l'objet de son désir." [Friedrich Nietzsche]

J'aime la pluie. J'aime les gouttes qui dégouttent sur mon toit. J'aime les gouttelettes qui tombent doucement sur ma terrasse. J’aime l’odeur de la pluie d’été.

Il y a quelques jours c’était une pluie de printemps. Trop froide. Aujourd’hui, c’est une pluie d’été. Trop humide.

J’aime la pluie. Mais trop de pluie me fait soupirer. Les fleurs brunissent. Les tomates restent désespérément vertes. Et mes yeux s’ensommeillent.

Ma tête est lourde ; mes gestes pesants ; mes idées paresseuses. Je suis sans mouvement.

C’est alors que l’oiseau s’est posé sur mon balcon. Il m’a regardé doucement. Il m’a promis de faire revenir le soleil. Mais il m’a aussi dit de faire attention que le soleil pouvait avoir le même effet.  J’ai répondu que j’en avais assez de la pluie. Je voulais du soleil et de la chaleur. L’oiseau a acquiescé et s’est envolé.

Aujourd’hui, il fait soleil. Un soleil puissant produisant une chaleur étouffante. La pluie de hier a disparu. L’humidité a pris sa place. Il fait beau, il fait chaud. Et le soleil brille.

J’aime le soleil. Mais trop de soleil me fait transpirer. Les fleurs sont molles. Les feuilles jaunissent et ramollissent. Et mes yeux s’ensommeillent.

Ma tête est lourde ; mes gestes pesants ; mes idées paresseuses. Je suis sans mouvement.

L’oiseau me regarde d’une branche à l’ombre. Il me demande si je suis contente, il a tenu sa promesse. Je lui réponds que je suis contente. Il me regarde en soupirant, il sait bien que je lui mens. Il fallait faire attention à ton souhait, me dit-il. Il se moque de moi. Et il a bien raison. La prochaine fois, je prendrai garde à bien réfléchir avant de souhaiter…  

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12 mai 2011

Se noyer dans son jardin

Et bien oui... Je me suis complètement perdue ces derniers temps, dans ma cour ! Chaque moment sans pluie fut passé surDSC_1536_copy le terrain à racler, semer, éclaicir, cisailler, planter, désherber. Et donc, je suis un peu moins présente.

Mais j'ai lu, et j'en parlerai bientôt.

Et puis, je dois avouer que j'ai de la difficulté à me réadapter à des horaires plus "normaux". Je suis pas quelqu'un de matinal. Je ne l'ai jamais été, et je l'ai accepté il y a de nombreuses années. Je dis "accepter", car pendant très longtemps, je me suis sentie coupable de me lever tard - quand je le pouvais, évidemment. Mais c'est ainsi... depuis que je suis toute petite. Le matin, je suis incapable de me lever et surtout je suis incapable de me "réveiller". Je suis donc un zombie pendant les premières heures de la journée. Et cela n'a aucun rapport avec l'heure à laquelle je vais au lit. Je suis fonctionnelle le soir et la nuit. Mais j'essaie de me coucher tôt... pour être en forme le matin. Sans succès. Mon horloge ne veut rien savoir.

Sauf, que quand j'étais plus jeune. Même si mes matins étaient difficiles, quand venait le soir, je me réveillais complètement. Maintenant, c'est différent. Le soir, je cogne des clous... le matin aussi... et tout le temps ! Lorsque j'étais à Barcelone, j'avais des horaires plus adaptés à mon cycle... je me couchais tard, et je me levais plus tard... Mais ici, c'est impossible. Donc... je suis constamment endormie... ce qui explique donc que le soir, je suis incapable d'écrire. Et le soir était mon moment préféré pour gribouiller.

Mais... c'est mon jardin le grand responsable. Comme en ce moment... j'écris à toute vitesse pour pouvoir sortir enlever d'autres mauvaises herbes... Pendant qu'il fait encore soleil...J'adore "jouer" dans mon jardin, m'occuper des plantes et des fleurs, et bientôt de mes légumes. Je m'ennuyais tellement d'avoir une cour. Des pots sur une terrasse avec des fleurs qui sèchaient systématiquement au soleil à partir du mois de juillet, ce n'était pas assez pour moi !

Et puis, je veux passer chaque minute que je peux à l'extérieur ! Même si j'adore l'hiver, le printemps est magique ici, et comme les bourgeons, les gens s'éclosent au soleil ! Tout le monde dehors ! Moi y compris.

On annonce de la pluie pour les prochaines jours, incluant la fin de semaine... je trouverai bien un petit moment pour écrire !!! :D

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