La Dame à la Licorne / Tracy Chevalier ; traduit de l'américain par Marie-Odile Fortier-Masek. -- [Paris] : Quai LicorneVoltaire, 2005. -- 358 p. ; 19 cm. -- 2-07-030058-7. -- (Coll. Folio ; 4166)

Quatrième de couverture

Désireux d'orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble, Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Surpris d'avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l'artiste accepte après avoir entrevu la fille de Jean Le Noble dont il s'éprend.
La passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes.

En élucidant le mystère d'un chef d'oeuvre magique, Tracy Chevalier ressuscite un univers de passion et de désirs dans une France où le Moyen Àge s'apprête à épouser la Renaissance.


L'auteur

Licorne2Tracy Chevalier est née à Washington en 1962. Elle grandit avec sa famille dans cette ville américaine et étudia au Bethedsa-Chevy Chase High School de la ville de Bethesda au Maryland. Elle commence à écrire alors qu'elle est au high school. Elle étudie au Oberlin College en Ohio où elle obtiendra un diplôme en Anglais. En 1984, elle part vivre en Angleterre et s'installe à Londres. Elle prend quelques cours de création littéraire et commence à publier des nouvelles dans des magazines. Elle travaillera chez un éditeur jusqu'en 1993. Elle quitte son emploi pour aller à la Universiy of East Anglia afin de suivre une M.A (diplôme supérieur de lettres) en création littéraire.. Parmi ses professeurs, on retrouve Malcom Bradbury et Rose Tremain. Elle poursuit son travail d'écriture et publie sa première oeuvre The Virgin Blue à compte d'auteur. Son deuxième roman, Girl with a Pearl Earring, publié en 1999, la fera connaître du public.

Elle vit encore aujourd'hui à Londres avec son époux et son fils.

Bibliographie

  • The Virgin Blue (1997)
  • Girl with a Pearl Earring (1999)
  • Falling Angels (2001)
  • The Lady and the Unicorn (2003)
  • Burning Bright (2007)

Résumé

Nicolas des Innocents, peintre reconnu à la cour du roi de France, Charles VIII, pour ses miniatures, est appelé chez le nobre Jean Le Viste, pour lequel il a déjà travaillé. Ce dernier lui demande une série de tapisseries représentant des scènes de bataille pour les murs de sa grande salle. Bien qu'étonné de cette commande qui diffère des tableaux qu'il a l'habitude de faire, Nicolas finit par accepter. Alors qu'il mesure la salle, une jeune fille vient le chercher pour l'amener chez l'épouse de Jean Le Viste. Cette dernière lui demande de persuader son époux de changer le thème des tapisseries. De bataille, elles auront maitenant pour sujet une noble dame et une licorne. Envoûté par la fille des Le Viste, Claude, et captivé par la dame, il se laisse convaincre et réussit à également faire changer d'idée à Jean Le Viste. Les tapisseries représenteront la séduction d'une licorne par une noble dame.

Après avoir commencé sa propre séduction de la jeune Claude et avoir peint les esquisses des tapisseries - en utilisant les visages de la dame Le Viste et sa fille pour deux de celles-ci, Nicolas des Innocents part pour Bruxelles afin de surveiller le commencement des travaux. Il apprend à connaître le maître lissier, sa famille et son atelier. Et se familiarise avec l'art de la tapisserie.

Les tapisseries s'achèveront au milieu des histoires et relations complexes des personnages liés à leur réalisation.

Commentaires personnels

Tracy Chevalier nous entraîne une fois de plus dans sa version romancée de l'histoire qui entoure la réalisation d'une oeuvre d'art. Ici, les magnifiques tapisseries de la Dame à la Licorne que l'on peut admirer aujourd'hui au Musée National du Moyen Age (Musée de Cluny) de Paris.  Elle nous explique d'ailleurs très bien dans ses notes et remerciement à la fin de son roman, comment son oeuvre, purement de fiction, repose sur son raisonnement et ses propres hypothèses. Elle a fait ses recherches et à partir des quelques faits historiques connus sur les tapisseries, elle a construit son roman.

On connaît peu l'histoire entourant les tapisseries et on peut facilement se laisser convaincre de l'histoire romancée de Tracy Chevalier. Que cela se soit passer réellement comme elle l'imagine, importe peu. L'histoire est douce et palpable. Les tapisseries représentent fort probablement les 5 sens (et peut-être un 6e) et on peut à travers les chapitres, retrouver ses 5 sens. On voit, sent, touche, entend et même goûte... les tapisseries, les fleurs, les corps, les "mauvaises odeurs", les bruissements, les aliments... et finalement l'âme des personnages.

L'histoire nous mène de Paris à Bruxelles. De la riche demeure à l'atelier de tissage. Avec quelques pages dans un froid couvent. Les passages les mieux réussis sont nettement ceux se déroulant à Bruxelles et dans l'atelier de tissage. Les personnages sont très bien définis et le travail de lissier extrêmement bien présentés. On se sent dans un atelier de tissage du XVe siècle. Les personnages sont vivants et on sent très bien l'atmosphère de la vie à cette époque. Les passages sur le jardin de la fille du maître lissier sont également très bien documentés. Les tapisseries deviennent alors véritablement les personnages centraux du roman.

Les passages se déroulant à Paris m'ont semblé beaucoup moins réussis. Et par extension, celle se déroulant au couvent. Les personnages de Nicolas des Innocents et Claude Le Viste sont antipathiques et me semblent légèrement caricaturaux. Les autres personnages sont trop peu développés et restent donc à un niveau d'ébauche. Alors que les personnages de Bruxelles semblent bien se coller à la société de l'époque, les personnages de Paris ressemblent à ceux des romans courtois médiévaux et sont donc un peu faux. Mais je dois toutefois avouer que cela permet de différencier la vie plus "hautaine" de la petite noblesse et des gens "raffinés" de Paris à celle plus difficile et "réelle" des artisans.

Le roman comporte plusieurs narrateurs et pratiquement tous les personnages importants ont la parole. L'histoire est donc souvent répétée. Je n'ai cependant pas senti qu'il y avait de la redondance, les faits sont rapportés différemment et pas nécessairement complètement. Les narrateurs se complètent souvent. Et il est intéressant de connaître la vision du même fait selon le narrateur. L'histoire m'a semblé plus réelle et plus brutale que La jeune fille à la perle. Moins de sous-entendus, moins de non-dits.

On assiste finalement à la naissance, la création et la réalisation complète des tapisseries. Jusqu'à leur pose dans la pièce pour laquelle elles étaient destinées. J'aurais cependant aimé que le roman se termine ainsi... et la fin m'a semblé superflue et irréaliste. Je n'aurais également pas ajouté l'épilogue nous racontant comment chaque personnage termine sa vie (comme dans la fin de certains films basés sur des personnages réels). Cela ne me semblait pas nécessaire. Intéressant pour la curieuse que je suis, mais pas du tout pertinent.

Et il faut absolument consulter le site de l'auteur, particulièrement la section sur ce roman.

L'avis de Léti, Karine, Loutarwen, Jade, Soïwatter,

Citations

"La tapisserie est un art très différent de la peinture, repris-je. Les artistes qui n'ont jamais travaillé à des tapisseries ne sauraient le comprendre. Ils s'imaginent que tout peut être agrandi et tissé tel qu'ils l'ont peint. Mais le regard que l'on porte sur une tapisserie est différent de celui que l'on porte sur un tableau." p. 133

"Je l'ai peinte en pensant à vous, Madame, afin que ces tapisseries traitent non point de la seule séduction, mais aussi de l'âme." p. 341

Sources