Mes crimes littéraires sont multiples. Et c'est troute honteuse que j'avoue ce troisième crime. D'autant plus honteuse que j'ai même eu des cours de préservation et conservation du papier, des livres. Et j'ai tout pleins de notes de cours, de textes etLivres3 d'articles sur la détérioration du papier, les causes et les façons d'y remédier. Car mon crime implique la conservation de mes livres.

Et c'est inexcusable. Je le sais. Même sans toutes ces connaissances en préservation et conservation du papier, c'est inexcusable. Il devrait aller de soi que quelqu'un qui adore les livres prenne soin de ses livres. Mais malheureusement, je dois avouer que je suis assez négligente.

Évidemment, tous ces livres usagers ou encore bon marchés n'ont pas un très bon papier. Et une bonne partie de ces livres sont très jaunis. Le papier rugueux et parfois craquant. Certains de ces livres, je n'ose même plus les ouvrir. Peur que le papier tombe en morceaux, peur de voir cette horrible couleur jaune, peur de toucher ce papier rude, granuleux, écailleux. Ces livres sont importants et donc je ne peux m'en départir. Il faudrait les racheter. Dans une meilleure édition avec du meilleur papier. Mais il y a toujours un autre livre a acheté.

Et ensuite, ils ne sont pas toujours rangés adéquatement. Et je ne les prends pas toujours de la bonne façon. Il ne faut jamais tirer un livre par sa coiffe de tête, évidemment, je sais cela. Mais je ne suis pas toujours fidèle à cette règle. En fait, pratiquement jamais. Et je tire sournoisement et rapidement les livres que je veux prendre - en cachette pour pas qu'on me voit... mais je sais et j'en suis toute embarrassée.

Et puis il y a la coiffe du bas de mes livres... que j'aimerais pouvoir cacher. La majorité est légèrement endommagée.... par ma faute encore une fois. Non pas que je les prenne par cet endroit puisque c'est la coiffe de queue, mais parce que je suis trop paresseuse lorsque je fais le ménage pour enlever les livres des tablettes. Et lorsque je ne fais pas juste épousseter, lorsque je lave les tablettes, je lave devant les livres. Et évidemment, l'eau ou le détergent, même en faisant très attention, touche souvent le bas des livres. Et le papier et la couverture de ces livres sont un peu jaunes ou bruns, parfois légèrement retournés ou déchirés... cela ne paraît pas beaucoup, mais parfois un peu... et je sais que cette détérioration peut s'empirer.

La poussière... même si j'époussette régulièrement les tablettes, je n'époussette pas assez souvent les livres eux-mêmes. Chaque tranche supérieure est poussiéreuse... la poussière s'accumule si rapidement, particulièrement à Barcelone.  Et la poussière est si difficile à enlever des têtes de livres, elle se colle entre les pages et ne veut pas partir. La poussière n'est pas très bonne pour les livres et en plus, elle peut attirer les petits insectes qui aiment bien dévorer le papier.

Une mauvaise habitude que j'ai depuis toujours me fait tourner le coin des pages quand je pose mon livre pour un moment. Et pourtant j'ai plusieurs signets de toutes sortes. Mais une incontrôlable habitude me fait plier ces coins de pages. Et donc beaucoup de mes livres ont les pages endommagées. Sans parler de toutes les fois où j'ai laissé un livre ouvert trop longtemps et le dos de la plupart de mes livres contient de nombreux plis et cassures. Et puis, les couvertures sont parfois pliées - lors de séjours dans des sacs, sacoches et valises.Ou entre les coussins du divan. Quelques livres possèdent des taches de cafés et autres boissons et aliments. Un livre a même tombé dans le bain.

Et si tout cela n'était pas assez, il y a les conditions environnementales. Un séjour prolongé dans un appartement trop humide a gondolé plusieurs livres. Le soleil a pâli plusieurs couvertures dont certaines de façon assez irrégulière et spectaculaire. Et un voyagement dans des boîtes à travers l'océan Atlantique a été assez dur sur la santé de certains livres.

Pour ma défense, il y eut quelques réparations... deux ou trois livres ont même séjournés dans une presse à la bibliothèque où je travaillais. Et quelques couvertures furent sauvées... mais c,est peu... C'est parfois avec tristesse que je regarde mes livres. Mais je me promets bien de tenter d'être plus maternelle avec mes livres...